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Le transsexualisme, quel débat ?

Analyse socio-historique, notre recherche et nos éléments .

 

Nous sommes hétérosexuels statistiquement ou molairement, mais homosexuels person-nellement, sans le savoir ou en le sachant, et enfin trans-sexués élémentairement.

 

Si le trans-sexué est élémentaire, nous avons peu de chances de l'atteindre, il se confond avec la naissance, improbable et impossible dans une pensée fondamentaliste : il n'y a pas de transsexuels dans le passé donc de transsexualisme. L'historicité en est la preuve première et ultime. Si les gays peuvent dire quelque chose d'une homosocialité filiale dans la Grèce antique, les transsexuels et transgenres sont orphelins de tout passé.

La définition le donne dans le champ des psychopathologies que résume le DSM américain. Ses référents sont une naturalité (naissance et procréation), sociale (famille et société), imaginaire (conviction et croyance). La pratique de l'inconscient y a trouvé sa forme la plus extrême dans une double rupture (sexe-genre, naissance-devenir), clôturant cet autre-anthropologique et fabriquant un "autre-du-sexe" dont le rapport n'est autre que la 'vérité' de l'hétérosexualité-hétérosocialité. Ma première critique est celle-ci : l'ethnologie a rapporté (exporté ?) de ses études-voyages ces 'autres' de l'identité : Inuits, Berdaches, Mohaves, etc. Ma recherche porte sur les relations qu'entretiennent les savoirs ethnologiques et les savoirs occidentaux afin de les confronter. Le référent anthropologique, homme ou femme, est au fondement de nos sociétés, son humanisation ne se séparant de la culture qui fonde la différence des sexes. La conception du corps est une variable dans le temps et les sociétés -chaque société a une définition historique du "sexe" qui lui est propre.

Le Larousse définit le transsexualisme selon une "conviction d'appartenir au sexe opposé" ; le Robert (1993) le donne dans un "sentiment". La notion de "délire" a disparue récemment. Conviction et sentiment se réfère au 'sexe social' opposé. On trouve son corrolaire anthropologique, "comme membre de l'autre sexe". Le terme "membre" équivalent corporel du "social" est la dimension psychosociologique du sujet, femme ou homme.

Ethnologie : études de la culture et observation des faits, croyances, dans des sociétés non-occidentales.

Anthropologie : théorie des sociétés non-occidentales. Cette discipline étudie désormais notre société.

Approche de la psychanalyse. Le transsexualisme est une affection mentale dont la cause est inconnue. L'inversion sexuelle [définition classique de l'homosexualité] et son corrolaire transsexualiste, l'inversion de l'identité sexuelle procède de la même écriture. La confusion homosexualité, transgenre, transsexualisme, androgynie psychique, est quasi permanente (1). Les modèles et pratiques font une description des transgressions en le plaçant dans une marge, de l'autre une éloge vertueuse de la cohésion sociopolitique, justifiant le suivi en psychiatrie (2). Le "transsexualisme psy" et juridique de la personne est préalable à l'expertise comme le fut l'homosexualité : le corps y a une position centrale. H. Benjamin a contribué à le sortir en se heurtant à la théorie classique de la génèse identitaire. Money proposera à sa suite une conception d'un "noyau l'identité de genre"(3). Si le corps a les limites de sa chair, le corps social le délimite dans une identité-cadre de la biologie et d'un "sexe mental"(4) où le sujet psychologique se confond avec l'acteur sociologique, d'où la rupture sexe/genre. Le sexe est une dimension biologique, le genre une dimension psychique et culturelle. Il a fallu gommer l'élément central de la transmission, l'assignation du genre pour pourvoir à l'identité sexuée-sexuelle (5). La causalité -une homosexualité refoulée- est validée sans une analyse de l'homosexualité, d'où cette levée actuelle des boucliers avec le Pacs. Cette thèse postule l'Identité Une et indivis se rapprochant du statut socio-juridique.

