NATION... PEUPLE... SABRE... GOUPILLON...

 

... Il y a deux histoires, l'une officielle qu'on enseigne "ad usum Delphini": une histoire menteuse; l'autre qui contient les véritables causes des événements: une histoire honteuse.

Honoré de Balzac, Les Illusions perdues.

 

SAVOIR NE PAS CHOISIR SON CAMP

           

            Un massacre peut en cacher un autre. A la une des médias, le Rwanda chasse la Bosnie, avant que celui-ci soit chassé à son tour par un nouvel épisode sanglant. Inutile de chercher à comprendre... on s'apercevrait vite que ceux qui crient le plus fort au feu sont les mêmes qui ont allumé ou attisé les incendies peu de temps auparavant. L'important, pour reprendre le langage de la modernité... c'est de se positionner. Soyons sérieux, avouons les choses, choisir son camp c'est bien confortable. Ca fait des milliers et des milliers d'années que les gens crèvent pour le soi-disant droit à disposer d'eux-mêmes ! on s'en voudrait de ne pas les encourager dites un petit peu !...

 

Droit à l'existence... Libération nationale... socialisme... Billevesées...!  

 

            J'entend vos réactions indignées... tous les journaux nous en ont abreuvé depuis la dernière guerre mondiale...Libérations nationales... Socialisme... Billevesées...! Ah mon cher Camarade... Ah si vous saviez l'Afrique, l'Asie et l'Amérique latine...! Ah, c'est effroyable!

            Et bien oui c'est effroyable, toutes ces populations assassinées par la faim ou par les armes..., déplacées en fonctions des rapports de forces..., abruties de traditions et de religions. Effroyable également la volonté de rechercher on ne sait quelle exemplarité, dans ces guerres pour le pouvoir, ces guerres des gangs. Ceci aujourd'hui comme hier . D'ailleurs, les BHL et consorts qui appellent aujourd'hui à choisir son camp... en particulier en armant différents conflits locaux, sont pour une part les mêmes qui, plus jeunes, appelaient à se mobiliser au service de différents mouvements nationalistes exotiques.

            On nous rétorquera que "Tout peuple a droit à l'existence"1 . Pourvu qu'on ne cherche pas à savoir ce que c'est un peuple, le slogan est séduisant. En creusant un peu, on voit très vite qu'il y a presque une définition par individu. Supposons que j'habite Paris, à quel peuple puis-je me rattacher ? Au peuple français en général, qui dans sa grande masse me fait horreur ? Au "peuple parisien", où de tel ou tel quartier ? A ceux qui partagent avec moi une même origine, c'est-à-dire à peu près personne... chacun d'entre nous étant le produit d'un melting-pot particulier ? Ou plus largement à une race (blanche ?), une religion (et si je n'en ai pas !). Et si j'arrive à mettre la main sur le "peuple" approprié, si une partie de celui-ci déclare tout à coup constituer un peuple à part, que faire ? Entre celui qui veut sauvegarder l'unité du Peuple Français, un régionaliste breton, un défenseur de la culture celte, quel est le vrai défenseur du "droit des peuples".

 

            Que signifient les appels au respect de "l'identité nationale et culturelle"... si on ne s'interroge pas sur ce  qu'a recouvert dans le passé et ce que recouvre aujourd'hui cette identité. L'identité nationale c'est d'abord la volonté politique de fondre tout les membres de la "nation" dans le même moule. C'est l'éternel justificatif des répressions et persécutions contre ceux qui pensent autrement. Dans la France de 1994, dissimulant le chômage massif et la marginalisation d'une part importante de la population derrière les fastes de la commémoration de la "libération" de 1944, c'est le fondement obligatoire de tout discours politicien. Dans les Etats se réclamant d'une religion (islamisme, judaïsme,...) , l'identité nationale et culturelle justifie la répression, parfois l'assassinat, contre les êtres humains refusant cet abrutissement2 ; tout comme elle peut impliquer des tortures pour ses membres (mutilations, initiations,...).

            Que d'horreurs peuvent se dissimuler derrière l'idée que "tout peuple a droit au respect de son identité nationale et culturelle1".

