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| Un à un,
ils arrivent pour le féliciter. Une tape dans le dos,
une franche poignée de mains, une petite bise, tous les
membres de l'équipe de France viennent congratuler
Stéphane Mahéo, cinquième de la course et première
pierre apportée à la médaille d'argent par équipe des
tricolores. Edifice complété par Régis Roux (11e),
Sylvain Richard (23e) et Thierry Icart (24e). Une cinquième place qui ne lui offre que du bonheur. Il dit que cinquième, "c'est mieux que quatrième" parce qu'avec cette place, "on est trop près du podium et on regrette". Dans son discours, il n'y a de place que pour le plaisir. Il raconte que "le plus important" dans cette saison, c'était "d'être en équipe de France", que la médaille collective d'hier, c'est "bien pour consoler les filles" (NDLR, sixièmes par équipe samedi), que cette breloque il "l'a voulait" et que le résultat personnel, obtenu en haut de l'Entre-Deux, lui permettra "de continuer dans la montagne". Car Stéphane Mahéo est un drôle de bonhomme qui revendique sa part de liberté. Il avoue qu'il n'aurait peut-être pas dû être là, à gravir les pentes du Dimitile. "J'hésitais encore il y a quinze jours. J'ai fait un test sur la route, pour améliorer ma vélocité, et j'étais vraiment bien." Un entraînement qui a quand même porté ses fruits hier matin. Sur un parcours "plus dur" qu'il ne s'y attendait, l'athlète de Gap a surpris pas mal de monde. "Pourtant, je n'ai pas vraiment l'habitude de courir aussi longtemps en montagne. J'ai pris un départ prudent tout en ayant une grande confiance. Après onze ans de course à pied, je commence à connaître mon corps. Et, de toute façon, je ne m'affole jamais. Sur la fin, j'avais des crampes et je ne voyais plus rien, la sueur me piquait les yeux. D'ailleurs, je suis tombé dans le dernier virage mais j'étais tellement bien que je me suis relevé tout de suite." A ce moment-là, il occupe la quatrième place mais n'a "pas de regrets" d'avoir reculé d'un rang, voire de plus... "De toute façon, dans ma tête, je n'étais pas prêt pour un podium". UN AVENIR ENCORE INCERTAIN Il est toutefois clair que cette année expérimentale lui a donné de sacrées envies. Après sa septième place aux Trophées européens, la cinquième mondiale est de nature à aiguiser son appétit. "C'est vrai que je ne m'attendais pas du tout à ça. Je pensais finir dans les vingt premiers. Mais j'aime la bagarre. Plus il y a de gens forts au départ, mieux je suis. Mon but est de battre les grands. Avec mon petit gabarit, on ne m'aperçoit pas beaucoup mais je pense qu'ils vont me voir à l'avenir." Ce futur qu'il attend reste encore incertain à ses yeux. Comme beaucoup d'autres avant lui et (malheureusement) comme beaucoup d'autres à venir, le Français se plaint du système en vigueur dans le pays. "Des fois, je travaille cinquante heures par semaine et il m'arrive d'avoir envie de tout arrêter. Certains de mes copains ont déjà renoncé au sport à cause du boulot. Je travaille a plein temps dans une entreprise frigoriste où il fait deux degrés. J'aimerais sortir du froid. J'aimerais trouver un boulot à 32 heures pour pouvoir m'entraîner. La fédération française doit donner les moyens à ses athlètes de trouver des facilités de travail. En tout cas, je ne veux plus être stressé par le boulot. Je suis prêt à déménager si un club me propose quelque chose d'intéressant." En attendant, Stéphane Mahéo passera "quinze jours de vacances à la Réunion". Charmé par l'île, il a décidé de "prolonger" son séjour. Sans savoir où il logera, "un peu à l'aventure". Tout ça, juste pour savourer un peu plus cette médaille d'argent, pour garder à l'esprit cette notion de plaisir qu'il aime tant. Et puis, c'est promis, il continuera à grimper les pentes et les sentiers. Parce qu'il est "important de voyager et de progresser à coté des meilleurs". Et, surtout, parce qu'il ne se lasse pas de le répéter : "La montagne, c'est la liberté", et que cette dernière, est la chose la plus importante qu'un être humain puisse posséder.. |
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| Son
sourire est aussi éclatant que son maillot est noir.
Jonathan Wyatt est aux anges pendant que, quelques
mètres plus loin, Antonio Molinari (deuxième) n'arrête
pas de pester. En brisant l'hégémonie italienne (trois
vainqueurs sur les trois dernières années), il vient
d'offrir à son pays son premier succès mondial en
courses de montagne. Une victoire qu'il avait
méthodiquement préparé depuis quinze jours. "Je
suis arrivé il y a deux semaines à la Réunion et je
suis venu reconnaître six fois le tracé. C'était un
parcours très dur mais la clé de la course, c'était de
savoir conserver son énergie pour la fin." Comme
Raymond Fontaine, le "All Black"
néo-zélandais a bâti son succès sur l'intelligence.
