GRADE D'APPRENTIF DES LOGES DE LYON
1772
(Bibliothèque de Lyon. Fonds Costes. ms 5937 (307)
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Lorsque le jour de réception d'un profane est arrivé et
que l'heure indiquée a sonné, le Vénérable
entre en Loge, précédé de ses deux Surveillants, qui
doivent examiner si personne ne s'est glissé et caché dans
la Loge. S'en étant bien assuré, ils disent au Maître
des Cérémonies de faire entrer tous les Frères en
commençant par les plus hauts grades. Lorsque toute la Loge est
assemblée, le Vénérable frappe un coup et dit :
« Mes Frères, aidez-moi à ouvrir la Loge. Frère
premier Surveillant, quel est le devoir des Surveillants ?»
Le premier Surveillant : « C'est de voir si la Loge est couverte
».
Le Vénérable : « Frère premier Surveillant,
assurez-vous de l'intérieur, tandis que le Frère deuxième
Surveillant s'assurera de l'extérieur de la Loge.»
Le premier Surveillant dit au deuxième Surveillant :
« Frère deuxième Surveillant, tandis que je vais
tuiler l'intérieur, ayez soin de tuiler l'extérieur de la
Loge, écartez-en les profanes.»
Le Frère deuxième Surveillant ayant mis la Loge à
couvert, frappe trois coups sur l'épaule du premier Surveillant
et lui dit :
« Frère premier Surveillant, la Loge est couverte à
l'extérieur.»
Le premier Surveillant dit :
« Vénérable, la Loge est parfaitement couverte,
tant en dehors qu'en dedans, nul profane ne peut voir ni entendre nos mystères,
nous pouvons commencer.»
Le Vénérable frappe trois coups et dit :
« A l'ordre, mes Frères.»
Le premier et le deuxième Surveillants répètent
et tous les Frères en apprentif.
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OUVERTURE DE LA LOGE
Le Vénérable : «Frère premier Surveillant,
que venez-vous faire ici ? »
Le premier Surveillant : «Vénérable, vaincre mes
passions, soumettre mes volontés et faire de nouveaux progrès
dans la Maçonnerie.»
Le Vénérable : «Etes-vous Maçon ? »
A. : «Mes Frères et compagnons me reconnaissent comme tel.»
D. : «A quoi connaîtrai-je que vous êtes Maçon
? »
A. : «Au signe, au mot et à l'attouchement.»
D. : «Qu'entendez-vous par signe ?»
A. : «Tout ce qui a rapport à mon obligation, ou bien toute
équerre, niveau ou perpendiculaire. »
D. : «Qu'entendez-vous par attouchement ?»
A. : «Certaines manières réglées et mystérieuses
prendre la main pour se reconnaître.»
D. : «Qu'entendez-vous par le mot ?»
A. : «Une parole consacrée et mystérieuse qui sert
à nous faire reconnaître.»
D. : «Donnez-moi le signe d'appr\ »
On le donne
D. : «Que signifie-t-il ?»
A. : «Il me rappelle mon obligation et la peine à laquelle
je me suis soumis qui est d'avoir la gorge coupée au cas que je
devienne parjure.»
D. : «Donnez l'attouchement au Frère le plus voisin de
colonne pour qu'il me parvienne par le midy. Le Frère deuxième
Surveillant fera de même de son côté pour qu'il me parvienne
par le septentrion.»
On le fait
Le Vénérable : «Quel est le mot d'app\ ?»
Le premier Surveillant : «Je vous le donnerai comme je l'ai reçu.»
On le donne
Le Vénérable : «Où se tient le Vénérable
en Loge ?»
Le premier Surveillant : «A l'Orient.»
Le Vénérable : «Pourquoi ?»
Le premier Surveillant : «Comme le soleil commence sa carrière
de ce côté, de même le Vénérable s'y tient
pour ouvrir la Loge, I'éclairer et mettre les ouvriers au travail.»
Le Vénérable : «A quelle heure s'ouvre la Loge d'appr\
? »
Le premier Surveillant : «A midi» (dans quelques Loges,
on dit à la première heure).
Le Vénérable : «Quelle heure est-il ?»