            Encore nous sommes nous limités pour l'instant aux horreurs à usage interne. Mais cette identité nationale et culturelle est aussi un moyen de se regrouper contre les autres. Elles sont bien jolies les déclarations comme quoi "nul ne peut être, en raison de son identité nationale ou culturelle, l'objet de massacre, torture, persécution, déportation,...1 " alors que les fondements de cette même identité peuvent permettre, parfois préconiser, de considérer que tout est permis contre ceux qui lui sont étrangers3. En son nom, des populations ont été réduites en esclavage, ou massacrées comme les amérindiens ; des carnages se sont déroulés au Rwanda entre voisins d'ethnies différentes ;...

            Ces déclarations lénifiantes nous présentent la société humaine comme une juxtaposition de troupeaux de doux moutons, alors que "l'identité nationale et culturelle", le "droit des peuples", les mouvements de libération nationale ne recouvrent que la constitution de communautés inhumaines, chacune réunie par la haine des autres, et se massacrant réciproquement... tout ceci au profit des couches sociales dirigeantes.

 

Le droit économique des peuples ou... du privilège de changer de maîtres

 

            Parmi les évènements de ce siècle, un de ceux qui aura provoqué mondialement le plus de passions, d'engagements militants ou humanitaires, a été la guerre d'Indochine puis du Vietnam. Elle a représenté l'archétype de la revendication "se donner le système économique et social de son choix1" Comme le soulignait la Déclaration d'indépendance de la République Démocratique du Vietnam (2/9/45):

"Les colonialistes français, abusant du drapeau de la liberté, de l'égalité, de la fraternité, ont violé notre terre et opprimé nos compatriotes... Ils ont empêché notre bourgeoisie nationale de prospérer". Déclaration complétée cette même année 1945, par une autre, mettant en avant l'unité de tous les nationalistes:

"Je suis heureux de saluer en vous un combattant de la résistance comme moi-même."

Giap, commandant du Viet Minh, au général Leclerc.

            Au centre du mouvement de libération nationale vietnamien, on trouve le Parti Communiste Indochinois, fondé en 1930, et son émanation le Vietminh (front national fondé en 1941). En fait, la lutte des nationalistes vietnamiens bénéficie selon les époques du soutien de différentes puissances impérialistes:

            - Etats-Unis et Angleterre contre l'impérialisme français. Ainsi, les mouvements sociaux connus sous le nom de Commune de Saïgon (soulèvement de 1945) sont noyés dans le sang par les forces américaines et britanniques avec l'aide du Vietminh.

            - puis, Chine et Russie contre l'impérialisme américain.

 

            Parallèlement, Ho chi Minh (le petit père des peuples local) se charge de la liquidation physique de l'opposition "de gauche" (trotskiste et assimilée). Celle-ci est implantée au Nord comme au Sud et elle contrôle en particulier les syndicats. Les porte-paroles seront purement et simplement assassinés par les sbires d'Ho. Plus largement les victimes se comptent par milliers. De là naîtra la plaisanterie de Ho qui, évoquant les méthodes expéditives utilisées pour se débarrasser des corps des opposants, parlait des "scories trotskistes" !

 

La victoire de qui ?

 

            Toute opposition étouffée, les "libérateurs" s'attaquent à la réforme agraire, selon cette formule du Vietminh: "Les rizières et les terrains de culture ne seront pas partagés, contrairement aux rumeurs qui courent". Après la victoire contre les français, une campagne de correction des "excès" de la réforme et d'indemnisation des victimes innocentes et autres "propriétaires résistants" a lieu, au même moment que la répression d'une révolte de paysans pauvres dont la situation va en s'aggravant. La paysannerie du sud, quand à elle, est abandonnée à la répression saïgonnaise. Il en résulte une agitation qui favorise, entre autres facteurs, la création du FNL en 1960.

 

            A l'origine le front est composé de trois organisations: le Parti Démocrate, le Parti Radical Socialiste et Progressiste, et le Parti Révolutionnaire du Peuple. Après l'offensive du Têt, en 1968, une organisation ultra-modérée -l'Alliance des Forces Nationales Démocratiques et de Paix- s'y fait accueillir. Les mêmes composantes se retrouveront dans le gouvernement provisoire (GRP). Ce magma nationaliste sera traversé d'affrontement. C'est ainsi qu'en novembre 1972, un millier de staliniens jusqu'auboutistes se rebellent contre les tendances négociatrices du GRP. Ils sont rapidement écrasés par un autre stalinien: le général Tram Nam Trung, ceci avec la bénédiction de Hanoï. Malheureusement, ils ne se contentent pas de sa massacrer entre eux et on ne compte pas les morts pour "la défense du sol sacré de la patrie" !