L'identité dont nous parlons tant n'est autre qu'une construction culturelle. Le transsexualisme en est l'hyperfocalisation de la différence des sexes réduit à l'identité sociale et ayant évacué l'identité existentielle -le vécu- (6). Reste l'opération de conversion sexuelle, cet ultime invariant du corps que les transsexuels rompent, d'où cette analyse de la mutilation sexuelle opposée à l'intégrité mentale. Tous les modèles critiques, des conditionnements socio-corporels et affectifs des années 60-70 semblent avoir été oublié dans la modélisation et les pratiques liés au genre.

La pensée rationnaliste s'est épargnée un regard sur les sociétés non occidentales qui ont inclut ces "devenirs-autre". L'Occident n'a su que construire un modèle théorique de "l'affection mentale". Le maintien de la bipolarisation permet outre l'actualisation du pathologique, à légitimer (se dépatouiller du Sens ?) l'idéologie binaire du corps naturel; nos 'éternels' (féminin-masculin) comme produits de la subdivision idéale, fictionnelle et fonctionnaliste malgré tout (la sexualité, tout de même !). En somme, cette thèse postule une orientation identitaire générant intégralement le devenir des individus, le sexe est destin(ée) : le devenir-transgenre ou 'autres', une simple friction entre-deux sexes ou une effraction radicale. Le devenir-femme est un bien curieux sujet-objet socio-historique, l'Homme ayant été le référent historique, l'état le plus désirable. Suffit-il de dénoncer une domination masculine ? Les livres sur ce sujet ces dernières années ont été publiés par des femmes (7). La souffrance est devenue le médiateur par laquelle l'accès au traitement thérapeutique est donné tout en le considérant comme "palliatif". Les problématiques du genre sont à peu de choses près closes par un modèle et la "théorie" hétérosociale, forme laïque de l'identité chrétienne. Plus justement, l'enfant est façonné par la représentation culturelle du sexe auquel il appartient génétiquement. Les partisans de l'inné ou de l'acquis auront du mal à se dépatouiller avec une phrase pareille (Boris Cyrulnik). Le problème est autant théorique que pratique : il permet de satelliser le "genre" sur l'invariant "naissance-devenir" dont le "sexe" est ce destin que concentre la carte postale de l'identité [rôle, statut, sexualité, n°1 ou 2,  sécu]; en bref, le transsexualisme est compris dans l'opposition de la différence fondée sur le sexe biologique.

Nos questions :

1. Quel est votre définition de ces termes, la relation que vous en avez. Le retrait récent de l'homosexualité des psychopathologies dans le DSM suit dans le temps la progression des 'mentalités'; l'ouverture juridique avec le retrait de la discrimination sur l'orientation sexuelle.

2. Quelle expérience en avez-vous ?

3. Avec le temps, la notion d'identité de genre est devenue référencielle pour les transsexuels, y voyant une preuve scientifique. Mais n'est-ce pas recomposer un invariant ? Coment expliquer l'homosexualité après le trajet ? Le sentiment d'être les deux tout en ayant fait ce trajet ?

- La littérature sur ce sujet admet le genre mais sous dépendance de l'identité sexuelle. Qu'en pensez-vous ? De quelle manière envisagez-vous la notion de genre en termes concrets ? Pensez-vous que le genre définit l'identité et en quoi ?

4. Le 'sexe mental' : Pensez-vous que ce terme soit adéquat et en quoi ?

5. C'est mon hypothèse de travail, qu'en pensez-vous ?

6. En quels termes pensez-vous ce fait ? Quel sens donnez-vous à la notion de conviction ? Pensez-vous quelle est irréversible, en quoi et pourquoi ? Est-elle si solide et si 'non' selon vous pourquoi ?

- Pensez-vous que l'unité de l'être relève d'une volonté ou de d'une conviction échappant à l'être humain, en quoi et pourquoi ?

Pour parler du sujet

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Transsexuelle
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