Le premier Surveillant : «Midi plein» (la 1ère d'un
jour très brillant).
Le Vénérable : «Pourquoi dites-vous cela ?»
Le premier Surveillant : «Parce que le grade d'apprentif est le
premier.»
Le Vénérable frappe en app. et dit : «Puisqu'il
est midi plein, Frères premier et deuxième Surveillants,
avertissez chacun sur votre colonne que la Loge d'app\ est ouverte. »
En disant cela, le Vénérable et tout l'Orient font le
signe d'app\
Le premier Surveillant interpelle les Frères qui sont sur sa
colonne, chacun par ses qualités et grades, et dit que la Loge d'app\
est ouverte. En disant cela, il fait le signe d'app\ et tout le midy le
fait en même temps que lui.
Le Vénérable Surveillant fait de même, ainsi que
la colonne du Septentrion.
Le Vénérable et tous les Frères ayant fait ensemble
la triple acclamation, s'écrient\\\ ...
FORMULE DE RECEPTION
Le Vénérable : «Mes Frères, nous sommes assemblés
pour procéder à la réception au grade d'apprentif,
de M. N. qui a été admis unanimement par le tenu de la dernière
assemblée de laquelle le Frère secrétaire va vous
lire le verbal.»
Le Frère secrétaire fait lecture dudit verbal.
Le Vénérable : «Mes Frères je vous prie de
réitérer votre consentement si vous persistez dans la même
intention. Si quelqu'un de vous a quelques raisons valables d'opposition,
qu'il les dise hardiment, nous sommes tous Maçons, par conséquent
discrets.»
Le Vénérable frappe un coup pour avertir les Frères
de donner leur consentement en étendant la main droite sur le tracé
de la Loge. Le consentement étant donné, le Vénérable
députe un Frère pour préparer le profane, avant que
le Frère Terrible sorte de la Loge.
Le Vénérable dit au Frère proposant : «Le
discernement que cette Loge a toujours connu en vous, et le zèle
que vous avez témoigné pour le service de l'art royal, nous
sont garantie que le sujet proposé vous est parfaitement connu,
et que vous nous répondez foi de Maçon des bonnes qualités
du récipiendaire. C'est sur votre témoignage qu'il va être
introduit, mais souvenez-vous que vous vous engagez formellement pour lui,
et que vous nous répondez personnellement de ce profane. N'oubliez
pas que vous vous engagez de plus à l'instruire de notre doctrine
et de nos mystères. Je vous déclare au nom de cette Loge
qu'il ne sera point admis à aucun autre grade, qu'il ne nous ait
donné des preuves de sa condition, de sa sagesse, de son zèle.
C'est à ces conditions m. c. f. que la Loge vous accepte pour répondant.
Allez donc avec le Frère Préparateur le mettre dans l'état
convenable à sa réception.»
Le Surveillant Proposant et le Frère Préparateur sortent
ensemble et vont auprès du récipiendaire dans la Chambre
des réflexions ; ils doivent l'aborder d'un air sérieux et
poli. Le proposant lui fait une exhortation et lui dit qu'il espère
n'avoir point à rougir de ce qu'il l'a proposé à la
Loge. Il lui demande la rétribution prescrite par les règlements
et le laisse entre les mains du Frère Préparateur. Il rentre
en Loge et remet au Frère Trésorier les droits de réception
de la part du Profane.
Le Surveillant Préparateur ayant fait quelques questions au récipiendaire,
relatives à la démarche qu'il fait de se présenter
pour être reçu, il doit lui présenter le danger des
épreuves auxquelles il va être soumis et l'importance des
obligations qu'il va contracter. Que la démarche qu'il fait est
de la plus grande conséquence ; une fois engagé, il ne pourra
plus s'en dédire, qu'il examine sérieusement ses dispositions,
ses forces et son courage ; il est encore libre de se retirer, s'il a le
moindre regret.
