UN MILANAIS DANS LE MATCH
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Massaro le maudit
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L'attaquant italien, trop hésitant dans des actions cruciales,
fut à l'image d'une équipe empêtrée face à
un adversaire qu'elle n'a jamais battu en Coupe d'Europe.
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Il doit
être écrit quelque part que jamais Milan ne battra Marseille.
C'est comme une malédiction. Chaque fois que l'équipe la
plus titrée de notre temps se mesure à sa rivale provençale,
il se passe toujours quelque chose comme à la «Rinascente»,
l'équivalent de nos Galeries Lafayette dans la Péninsule.
Souvenez-vous :lorsque l'OM rencontra pour la première fois Milan,
alors double-champion d'Europe et du monde le 6 mars 1991 à San
Siro, l'équipe rossonera entraînée par le maestro Arrigo
Sacchi - celui qui lui donna son style moderne et qui est devenu aujourd'hui
le sélectionneur italien - était privée des services
de Van Basten suspendu, et de Franco Baresi. Handicap d'autant plus lourd
à cette époque que le double ballon d'Or Hollandais était
à son apogée, le libéro et capitaine étant
quant à lui la clé de voûte du système défensif.
Résultat nul 1-1, avec un but égalisateur de Papin répondant
à Gullit.
Puis ce fut la seconde manche au Stade Vélodrome,
qui s'acheva au soir du 20 mars 1991 dans la confusion dont tout le monde
se souvient. Milan, mené 1-0 à la suite d'un but de Waddle,
profita d'une panne d'éclairage pour quitter le terrain à
trois minutes de la fin, attitude vraiment insensée pour un club
aussi renommé. Bien que Berlusconi en personne se fut excusé
auprès de l'OM et de l'UEFA, cela coûta justement un an de
disqualification européenne à l'équipe reine du Calcio.
Et l'OM se qualifia donc pour les demi-finales, après quoi il joua
à Bari la malheureuse finale que l'on sait contre l'Etoile Rouge.
L'année suivante, l'équipe
lombarde retourna au Stade Vélodrome pour y jouer un match amical
dans le cadre du futur transfert de Papin. Et ce fut encore JPP qui marqua,
offrant ainsi une autre victoire qui, pour être symbolique, n'en
fut pas moins saluée par toute la presse, y compris milanaise.
A bout de souffle
Là-dessus, retour au premier plan
d'un Milan plus souverain que jamais sous la conduite de Fabio Capello,
le Milan nouveau s'adjugeant magistralement le Scudetto 1992 puis continuant
sur sa lancée, parvenant à atteindre le cap, au mois de février
dernier, des cinquante-huit matches consécutifs sans défaite
dans le championnat : du jamais vu en Italie.
Parallèlement, Baresi et ses compagnons
multipliaient les victoires dans l'actuelle Coupe des champions, battant
là aussi un record historique, puisqu'avant la finale hier soir,
Milan comptait dix victoires consécutives dans la compétition
majeure, ce qu'aucun club avant lui n'avait réussi. Mais déjà,
on savait que ce Milan «A pezzi», traduisez «A bout de
souffle», n'était plus l'armada impériale qui, à
un moment donné, avait compté onze points d'avance sur son
suivant immédiat en championnat. De problèmes en problèmes,
à commencer par celui posé par la blessure de Van Basten
qui dut observer quatre mois de repos, ce Milan s'étiolait, perdait
de sa sérénité, et n'arrivait plus à retrouver
son bel équilibre. La preuve, avec Rijkaard et Van Basten qui n'ont
jamais pu revenir au top depuis qu'ils ont été blessés,
les Rossoneri n'ont gagné qu'un seul de leurs dix derniers matches
en championnat.
Tout de même, on pouvait penser que comme tout
club jouant en Coupe d'Europe, ce Milan, qui ambitionnait de tout gagner
il y a quelques mois à peine, allait se réhabiliter comme
il l'avait fait en dernier lieu à Porto et à Göteborg.
C'est bien connu, l'Italien, en pareil cas, n'est jamais aussi dangereux
que lorsqu'on le croit moribond. Et le fait que dans un premier temps,
on crut bien que ce Milan, en partie retrouvé, allait «manger»
comme on dit l'OM. Hélas pour elle, l'équipe de Capello,
qui croyait tenir en Daniele Massaro un homme en forme et un attaquant
de choc, allait justement être trahie au cours d'une première
demi-heure cruciale par celui qu'on considérait comme son «gregario»
de luxe.
Trois ou quatre fois, en effet, Massaro
eut la balle du premier but au bout de ses pieds, mais il en fit un usage
si désastreux que la défense marseillaise, pourtant affolée,
put à chaque fois éviter le pire, Massaro, hier soir à
l'Olympia Stadion, c'était l'image même de la malédiction
rossonera. Et quand Boli, d'un magistral coup de tête, inscrivait
juste avant la mi-temps, l'affaire était bel et bien fichue. Terrible.
Encore une fois, le signe indien avait été fatal à
l'équipe qui voulait à nouveau dominer l'Europe et le monde
du football. |
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