1975 - Le retour des Ferrari
L'équipe Ferrari a connu son jour de triomphe, voire de folie.
Que pouvait souhaiter de mieux la marque italienne que de remplir le
contrat qu'elle s'était assihné : la victoire et le titre
mondial? Elle a atteint ces deux objectifs avec brio puisque Regazzoni
a remporté son troisième Grand Prix et sa seconde
victoire à Monza, cinq ans après, en menant la course de
bout en bout et que Lauda, courant avec beaucoup de sagesse, a
terminé en troisième position, assurant avant tout son
titre de Champion du Monde.
A l'arrivée, ce furent des hurlements de joie, des drapeaux
agités et une foule qui envahit la piste transformée en
quelques secondes en une immense fourmilière. Regazzoni, enfant
chéri des spectateurs, fut arraché de sa voiture pour
être hissé aussitôt sur des dizaines
d'épaules. A se demander comment il est sorti intact de cette
aventure !
Pourtant ce Grand Prix a bien failli ne jamais être
disputé : en effet, le matin, il pleuvait à verses et,
lors des essais libres à 10 heures, il y avait 15 cm d'eau
à la seconde chicane; si le déluge avait continué,
il était exclu que les coureurs acceptent de prendre le
départ dans de telles conditions. Heureusement, le ciel
commença à se dégager deux heures avant le
départ. Le passage des concurrents de la course de Formule
Renault puis le soleil asséchèrent la piste et le
départ fut donné tout à fait normalement, les
voitures étant équipées de pneus slicks.

Une course parfaite du Suisse à Monza
©MotorCity/Garage@geocities.com
Mais c'est au deuxième passage qu'eut lieu l'incident le plus
important : Scheckter, alors en troisième position, allait tout
droit dans la première chicane ; puis, au même endroit,
Andretti heurtait le trottoir et faisait un tête-à-queue
provoquant un carambolage où se trouvèrent
impliqués Peterson, Brise, Mass et Stommelen. D'un seul coup, le
peloton venait de perdre quelques tenors.
En tête, Regazzoni précédait Lauda de 2 secondes,
Reutemann, en troisième position, était
déjà distancé, mais Fittipaldi, passé
sixième au premier tour et qui avait doublé Hunt, se
retrouvait quatrième en raison du retard de Scheckter.
Reutemann, qui comptait une dizaine de secondes de retard sur
Regazzoni, fut attaqué par Fittipaldi et dut céder sa
troisième place au quatorzième tour. Emerson poursuivait
son effort et se lançait alors à la poursuite de Lauda :
entreprise qui paraissait téméraire mais fut pourtant
couronnée de succès après une chasse de 32 tours.
Cela lui permit à un moment donné de se retrouver
à 10 secondes de Regazzoni.
Prévenu par son stand, ce dernier mena la cadence, si bien que
lorsque le Brésilien s'empara de la deuxième place, il
avait 15 secondes de retard sur le leader. La cause était
entendue : sauf incident, la victoire ne pouvait plus échapper
à Ferrari mais le Champion du Monde 1974 s'est incliné
avec panache avant de céder sa couronne à celui qu'il
venait de doubler. Cela lui valut d'ailleurs de se voir décerner
le Prix Rouge et Blanc de la combattivité.