S'il le voit dans une ferme résolution, il lui dira d'un ton
ferme :
« Monsieur, êtes-vous déterminé à obéir
aveuglément et sans résistance, sur tout ce que je vais exiger
de vous ? »
Si le récipiendaire répond OUI, le Surveillant Préparateur
poursuit :
« Donnez-moi donc votre épée (s'il en a une), votre
argent, votre montre, votre tabatière si elle est en métal,
vos bagues, tous vos bijoux, vos boucles de souliers, de jarretière,
même ceinture de culotte enfin tout ce que vous avez sur vous de
métal sans oublier même les épingles. Cette précaution
est absolument nécessaire.
Il ajoute, après avoir fait tout cela :
«Ce n'est pas encore assez Monsieur, il faut ôter vos jarretières,
mettre votre soulier gauche en pantoufles, découvrir à nu
votre genouil droit, quitter votre habit et votre veste, sortir votre bras
gauche hors de la chemise, découvrir votre poitrine et votre mamelle
gauche, vous voilà actuellement dans l'état où vous
devez vous présenter. Voyez à présent, Monsieur, le
cas que nous faisons des parures et des ajustements profanes. En ouvrant
sur votre situation actuelle les yeux de l'âme, fermez ceux du corps,
vous allez en être privé pour quelque temps. Heureux si le
premier usage que vous en ferez est pour apercevoir la véritable
lumière. Le bandeau mystérieux dont je vais les couvrir,
va vous faire perdre de vue tous les objets qui ont jusqu'à présent
fixé vos regards profanes. Etes-vous dans la ferme résolution
de faire ce sacrifice à notre ordre ? Vous devez bien sentir que
toutes ces préparations nous rendent absolument maîtres de
vous. Vous êtes en notre pouvoir. c'est vous-même qui vous
y êtes livré de votre propre mouvement, nous sommes assez
généreux pour vous remettre en liberté si vous vous
repentez de cette démarche. Nous n'exigerons pas même le secret
de votre part sur ce qui s'est déjà passé. Ainsi,
consultez-vous et ne faites rien dont vous dussiez vous repentir.»
Si le récipiendaire persiste, on lui met le bandeau sur les yeux
en lui demandant sa parole d'honneur qu'il ne voit pas. En fait, le Frère
Préparateur, le laissant en cet état à sa réflexion,
rentre en Loge et vient rendre compte au Vénérable des dispositions
du récipiendaire en lui apportant tous ses métaux.
Le Vénérable ayant donné ordre au Frère
Préparateur d'aller chercher le profane, il va le prendre dans la
Chambre des Réflexions par la main droite, lui fait appuyer de la
gauche la pointe de l'épée sur la poitrine, en cet état
le conduit jusqu'à la porte de la Loge à laquelle il frappe
en Maçon. Le deuxième Surveillant en avertit le premier et
celui-ci le Vénérable qui dit de voir ce que c'est. Le Vénérable
Surveillant entrouvre et demande qui frappe ? Le Surveillant Préparateur
répond : « C'est un gentilhomme profane qui demande à
être reçu Maçon ». Le deuxième Surveillant
referme et rend cette réponse au Vénérable par le
premier Surveillant.
Le Vénérable dit :
«Demandez-lui son nom, son surnom, son pays, son âge, sa
profession et sa religion.»
Le Frère Préparateur rend réponse à toutes
ces questions.
Le Vénérable : «Demandez-lui encore s'il est dans
les dispositions d'être fidèle à la Religion, à
son Prince, à l'Etat, à l'Ordre du Maçon, d'aimer
et de secourir ses Frères »
On rend réponse
Le Vénérable : « Demandez au Frère Préparateur
si ce profane est en état décent et s'il est soumis à
toutes les épreuves que nous lui avons proposées.»
Le deuxième Surveillant lui ayant rendu réponse, le Vénérable
frappe en Maçon et dit : «Introduisez le profane en la manière
accoutumée.»
Le deuxième Surveillant ouvre la porte. Le Frère Préparateur
ayant introduit le récipiendaire entre les deux Surveillants, lui
dit : « C'est dans ce moment terrible M. , que vous devez vous armer
de courage, j'ai fait tout ce qui a dépendu de moi pour vous mettre
en état d'être reçu Maçon, c'est à vous
d'achever par votre fermeté et votre constance, la carrière
que vous avez commencée. Je vous abandonne à présent
pour ne vous plus revoir de ma vie, à moins que vous ne vous rendiez
digne de devenir mon Frère. Adieu, Frère Surveillant, je
vous remets ce profane, vous en répondez à présent
». Le Frère deuxième Surveillant lui met la main sur
l'épaule gauche et lui saisit le bras gauche, il dit alors :
«Frère premier Surveillant, le profane est entre nos mains.»