Prudent au départ, il laisse filer les présomptueux.
Econome de ses efforts, il compte même 35 secondes de
retard sur Molinari à la mi-course. Déficit important
qui ne soucie pourtant pas Wyatt. Jonathan compte mais ne
s'affole pas. "Je n'ai pas eu peur parce que je
savais que ça allait se jouer dans la seconde
partie." Les faits vont lui donner raison. Peu à
peu, sur les sentiers, dans les escaliers, il grignote
les mètres, comble son retard, revient dans le coup pour
la gagne. Après une heure et dix minutes de course, il
établit la jonction avec Molinari. L'Italien ne s'en
remettra pas. Au train, Wyatt creuse irrémédiablement
l'écart. Au passage de la chapelle "Notre dame des
cîmes", à moins de deux kilomètres du but, il
compte plus de trente secondes d'avance. C'est fini.
"Je ne suis pas vraiment surpris parce que je visais
le titre. Je savais que je pouvais le faire." Pour
sa première participation à un mondial en montagne et
sa (seulement) deuxième course dans cette spécialité,
Wyatt a donc frappé fort. C'est peut-être un tournant de la carrière du jeune homme (26 ans) de Wellington qui s'est joué hier sur les pentes du Dimitile. Jusque-là spécialisé dans les épreuves de cross, 5000 et 10 000 (avec une place de 16e aux jeux d'Atlanta sur 5000 et une apparition au 55e rang du bilan mondial de l'an dernier), Wyatt va sans doute consacrer davantage de temps à la montagne. Il en a la possibilité. Comme occupation principale, il dit qu'il "essaye" de travailler dans un cabinet d'architectes mais qu'il "n'y est pas vraiment" car on lui laisse tout loisir pour s'entraîner. Voilà une nouvelle qui ne réjouira pas forcément ses adversaires... |
LES RESULTATS
| * Seniors hommes 1. Wyatt Jonathan (NZL) 1h25'19" - 2. Molinari Antonio (ITA) 1h26'47" - 3. Dold Guido (GER) 1h28'26" - 4. Quinn Robert (SCO) 1h28'44" - 5.5. Mahéo Stéphane (FRA) 1h28'48" - 6. Schmuck Helmut (AUT) 1h28'58" - 7. Milesi Davide (ITA) 1h29'16" - 8. Findlow Richard (ENG) 1h29'32" - 9. Wagner Eckard (GER) 1h29'43" - 10. Oussatchev Jouri (RUS) 1h30'07" - 11. Roux Régis (FRA) 1h30'13" - 12. Galliano Massimo (ITA) 1h30'16" - 13. Strong Aaron (NZL) 1h30'27" - 14. Gex-Fabri Alexis (SUI) 1h30'34" - 15. Salamun Igor (SLO) 1h30'52" - 16. Tikhonov Leonid (RUS) 1h30'58" - 17. Reitberger Rudolf (AUT) 1h31'09" - 18. Erni Andrea (SUI) 1h31'16" - 19. Tschurtschenthaler Sepp (AUT) 1h31'23" - 20. Fregona Lucio (ITA) 1h31'31" - 21. Matanin Marcel (SVK) 1h31'59" - 22. Wilkinson Neil (SCO) 1h32'23" - 23. Richard Sylvain (FRA) 1h32'45" - 24. Icart Thierry (FRA) 1h32'46" - 25. Von Kanel Martin (SUI) 1h32'52" - 26. Crake Paul (AUS) 1h32'56" - 27. Schatz Peter (AUT) 1h32'59" - 28. Atkins Wayne (NZL) 1h33'11" - 29. Resch Hubert (AUT) 1h33'15" - 30. Steild Uli (GER) 1h33'40" - 31. Shelley Richard (USA) 1h33'50" - 32. Mc Dermott Michael (RSA) 1h34'01" - 33. Mesner Andrej (SLO) 1h34'04" - 34. Dunham Dave (USA) 1h34'05" - 35. De Gasperi Marco (ITA) 1h34'08" - 36. Jones Andreas (WAL) 1h34'20" - 37. Bartlett Graeme (SCO) 1h34'24" - 38. Taylor John (ENG) 1h34'29" - 39. Osmond David (AUS) 1h34'31" - 40. Zak Jiri (CZE) 1h34'36" - 41. Pasquion Nicolas (FRA) 1h34'49" - 42. Sambale Martin (GER) 1h35'00" - 43. Roberts Mark (ENG) 1h35'07" - 44. Bowness