            En final, le départ des troupes américaines sera présenté en victoire... sans que l'on ai jamais su exactement de la victoire de qui il s'agissait. C'était oublier simplement que derrière son désengagement, l'impérialisme US se décidait à adopter des formes moins visibles mais plus efficaces de domination, en particulier par rapport à son opinion publique. Le rôle de l'intervention elle-même était terminé: le Nouvel Ordre Mondial allait pouvoir se mettre en place.

            Quand au nouveau pouvoir vietnamien, il reprenait à son compte le programme impérialiste d'Ho Chi Minh: réunification du Vietnam comme première étape vers la reconquête de toute l'Indochine. Dés la "libération", les premiers appels à la réunification retentissaient à Hanoï, sans qu'aucun écho publique ne leur revienne de Saïgon. Leurs camarades sud-vietnamiens avaient en effet une autre idée de leur avenir:

"Le gouvernement (du sud-vietnamien) a publié, mercredi 10 septembre, une déclaration annonçant la mise en oeuvre d'une série de mesures destinées à développer l'industrie et le commerce et à assainir l'économie... L'Etat encourage les "capitalistes vietnamiens" à investir dans les entreprises, conformément à la politique définie par le gouvernement, et il leur garantit que "leurs biens et les bénéfices légitimes qu'ils auront réalisés seront respectés". (Le Monde, 13 septembre 1975).

 

DERRIERE LA NATION L'ETAT... DERRIERE L'ETAT... LE FRIC

 

"...le fameux "droit de libre disposition des nations" n'est qu'une phraséologie creuse..."`

Rosa Luxembourg, La Révolution Russe, 1918.

 

            L'économie n'a qu'une règle: CELLE DU PROFIT. Et tout découle de cette règle. La loi du profit est la seule qui oriente, dirige, planifie le capital. Pour cela, chaque entreprise a besoin de marchés toujours plus étendus pour résoudre le PROBLEME de la vente des excédents de marchandise (marchandise étant compris ici non dans le sens étroit d'objet manufacturé, mais de tout ce qui est valorisable, qui peut rapporter de l'argent). Tout cela n'est que foutoir, bricolage à la petite semaine d'un grand nombre de petits, moyens et gros possesseurs de capital, et d'hommes d'Etat, s'efforçant de maintenir le taux de profit maximum. C'est le domaine de l'économie de guerre où des êtres humains crèvent par milliers parce que c'est rentable.

 

Une fructueuse mission civilisatrice      

 

            Pour cette production d'un maximum de profit, les ressources intérieures des Etats développés se sont vite montrées insuffisantes, et l'intégration des secteurs réunis sous le terme de "sous développés"4 s'est accélérée. Ces secteurs caractérisés par l'auto-consommation de la production agricole et artisanale, et où l'échange ne jouait qu'un rôle d'appoint, ont été détruits par l'extension de la production capitaliste, et les anciens agriculteurs et artisans contribuent désormais à la production d'un maximum de profit. Il va de soi que différents groupes capitalistes se sont disputés cette fructueuse "mission civilisatrice": d'où les conflits qui ont jalonné la colonisation du tiers-monde par les européens puis la formation de sphères d'influence.

            Depuis une vingtaine d'années, nous assistons au rééquilibrage des balances commerciales des pays européens et asiatiques (Japon en tête) par rapport aux Etats-Unis. C'est la guerre du "chacun pour soi" avec ses tentatives de restructuration pour exporter à tout prix et ses mesures protectionnistes. Nous en contemplons les effets tous les jours:

- la production militaire représente un secteur clé, d'où la nécessité des guerres locales;

- les blocs issus de la guerre froide ont aujourd'hui disparu.

            L'attachement aux mouvements nationalistes du tiers-monde a été un produit direct de l'idéologie "marxiste léniniste" (des P.C. officiels aux groupuscules gauchistes). Il a trouvé pour une bonne part son origine dans la préoccupation d'utiliser ces mouvements pour la défense de l'U.R.S.S..5 D'où toute la phraséologie sur l'opposition entre un monde socialiste (on dirait aujourd'hui progressiste ou démocratique) soutenant la "lutte des peuples" et un monde "impérialiste" réprimant toute volonté d'indépendance. En fait, soutien et répression fluctuent selon les intérêts en jeu. Dans le soutien qu'elles apportent à telle ou telle guérilla ou guerre locale, à tel ou tel camp, les puissances se ménagent non seulement des clients pour l'achat de produits manufacturés ou de services et des fournisseurs de matières premières (Cf. le pétrole), mais augmentent la demande pour une marchandise fondamentale: l'armement.

