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La mer morte Ces jours-ci l'écriture m'emporte. Je suis (à peine) conscient du poids qu'elle a, de la légèreté que j'ai. L'écriture massive, saturée de sel, comme la Mer Morte, si dense qu'on ne peut s'y enfoncer. On flotte. Et pourtant, y mettre un seul pied, et voilà qu'on touche le fond. Car c'est le corps entier qui se voit poussé vers le haut, vers la surface. Densité de l'écriture de mer. Et je m'entends moi-même me dire : tes tourments rattachés à ton projet achèvent, prends le temps qu'il faut pour assembler le tout. Il se sert à rien de trop s'en faire. Ainsi j'ai tendance à laisser aller les choses, à ne pas vouloir d'emprise sur quoi que ce soit, car en somme je n'en ai pas sinon peu. J'essaie aussi de demeurer intègre, voir et dire tout à fait les choses comme elles se présentent. Je suis ainsi. À tous les dix-huit mois, environ, j'en viens à des remises en questions, à l'occasion majeures, qui conduisent à des introspections capitales. Toujours en profondeur. Dans ma progression, il y a des changements, des transformations. Avais-je dévié du chemin ? Peu importe, il faut s'arrêter un peu et regarder autour, faire le point, (sa)voir d'où l'on vient, voir où l'on va, vers où l'on veut aller et vers où la vie nous (ou l'écriture) nous mène. Ainsi en va-t-il d'elle, suivant mon expérience. Ça n'est pas tant un hasard que j'en viens à me questionner, à tout remettre sur la table ménage, puisque l'écriture m'habite, qu'elle réside et vit en moi. Ou plutôt : c'est moi qui vis en elle, dans les mots, dans le langage. Ou les deux. (2004) |
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