alan (ENG) 1h35'33" - 45. Sagi Josef (HUN) 1h36'01" - 46. Ernst Walter (GER) 1h36'12" - 47. Payet Jean Paul (FRA) 1h36'17" - 48. Whithfeld Matthew (ENG) 1h36'37" - 49. Donnelly Colin (SCO) 1h36'52" - 50. Verrington Dan (USA) 1h36'58" - 51. De Blander Guy (BEL) 1h37'05" - 52. Meffan Pat (NZL) 1h37'12" - 53. Reyyer Ansriy (UKR) 1h37'21" - 54. Korevaar Jam (NED) 1h37'50" - 55. Stanka Petr (CZE) 1h37'56" - 56. Machelm Oxen (RSA) 1h37'59" - 57. Forster Paul (NZL) 1h38'54" - 58. Lenihan John (IRL) 1h38'59" - 59. Brown Jon (ENG) 1h39'01" - 60. Bialek Martin (SVK) 1h39'09" - 61. Weir David (SCO) 1h39'22" - 62. Zoubek Sdenek (CZE) 1h39'40" - 63. Wright Jeremy (USA) 1h40'12" - 64. Ervine Brian (NIR) 1h40'31" - 65. Mc Queen James (WAL) 1h40'43" - 66. Vinken Roman (NED) 1h40'50" - 67. Racz Stefan (SVK) 1h40'55" - 68. Carty Neil (NIR) 1h40'59" - 69. Dryja Marek (POL) 1h41'08" - 70. Arndt Carsten (GER) 1h41'10" - 71. Stapan Zsolt (HUN) 1h41'38" - 72. Brooks John (SCO) 1h42'18" - 73. Mc Grath Berard (IRL) 1h42'25" - 74. Vitek Miroslav (CZE) 1h42'33" - 75. O'Cleirigh Aongus (IRL) 1h42'37" - 76. Naylom Donald (WAL) 1h42'52" - 77. Casner Mike (USA) 1h43'10" - 78. Wakelin Mickael (NZL) 1h43'20" - 79. Macina Gian Luigi (SAN) 1h43'25" - 80. Faveaux Thierry (BEL) 1h43'37" - 81. Novak Bostjan (SLO) 1h43'45" - 82. Owen Gnynfor (WAL) 1h44'14" - 83. Kochtcheev Igor (RUS) 1h44'44" - 84. Rees Aled (WAL) 1h45'00" - 85. Toth Josef (HUN) 1h45'14" - 86. Golovnyskyi Aleksandr (UKR) 1h45'25" - 87. Wolsing Han (NED) 1h45'53" - 88. Zupancic Marjan (SLO) 1h46'18" - 89. Ramananjatovo Haja (MAD) 1h47'12" - 90. Punt Robin (NED) 1h47'22" - 91. Thompson Kevin (IRL) 1h47'38" - 92. Zafferani Matteo (SAN) 1h47'44" - 93. Giorgetti roberto (SAN) 1h47'46" - 94. Servina Salim (SEY) 1h47'47" - 95. Rothery Colm (IRL) 1h48'16" - 98. Dubravcik Zdenek (CZE) 1h48'23" - 97. Raitt Neil (NIR) 1h48'32" - 98. Kilindo Thomas (SEY) 1h48'44" - 99. Salagan Guainus (MAS) 1h49'00" - 100. Lamontve Jonathan (IRL) 1h49'49" - 101. Gasperoni Michael (SAN) 1h49'59" - 102. Bakker Aart (NED) 1h50'32" - 103. Barysevich Vasili (BLR) 1h50'38" - 104. Macecek Vlado (CZE) 1h50'40" - 105. Camermans Filip (BEL) 1h51'20" - 106. Yasso Bart (USA) 1h51'27" - 107. Patterson James (NIR) 1h51'57" - 108. Sagi Zsolt (HUN) 1h54'52" - 109. Howie Peter (NIR) 1h56'22" - 110. Medvedev Jouri (BLR) 1h56'36" - 111. Robst Steven (WAL) 1h56'38" - 112. Timmermans Thomas (BEL) 1h58'25" - 113. David Karoly (HUN) 2h00'16" - 114. Van De Meerssche Jérôme (BEL) 2h01'14" - 115. Sarti Mauro (SAN) 2h01'17" - 116. Kojine Petr (RUS) 2h06'50" - 117. Surrenkumar Leeleea (MRI) 2h07'12" - 118. Fisher Deane (NIR) 2h12'46" - 119. Adrien Hébert (SEY) 2h15'28" - 120. Teraz Franci (SLO) 2h19'04" - 121. Dunez Igor (BLR) 2h19'20" - 122. Simankou Stanislaw (BLR) 2h24'26" - 123. Victoire Raymond (MRI) 2h39'13" - 124. Popov Mikhail (RUS) 2h40'26". * Par équipe 1. Italie - 2. France - 3. Autriche - 4. R.F. Allemagne - 5. Nouvelle-Zélande - 6. Ecosse - 7. Angleterre - 8. Etats-Unis - 9. Slovenie - 10. Russie - 11. Rép. Tchèque - 12. Pays de Galles - 13. Pays-Bas - 14. Irlande - 15. Hongrie - 16. Irlande du Nord - 17. Belgique - 18. San Marin - 19. Belarus. |
Extrait du Journal de l'Ile de la Réunion