            Quand aux mouvements de libérations nationaux, une fois au pouvoir, ils se débarrassent de la phraséologie de l'époque précédente. Il s'agit de se constituer en nation contre les autres nations, y compris les anciens alliés. Pour se référer une fois de plus à l'exemple vietnamien, dés la fin de la guerre, un article du Parti des Travailleurs sud-vietnamiens se concluait par un avertissement sans appel: "Il est interdit aux impérialismes d'y (en Asie du Sud-Est) intervenir". Si les impérialismes n'étaient pas nommément désignés, ce conseil s'adressait également aux occidentaux, à la Russie et à la Chine6 . Pareillement, le nationalisme de l'Etat cambodgien était dirigé tout autant contre le jeune impérialisme vietnamien que contre les grandes puissances. En témoignait l' interdiction de l'usage des langues étrangères au Cambodge, visant non seulement le français, vestige de la colonisation, mais le chinois et le vietnamien.

 

Tout Etat, toute économie tend à l'impérialisme

 

            Le soutien aux "luttes tiers-mondistes", tout comme aux rackets régionalo-nationalistes (IRA, ETA, OLP,...), découle d'une vision de l'impérialisme qui lui donne un statut autonome, en en faisant le stade suprême du capitalisme. "Selon une conception erronée largement répandue (et se prêtant à la manipulation), l'impérialisme est relativement récent ; il consiste en la colonisation du monde entier et est le stade suprême du capitalisme.

            Ce diagnostic conduit à un remède spécifique: le nationalisme est proposé comme antidote à l'impérialisme, les guerres de libération nationale sont censées briser l'empire capitaliste. Ce diagnostic sert une cause, mais ne rend compte d'aucun événement ou situation. Nous nous rapprochons plus de la vérité en remettant cette conception sur ses pieds et en disant que l'impérialisme fut le premier stade du capitalisme, que le monde a été ensuite colonisé par les Etats-Nations ; que le nationalisme est le stade dominant, contemporain et (souhaitons le) suprême du capitalisme"7 .

            Tout Etat, toute économie tend dans la mesure de ses moyens à l'impérialisme. Mais en se focalisant uniquement sur sa fonction impérialiste, on en vient à ne plus s'attaquer qu'aux manifestations de celle-ci.

 

La haine, le renforcement de l'intériorisation de l'oppression s'expriment dans des clichés comme la "libération nationale" ou le "droit des peuples à disposer d'eux -mêmes"

 

            Les récents événements est-européens nous infligent une fois de plus la démonstration de toute la haine, du renforcement de l'intériorisation de l'oppression qui s'expriment dans des clichés comme la "libération nationale" ou le "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes". Ce n'est pas un hasard si ces mêmes clichés sont réactivés, au nom de "l'ingérence humanitaire" par les porte-paroles de l'occident, ceux-là mêmes qui ont bâti leur empire sur l'exploitation coloniale et qui pourchassent au nom de l'unité nationale leurs séparatistes... ces derniers cherchant eux-mêmes à créer des Etats-nations dont ils seraient les dirigeants. Cette mystification idéologique n'est pas à usage purement interne. Ainsi, si le Vietnam a joué un rôle exemplaire, c'est que non seulement les nationalismes vietnamiens, du nord comme du sud, ont conduit les populations locales au massacre, mais que leurs cadavres ont été intensivement utilisés pour tenter de mettre les européens à la remorque d'un impérialisme ou d'un autre. Ceci amène à considérer rapidement l'ultime critique opposée par les souteneurs des mouvements nationalistes: si vous critiquez l'indépendance nationale, vous êtes pour le colonialisme, l'exploitation d'une population par une autre,... Tous les racketteurs sont passés maîtres dans l'art de tendre des pièges au travers d'alternatives truquées: gauche-droite, fascisme-antifascisme, ...

