L'Entre-Deux accueille les 14es Trophées mondiaux

Les montagnards sont là !

Samedi et dimanche, les sentiers du Dimitile seront envahis par un peloton international composé d'une trentaine de nationalités. Une organisation planétaire qui offre à la Réunion un formidable outil de promotion.

Il y a des symboles qui ne trompent pas. Il y a dix ans, la Réunion organisait la première course de Montagne, de bas en haut du Piton des Neiges. Après une décennie d'efforts, normal que les trophées mondiaux posent leurs valises sur l'île Bourbon. Il y a cent cinquante ans, l'abolition de l'esclavage était (enfin) décrétée. Les esclaves de la Réunion et d'ailleurs, étaient libérés de leur joug. En cette année de commémoration particulière, il était donc logique que les Trophées mondiaux de course de montagne arrivent au Dimitile, sommet de l'Entre-Deux qui tire son nom d'un ancien esclave de la commune.
Samedi et dimanche, Dimitile et ses frères de peine, esclaves du monde entier, retrouveront (selon Fernand Payet, l'un des maîtres d'uvre de cette organisation) "un peu de leur dignité". La montagne de l'Entre-Deux sera, en effet, le théâtre d'un extraordinaire rassemblement de 257 athlètes dont le but sera de rallier le sommet culminant du Dimitile à 1770 mètres d'altitude. Pour en arriver à cette organisation planétaire, les responsables réunionnais ont mis tout leur cur dans la balance. "Deux ans que nous nous battons sur ce dossier, explique Paul Canaguy, le président de la Ligue d'athlétisme. Nous voulons prouver qu'il existe quelque chose loin de l'Europe et que la Réunion peut être à la hauteur d'une événement de cette envergure. Maintenant, il ne dépend plus que de nous de montrer que la Réunion est une île qui gagne. J'ai confiance, nous allons réussir." Derrière ce discours volontairement "guerrier", s'abrite une volonté farouche de toutes les composantes du sport, du tourisme et de l'économie du département. L'espace d'un week-end, l'Entre-Deux sera le centre de la planète montagnarde. Jean Daubigny, le Préfet, se réjouit de cette organisation qui "vient à point nommé pour consacrer le travail et les efforts de tous".

TRADITION ALPINE

Organisés annuellement, les Trophées mondiaux se distinguent d'un an sur l'autre. Chaque année paire, le parcours revêt un profil de "course de montée", selon une tradition en vigueur dans l'Europe alpine et, chaque année impaire, le tracé allie montée et descente, selon la tradition principalement anglo-saxonne. Depuis longtemps, les coureurs italiens ont fait main basse sur les récompenses et sont devenus les favoris incontournables de ces épreuves. Lors des trois dernières éditions, ils ont remporté le titre, plaçant même un autre garçon sur le podium (argent en 96 et 97, bronze en 95). Coté féminin, Isabelle Guillot s'était imposée l'an dernier après deux médailles d'argent conquises précédemment. Pour cause de blessure, elle ne défendra pas son titre, laissant les Françaises un peu orphelines. Le public réunionnais et l'équipe de France comptent sur Raymond Fontaine, le junior prodige, pour (au moins) grimper sur le podium de sa catégorie.
Quoi qu'il en soit pour les uns ou les autres, le parcours dur et exigeant de ce Mondial ne pourra consacrer que de très grands athlètes.

Extrait du Journal de l'Ile de la Réunion