AMBIANCE
Dans la chaleur du stade olympique
C'est sous une espèce de canicule que s'est déroulée la finale. Et, dans les tribunes, l'ambiance était à la hauteur des conditions météo.
Depuis deux jours, les supporters milanais avaient pris un net avantage sur leurs homologues marseillais. On ne voyait qu'eux dans les rues de Munich. Sur la Marienplatz ou dans les biergarten, très fréquentés en ces temps de quasi-canicule. Du rouge et du noir partout. Et puis, en l'espace d'une journée, les Marseillais ont rétabli d'un coup la situation. Débarquant des trains et des avions spéciaux, ils ont à leur tour investi le centre-ville, s'opposant par la voix à leurs rivaux. De telle sorte que, hier soir, le stade olympique était à peu près équitablement partagé. Petit avantage en nombre pour les Italiens, dont le port d'attache est plus proche, mais égalité parfaite en revanche au niveau de l'ambiance et du bruit.

Les Marseillais sur la pelouse

18h45 : il fait encore 29° au gigantesque tableau d'affichage du stade et la température est très élevée aussi dans les tribunes. Elle monte même d'un cran, là-bas, dans le virage blanc occupé par les supporters marseillais. Ceux-ci sont aux premières loges pour voir déboucher du tunnel l'équipe de Milan et c'est une bordée de sifflets qui accueille Baresi et les siens. Papin, noyé au milieu de la masse, n'y coupe pas, lui non plus.
Celui qui s'en sort le mieux, c'est finalement Berlusconi. Cerné par les photographes, il effectue une véritable promenade de santé le long des tribunes, sourire éclatant et bras levés. Un parcours de star. C'est le moment que choisissent les Marseillais pour faire à leur tour leur apparition. On attend alors deux choses: les retrouvailles de JPP avec ses coéquipiers et la rencontre entre Berlusconi et Tapie.
Or, rien ne se passe. Papin n'évite pas ses anciens coéquipiers, mais ne les recherche bien évidemment pas non plus. Une simple poignée de main à Castaneda, une tape amicale sur la nuque de Pelé, et l'ancien capitaine disparaît dans le souterrain. Quant aux deux présidents, ils se croisent sans véritablement se voir.
19h30 : sur le même panneau que tout à l'heure, le thermomètre affiche maintenant 28°. Le match débute dans trois quarts d'heure et, comme à son habitude, Barthez est le premier à venir s'échauffer, flanqué d'Henri Stambouli. Pas fou, il choisit le but derrière lequel sont massés les supporters de l'OM et il en profite pour les saluer. Il ne restera pas longtemps isolé sur la pelouse. C'est toute l'équipe milanaise qui lui emboîte le pas et qui viennent se préparer devant la tribune où sont massés ses supporters. Lesquels supporters, tout en rouge, ont disposé (comment ?) sur la piste d'athlétisme, théâtre des exploits des JO de 1974, leurs banderoles et leurs drapeaux. Papin ? Il arrive avec un léger décalage accompagné de Nava, le défenseur remplaçant.
19h40 : c'est au tour des Marseillais de revenir sur la pelouse, alors que l'atmosphère a encore grimpé d'un ou deux tons dans le stade olympique. Un délégué de l'UEFA descend quatre à quatre les escaliers de la tribune d'honneur, avec en main l'objet de toutes les convoitises : la Coupe d'Europe des clubs champions, qu'il vient installer sur un socle, mais qu'un supporter marseillais a réussi à caresser au passage.
20 heures : tout le monde rentre aux vestiaires en ordre dispersé, Français et Italiens mélangés, et c'est tout le cérémonial de l'UEFA qui s'enclenche, comme toujours à la minute près. Les ramasseurs de balle font leur apparition, les photographes sont parqués sur la ligne de touche et les deux équipes pénètrent sur la pelouse dans leurs couleurs habituelles, Marseillais tout en blanc, et Milan en rouge et noir. Le tableau d'affichage indique 26°. Dans les coeurs des supporters des deux équipes, il fait au moins le double.