![]() |
| Accueil | Arrière |
|
|
Genèse virtuelle L'écriture de tout texte se fait par étapes, du brouillon (ou premier jet) jusqu'à la version finale. Il n'y a pas si longtemps quelques décennies , l'écrivant n'avait pour outil qu'une machine à écrire pour transformer un manuscrit en tapuscrit, et présenter à l'éditeur un texte sous forme dactylographiée. S'il y avait des ajustements à apporter, on devait dactylographier de nouveau. Plus tôt encore dans l'histoire, de l'invention de l'imprimerie jusqu'à celle du dactylographe, l'écrivant devait se contenter de la forme manuscrite qu'il envoyait au propre à l'éditeur, après (plusieurs) retouches. Et même au stade du tirage d'épreuves, il arrivait que l'écrivant veuille apporter d'autres modifications, payant à chaque fois de sa poche. Encore plus tôt, au Moyen Âge, les moines copistes, confinés au scriptorium, re-produisaient des exemplaires manuscrits de toutes sortes d'ouvrages (manuels scolaires, liturgiques, & cætera), commettant des fautes ici, corrigeant d'autres là, copiant parfois ces fautes, ne ruturant jamais. C'est d'ailleurs grâce à ces fautes que les spécialistes sont en mesure d'évaluer quel manuscrit précède quel autre, d'établir une forme de genèse. Aujourd'hui nous disposons de traitements de textes, logiciels complets et complexes à la fois qui facilitent le processus. Seulement, le texte n'étant plus qu'une information binaire codée, il devient difficile d'en suivre les étapes de production, ses états, sa genèse. Couper, copier, coller, cela ne prend que quelques secondes. Le travail qui, autrefois, nécessitait des heures, des semaines, des mois, cela ne dure à présent que le temps d'un ou deux clics de souris. Avons-nous pour autant perdu notre rigueur d'écriture ? Je ne pense pas. Au contraire, peut-être, la facilité technologique permettrait de pousser plus loin sans s'attarder à des questions techniques relatives au temps à investir pour apporter un changement mineur ou majeur. Il est vrai qu'à tout changement nous effaçons une étape de la genèse. Une solution réside dans l'impression d'un document à chaque fois qu'une modification est apportée. Mais, dans mon expérience, il en faut du papier et de l'encre pour produire un seul texte. Comment alors conserver tous les stades de la genèse ? Voici la méthode que je suggère : Dans les options de votre traitement de textes (Word, en l'occurrence), activez la fonction : Toujours créer une copie de sauvegarde . Puis, ajoutez au nom du fichier la date d'aujourd'hui. Par exemple, si le document porte le nom TEXTE.DOC et que nous sommes le 2 avril 2003, nommez-le : TEXTE 2003-04-02.DOC. Ouvrez le document avec Word, sauvegardez-le sur-le-champ, puis refermez Word. En principe, le dossier où se trouve le texte devrait comporter maintenant, en plus, une copie du texte avec la date. À partir de ce jour, toutes les fois où vous aurez à apporter des modifications au document, prenez soin, avant de l'ouvrir avec Word, de changer la date. De cette façon, le traitement de textes crééra toujours une copie de sauvegarde du document daté du jour, au lieu d'écraser la et les versions antérieures qui n'auraient pour nom que TEXTE.DOC. En plus de conserver un texte dans tous ses états , il vous sera aussi possible de revenir à des versions antérieures, au cas où vous auriez apporté des modifications qui se révéleraient, en somme, non souhaitables. Comme dit si bien Horace : « Quiconque reconnaît qu'il a quitté mieux pour prendre pis, doit, sans perdre de temps, reprendre ce qu'il a quitté. » (Horace, Epître VII « À Mécène », in : Satire et Épîtres, trad. de G. Lamothe (?), Paris, Hatier, Coll. « Les classiques pour tous », 1946, p. 51. ) L'aspect moins pratique de cette méthode réside dans le fait que chaque copie datée (copie de sauvegarde) occupe un espace semblable au document actuel. Faut-il alors effacer les fichiers de copie, en commençant par les plus anciens ? Peut-être, si ça ne vous dérange pas. Pour ma part, je préfère les réunir en archives compressées (fichier ZIP), ou, mieux encore, graver les copies des états (la genèse) sur disque compact numérique, ce qui permet de libérer l'espace par la suite sur le disque dur. (2003) |
|
| Le contenu de ce site est protégé en vertu des lois relatives aux droits d'auteurs. Toute reproduction est assujettie à certaines conditions, à savoir que le contenu doit demeurer inchangé, qu'il ne doit pas être plagié, et qu'en aucun cas il puisse servir à des fins lucratives. Si vous désirez citer une partie du contenu de ce site, il vous faut en fournir la référence complète, y compris l'adresse URL. |
|
|