L'OM a donc
atteint son objectif en remportant une Coupe d'Europe qui s'offrit pourtant au Milan AC dès le premier quart d'heure d'une finale à la qualité extrèmement moyenne, comme toute finale qui se respecte. On n'ira pas jusqu'à dire que c'est Milan qui perdit le match plus que l'OM ne le gagna, car se serait retirer un peu trop de mérite à une formation marseillaise qui sut allier l'habileté tactique à la volonté et à l'énergie physique. Pourtant, on ne peut oublier que pendant le premier quart d'heure les Milanais, pratiquant leur vrai football, se créèrent des occasions qui auraient dû être déterminantes, mais qui en fin de compte, gâchées par le seul Massaro, leur futent fatales.
Une bataille tactique
Si le jeu fut hâché, resserré
dans le centre du terrain, ce fut certainement parce que l'utilisation du hors jeu joua un rôle capital dans l'histoire. Les deux lignes défensives en présence l'utilisant en permanence et non sans habileté. L'OM, avec ses cinq arrières qui revenaient au nombre de trois lorsque le ballon était récupéré, mais qui surent remonter le terrain et prendre au piège l'attaque adverse, les Milanais avec leur quatre défenseurs essayant d'en faire autant et y parvenant eux aussi.
Pourtant, ce procédé tactique
aurait pu coûter cher aux Marseillais dans le premier quart d'heure puisqu'il a permis à Massaro de s'échapper en plusieurs occasions et de se présenter en position favorable de but et pourtant, cette fois encore, c'est sur un coup de pieds arrêté et dans le jeu de tête que la décision devait se faire en faveur des
Marseillais pour le seul Boli profitant à la 44eminute de sa détente et d'un timing qui surprit les Milanais et qui assura la victoire.
BARTHEZ réalisa deux très belles parades dans la période la plus difficile vécue par
la défense marseillaise au début du match. Il n'eut ensuite au cours de la première période, qu'à intervenir sur des renvois de balle souvent retardés volontairement. Après le repos, il plaça quelques renvois aux poings et ses sorties aériennes n'eurent aucun mal à enrayer le danger.
ANGLOMA tint honorablement son poste
de stoppeur droit, le plus souvent devant Massaro qui lui échappa
certes en quelques occasions au début du match mais qui fut ensuite tenu en respect. Angloma dut quitter le terrain en raison d'une blessure au cours de la seconde période. DURAND, qui le remplaça, tint alors le poste d'arrière gauche en s'efforçant de bien colmater les brèches sur le flanc de sa défense.
DESAILLY fut comme stoppeur gauche
presque toujours confronté à Van Basten, auquel il parvint à imposer le plus souvent sa présence physique, sa puissance, sa détente et qu'il gêna même souvent dans le domaine aérien.
BOLI fut un libero extrêmement
vigilant, jaillisant comme à l'accoutumée au sol comme en
l'air pour enrayer le danger. Il fut donc l'artisan de la victoire grâce à son coup de tête victorieux de la quarante-quatrième minute, mais sut également fort bien commander la manoeuvre du hors jeu et malgré quelques relances un peu hasardeuses, se comporter en vrai chef de défense.
DI MECO, d'abord arrière gauche,
dut avancer souvent pour tenter de contrer Donadoni, son adversaire direct, ce qui l'amena à commettre une fois de plus un peu trop de fautes sur l'homme, payées d'un avertissement en deuxième période.
Il devint stoppeur gauche surveillant même son ancien coéquipier
Papin et entrant alors fort bien dans le système défensif pour conserver l'avantage et la victoire à l'équipe Marseillaise.
Boksic décevant
EYDELIE, promu arrière droit plus que milieu défensif latéral, sut parfaitement occuper
l'aile droite de sa défense en y accomplissant un travail très
utile de ratissage du ballon devant Lentini qui, après l'avoir pris de vitesse avant le repos, finit par baisser pied et par lui laisser le dernier mot.
SAUZEE fut un milieu droit qui se
signala surtout par ses tentatives de frappe à distance, soit sur
coup franc, soit dans le jeu en mouvement sans pour autant trouver l'ouverture et se montrer précis dans ses tentatives.
DESCHAMPS, qui n'a décidément
pas retrouvé sa mailleure forme, s'évertua cependant à
être très utile et efficace par son pressing sur le porteur
du ballon, ses tacles et son travail défensif.
PELE qui, dans le plan de bataille
mis sur pied par les Marseillais, occupa cette fois l'aile droite de l'équipe, posa de gros problèmes alors par son jeu de gaucher à un Maldini en petite forme; le Ghanéen travaillant alors comme le faisait Waddle l'an dernier, se montrant extrêmement dangereux par ses dribbles rentrants, ses débordements, ses accélérations et s'avérant finalement le meilleur joueur marseillais et le seul danger permanent pour la défense milanaise.
BOKSIC en effet, fut décevant,
peu visible à la pointe du combat, n'arrivant pas à se défaire
du marquage de Costacurta ou de la défense milanaise, ne plaçant
aucun dribble, aucune accélération déterminante et étant finalement la grande déception de la finale.
VOLLER, deuxième avant-centre
le plus souvent du coté gauche de l'attaque, chercha à ruser
mais sans réussite, se battant cependant avec opiniâtreté
avant de céder sa place à THOMAS qui, dans les dix
dernières minutes, vint occuper le milieu gauche de l'équipe
pour assurer définitivement la victoire.
Dans une équipe milanaise bien décevante et qui confirma l'impression très mauvaise qu'elle inspirait depuis quelque temps à travers la méforme de ses hommes de base, le gardien ROSSI ne fut guère sollicité. Pourtant, en défense BARESI fut le seul à jouer sur sa valeur réelle, jaillissant comme à ses plus beaux jours, surtout
en première période et venant essayer d'apporter son esprit
constructif au jeu d'attaque du Milan AC, mais en pure perte, MALDINI s'avérant en petite forme, tout comme un RIJKAARD extrêmement décevant techniquement et physiquement parlant, et qui fut lui aussi l'une des raisons de l'échec italien.
DONADONI et ALBERTINI n'étant
guère mieux inspirés, VAN BASTEN étant également très discret et peu dangereux d'un bout à l'autre de la rencontre,
MASSARO gâchant lamentablement les deux ou trois possibilités de but qui s'offrirent à lui dès le début du match
et qui aurait pu assomer définitivement l'OM, LENTINI ne
pouvant confirmer un excéllent début de match où il avait placé de redoutables accélérations sur l'aile gauche, PAPIN enfin, rentré à la 55e minute pour remplacer Donadoni n'entrant jamais dans le jeu de l'équipe et ne pouvant alors avoir un rôle prépondérant, dans une défense qui lui barra le plus souvent la route.