            Ces alternatives ne représentent qu'une lutte entre différentes idéologies qui n'existent que comme réponses et justifications, fausses et arbitraires mais crédibles dans un contexte donné, face à des angoisses  (vie, mort, impuissance face à une situation, désir de paraître,...) , à un système économique et social,... L'asservissement idéologique est directement lié à la misère régnante (matérielle, affective, intellectuelle,...).  Certains ont ainsi, dans les précédentes décennies, placé leurs espoirs dans ce qu'on a nommé le socialisme, c'est-à-dire la concentration du capital (capitalisme d'Etat). C'était oublier que cette concentration, telle qu'elle a pu s'exprimer par exemple en Europe de l'Est ou en Chine, n'était qu'une réponse locale, pour une période de temps donnée, aux besoins d'aménagement du système. Il ne demeurait qu'une tendance déterminée par l'un des ressorts fondamentaux du fonctionnement capitaliste: la concurrence des capitalismes nationaux et privés sur le marché mondial. Il ne représentait aucune alternative car l'Etat, même avec la pression du dirigisme intégral (plan impératif, liquidation des capitalistes privés, formation de la Nomenklatura) ne peut pas échapper à la loi du marché. D'où l'effritement prévisible du bloc est-européen. Il suffit de contempler l'image affligeante de ces "minorités nationales" s'affrontant verbalement ou physiquement au travers de l'Europe de l'Est... et du délire chauvin des nationalistes qui tirent les ficelles.

 

            Le renouveau du nationalisme, comme celui des religions, est lié, c'est clair, à l'absence d'alternative au système. Une substitution se met en place: le remplacement des communautés issues des deux guerres mondiales par d'autres, issues d'autres séparations entre les êtres et d'autres mutilations plus intériorisées. Alors que serait nécessaire une volonté de lucidité, point n'est besoin de croire à une idéologie particulière, mais au contraire de refuser de croire et de se libérer des croyances anciennes et nouvelles. Point n'est besoin non plus de développer une vision tactique visant à définir certains objectifs, à valoriser certaines formes (dures) d'action en tant que telles, indépendamment du contexte8 . La radicalité d'une action, d'un mouvement, ne peut se mesurer par sa "dureté", par l'existence d'affrontements,... Ces affrontements peuvent être tout autant un moyen de masquer l'absence de perspectives d'un mouvement tout en se donnant une représentation pseudo-radicale.

 

Hème, été 1994



[1] Cette citation comme celles qui suivent (signalées par 1) est extraite de la "Déclaration universelle des droits des peuples" (reproduite dans "C'est un rêve" N°3) de La Ligue Internationale pour les Droits et la Libération des Peuples, qui, comme toute déclaration de ce style, est un amalgame de phrase abstraites coupées de toute réalité.

2 Dans une nation dite laïque comme la France, au nom de l'unité nationale l'Etat apporte son aide à l'enseignement confessionnel.

 

 

3 Ceci ne fait référence qu'aux sévices touchant les être humains. Mais on ne peut passer sous silence que la mise en pratique de l'identité culturelle implique souvent la torture des animaux (sacrifices, abattage rituel,...).

 

4 L'étiquette de "sous-développés" désignait moins un niveau objectif de développement, que leur richesse en matières premières qui ne demandaient qu'à être exploitées par les occidentaux. A partir du moment où certains de ces pays sont apparus constituer au moins potentiellement de nouveaux marchés, ils ont eu droit de se voir décerner une nouvelle étiquette: "en voie de développement".

5 C'est ainsi que l'appel de la IV° Internationale (Internationale regroupant les organisations trotskistes) sur la question nationale (1945) déclarait: "La défense de l'U.R.S.S. se joue aujourd'hui à Saïgon, Hanoï, Java".                                                                         

6 La rivalité vietnamo-chinoise s'était déjà concrétisée en janvier 1974 lors de l'invasion par les troupes chinoises des îles Paracels, situées à proximité de gisements pétroliers.

7 Fredy Perlman, l'Appel continue du nationalisme.

8 Le "romantisme" qui accompagne les mouvements nationalistes et régionalistes tient pour une part aux formes de leurs actions, s'ajoutant à leur exotisme. Cf. la fascination exercée dans les années 60-70 par les actions de guérilla, pour le bénéfice du pouvoir castriste obtenant  ainsi un soutien international à sa dictature alors que les autres régimes staliniens étaient contestés, et celui des publicistes vendant du Che Guevara sous toute ses formes.

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