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La voix dans l'arbre Un jour où j'écrivais dehors, sur les marches de l'escalier de secours, le vent s'est pris dans les feuilles de mon carnet. J'ai d'abord pensé au mouvement, puis à la voix : quand le vent se prend dans les mots qu'on porte à son arbre. Vous avez déjà entendu le bruissement d'un arbre en été ? J'en conviens, les analogies ayant l'arbre pour point de référence sont de l'ordre du cliché, mais bon il demeure cette pensée : les mots portés haut aux branches d'une structure qui, en soi, ne produit pas de son. L'arbre peut craquer à l'occasion, certes. Les feuilles, elles, bruissent lorsqu'elles sont caressées par le vent et frottent les unes contre les autres. Considérez la sève, les bourgeons, comme contibution d'écrivant, la part du vent étant celle du lecteur. Mais, comme disait si bien tel philosophe dont j'ai oublié le nom : l'arbre ne produit de bruissement que dans la mesure où il y a quelqu'un pour l'entendre, écouter. De même, la parole d'un écrivain et la voix d'un texte n'ont d'existence que parce qu'il y a des lecteurs pour actualiser tout cela dans leur esprit. (2003) |
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