Le premier Surveillant met sa main gauche sur l'épaule droite
du récipiendaire et lui saisit le bras droit. Il dit alors :
«Vénérable, le profane est entre nos mains, nous
sommes Maîtres de lui.»
Le Vénérable ayant frappé en Maçon, tous
les Frères se lèvent et se tiennent debout sans remuer, cracher
ni moucher. Alors, le Vénérable, s'adressant au récipiendaire,
lui dit d'un ton ferme et imposant :
«M. N. N., que pensez-vous faire ici ?»
«N'est-ce point la fin de curiosité qui vous amène
ici, parlez vrai ?»
«Quel autre motif a pu vous déterminer, vous qui n'avez
aucune idée de nos mystères ?»
«Vous sentez-vous assez de force et de courage pour supporter
les épreuves par lesquelles il vous faudra nécessairement
passer, quelque violente qu'elles puissent être ?»
«Etes-vous dans la disposition sincère d'aimer vos Frères,
de les secourir dans leur besoin, les aider de vos lumières et de
vos conseils, de votre bourse même, autant que vos moyens vous le
permettront et de risquer votre vie pour secourir un de vos Frères
en danger de perdre la sienne ?»
«Pouvez-vous, sans indiscrétion et sans nommer personne,
ni la donner à connaître, nous confier en nous racontant quelque
trait de bienfaisance de votre part ? Vous ne devez pas comprendre sous
ce titre l'aumône faite à un pauvre, dont l'importunité
a été peut-être l'unique cause, il nous faut des faits
réels et que vous puissiez accorder avec la discrétion d'un
galant homme.»
Si le récipiendaire a cité quelque action bienfaisante
de sa part, le Vénérable lui dira :
«Nous n'attendions par moins, Monsieur, de votre grandeur d'âme
et de la noblesse des sentiments qui vous ont ouvert ce Temple de la bénéficience
; ce que vous venez de nous dire est d'un augure très flatteur pour
notre Loge, voilà Monsieur, des actions qui nous assurent des qualités
de nos candidats. Après une action d'humanité aussi belle,
nous ne devons plus avoir de méfiance à votre égard,
nos craintes commencent déjà à s'évanouir.
Les épreuves qui vous restent à subir vont pour jamais nous
attacher à vous par des liens indissolubles. Mais, avant d'aller
plus loin, je dois vous assurer que la fausseté des imputations
que des ennemis jaloux nous font chaque jour, les foudres du Vatican injustement
lancées contre nos temples, en ont respecté les murs : une
fausse prévention ayant fait élever des orages contre nous,
la sagesse du Maçon les a dissipés, notre conduite et nos
œuvres nous ont fait connaître. Etre fidèle à la Religion,
à son Prince, à l'Etat, aimer ses Frères, les aider
dans leurs besoins, étendre nos vues de bienfaisance jusque sur
le profane, fuir et détester le vice, plaindre les vicieux sans
les haïr, voilà en abrégé Monsieur quels sont
nos devoirs, nos lois, notre morale, si dans la suite vous apercevez le
contraire de ce que je vous dis vous pouvez vous devez même le révéler,
le publier : ainsi, n'ayez aucun regret de vous engager dans un Ordre respectable,
cet honneur et cette faveur insigne sont recherchés tous les jours
par des princes, des nobles et des roturiers. Ils se font gloire de se
donner le doux nom de Frère. Selon ce que vous venez d'entendre,
quelles sont vos dispositions ? Parlez librement, nous ne demandons que
des sujets sincères et vrais. Qu'une fausse honte de vous désister
de votre entreprise, ne vous engage pas à faire une démarche
qui put vous causer un repentir. Vous êtes libre de profiter de ce
moment de liberté qui vous reste, elle va expirer et il ne nous
sera plus possible de vous la rendre ; voulez-vous vous retirer, partir
? »
On laisse le profane à ses réflexions pendant un moment,
après lequel, s'il persiste, le Vénérable ordonne
au Frère deuxième Surveillant de le faire voyager.
