Montoya. Ce n'est vraiment pas passé loin.
[...] A l'attaque de la saison 2003, l'écurie Williams a deux bonnes raisons de croire en des jours meilleurs (l'écurie a fini 2e du championnat constructeur en 2002) : premièrement, sa nouvelle FW25 tranche radicalement avec la précédente. Petite, d'un empattement très réduit, elle adopte (un peu comme tout le monde l'a fait cette année en étudiant la Ferrari victorieuse de 2002) une taille réduite et un arrière d'une finesse remarquable, réalisé grâce à une boîte de vitesses plus petite et un nouveau moteur plus compact. Son aérodynamique a été remplacé par celle qui a pris la place de Geoff Willis parti chez BAR, Antonia Terzi venue de chez Ferrari. Les suspensions font apparaître, pour la première fois dans l'histoire technique de l'écurie, des barres de torsion remplaçant les traditionnels ressorts hélicoïdaux.
Une prometteuse 2e place pour le Colombien
au GP d'Australie 2003 (© Cahier Archive)
Au soir du Grand Prix d'Autriche, soit un peu plus du tiers de la saison, le constat est vite fait : Ferrari parait définitivement moins souveraine qu'en 2002, mais le problème est que Williams n'en a pas profité! C'est McLaren, avec sa "vieille" voiture de l'an passé qui semble la mieux à même de contester la suprématie des voitures italiennes. L'écurie de Frank n'est que 4ème au général et n'a engrangé qu'un seul podium en six courses (Montoya, 2ème en Australie). C'est maigre, et misérable pour une telle équipe! La FW25 renferme bien un gros potentiel selon ses pilotes, mais difficile à exploiter par manque d'appuis. des tests ont prouvé qu'en augmentant ceux-ci, on grimpe évidemment d'un cran dans le degré d'adhérence, mais l'accroissement logique de la traînée pénalise alors lourdement la voiture au niveau de la vitesse. Seuls les tracés lents peuvent permettre cette charge supplémentaire et c'est ainsi que Montoya va remporter en Principauté une victoire régénératrice à plusieurs titres : le Colombien frustré de succès renoue ainsi avec la plus haute marche du podium, qui plus est à Monaco - Grand Prix emblématique - et Williams gagne pour la première fois depuis vingt ans sur un tracé qui ne lui a jamais souri (seuls Carlos Reutemann en 1980 et Keke Rosberg en 1983 ont réussi aà imposer une Williams sur le tourniquet monégasque).
Puis, lors du Grand Prix d'Europe, les FW25 vont présenter des modifications aérodynamiques apparemment anodines, mais qui vaudront leur pesant d'appui non pénalisant : les dérives devant les roues arrière, ainsi que les ailettes surmontant les pontons perdent leur double flap pour retrouver leur configuration - simple - d'origine et deux cheminées d'extraction d'air chaud apparaissent sur l'extérieur des pontons. Sur le Nürburgring, Ralf signe un succès mérité et là aussi, réconfortant : la presse lui avait reproché sa piètre résistance quinze jours plus tôt au Canada contre son frère Michael et le jeune homme avait à coeur de se racheter. Dans la foulée, il inscrit une nouvelle victoire à Magny-Cours avec une assurance et une maîtrise qui en dit long sur son envie de couper les langues trop bien pendues! Deux nouveaux succès complétés par deux 2ème places de Montoya. Le doute n'était plus permis, les Williams FW25 avaient bel et bien trouvé leur vitesse de croisière et devenaient de réelles menaces pour les Ferrari F2003-GA.
Montoya renoue avec le succès...
En gagnant à Monaco (© Cahier Archive)
Une erreur qui se payera cash en fin de saison.
Grand Prix du Canada 2003 (© Cahier Archive)
Ce n'est un secret pour personne, l'opiniâtre patron ne vibre jamais autant que pour le titre constructeur qui passe, pour lui, bien avant celui récompensant le pilote. Dans cette optique, l'écurie va se rendre sur l'autodrome de Monza une semaine avant le Grand Prix d'Italie pour une série de tests décisifs, tout en essayant de se concentrer sur son travail et d'oublier la polémique sur la conformité des pneus Michelin, lancée de manière mesquine par Ferrari. C'est lors d'une de ces séances que Ralf va être victime d'une très violente sortie de piste qui l'obligera à déclarer forfait pour le Grand Prix, ainsi qu'à renoncer définitivement à ses chances pour le titre mondial. Il sera remplacé par le pilote d'essais maison depuis 2001, Marc Géné, qui, après plus de deux ans sans Grands Prix, réalisera une excellente performance en se qualifiant en troisième ligne à 8/10 de la pole position et en terminant 5ème de la course. Montoya finit, lui, 2ème et reste ainsi au contact avec Schumacher qui a gagné à nouveau après une diète sévère pendant l'été. Mais la chance du Colombien et de son patron va bientôt leur passer sous le nez.
Victoire incontestable, ponctuée d'un Hat Trick
Grand Prix d'Allemagne 2003 (© Cahier Archive)
A l'attaque du dernier round au Japon, Williams pouvait encore espérer coiffer Ferrari sur le fil, mais un moteur déréglé pour Montoya et un tête-à-queue de Ralf enlèveront définitivement tout espoir de sacre à Frank et les siens. Si elle démontra de larges progrès cette année avec quatre victoires indiscutables et quelques semaines passées en tête du championnat, Williams réitéra à nouveau ses éternelles bourdes dans les stands avec certains ravitaillements royalement loupés, comme en Australie pour Ralf et à Imola pour Montoya, et fit parfois preuve d'un manque de lucidité dans la pertinence de ses stratégies. [...]