Le deuxième Surveillant prend alors le récipiendaire et
le fait voyager trois fois autour de la Loge, en commençant par
le Septentrion et finissant par le Midi. Après chaque tour, les
Frères secouent leur tablier. Le récipiendaire ayant fini
ses voyages, le Vénérable Surveillant dit : « Frère
premier Surveillant, je vous remets le profane, commencez vos fonctions,
les miennes sont finies.»
Le Vénérable dit alors au premier Surveillant de reconduire
le profane à l'Orient. Le récipiendaire étant alors
au pied du trône, le Vénérable lui dit : « Monsieur,
les épreuves que vous avez subies sont légères en
comparaison de celles que vous avez à essuyer, je vous en avertis
afin que vous puissiez agir en pleine liberté ; persistez-vous avec
le même courage que vous avez témoigné jusqu'à
présent ? »
Après la réponse du candidat, on le fait asseoir sur un
tabouret et le Vénérable lui adresse le discours suivant
:
« Monsieur, I'empressement que vous avez montré pour entrer
dans le très ancien, très respectable et illustre Ordre des
Frères Maçons et le témoignage authentique que notre
cher Frère, votre proposant, nous a rendu de vos qualités,
nous font un présage heureux que vous possédez les vertus
nécessaires pour parvenir au Temple de la Vérité.
Mais, avant de vous dévoiler nos mystères sacrés,
il faut qu'au nom de cette respectable société, dont j'ai
l'avantage d'être le chef, j'entre avec vous dans le détail
des qualités qui doivent caractériser un vrai Maçon.
Sans chercher à combattre les préjugés répandus
contre notre Ordre, préjugés dont la fausseté se démontre
au premier examen, je vais m'attacher uniquement à vous rappeler
les dispositions que nous exigeons de vous et les règles auxquelles
il faudra nécessairement vous soumettre pour arriver à la
perfection dont il est le but. Tous les législateurs politiques
n'ont pu former des établissements durables ; quelque sages qu'aient
été leurs lois, elles n'ont pu s'étendre dans tous
les pays et dans tous les siècles. Comme elles avaient dans chaque
Etat des vues particulières, elles n'ont pu devenir universelles,
ni convenir au goût et au génie de chaque nation. L'amour
de la patrie mal entendu et la diversité des intérêts,
détruisant bientôt chez les uns et les autres, l'amour de
l'humanité. Dès lors, le monde entier, qui dans sa primitive
institution ne devait former qu'une république universelle, dont
chaque nation était une famille et chaque particulier un enfant,
vit la discorde, la haine, la jalousie, l'orgueil, le vil intérêt
lui déchirer le flanc ; tous les membres épars de ce grand
corps sanguinolent et se détruisant bientôt par eux-mêmes.
Ce fut pour faire revivre et répandre ces anciennes maximes, prises
dans la nature même de l'homme, que notre Ordre fut établi.
Voulant par là, réunir tous les hommes d'un esprit éclairé
et d'une humeur douce et agréable, non seulement par l'amour des
beaux arts, mais encore plus par les principes de la vertu la plus éprouvée.
Telle a été Monsieur, l'intention de nos ancêtres,
quelle obligation n'avons-nous pas à ces hommes supérieurs,
qui uniquement guidés par le désir d'un bien général,
ont imaginé un établissement dont le seul but est la réunion
des esprits et des œuvres cimentée par les liens de la plus solide
vertu ? La saine morale est l'étude la plus essentielle de notre
société. Les beaux arts et la contemplation de la nature
viennent ensuite nous distraire agréablement en élevant notre
esprit vers le Créateur. Si les Ordres religieux furent établis
pour rendre les hommes plus parfaits, les Ordres militaires pour inspirer
l'amour de la gloire ; l'Ordre des Francs-Maçons fut institué
pour former des hommes aimables, de bons citoyens et de bons sujets, inviolables
dans leurs promesses, fidèles observateurs des lois de l'amitié
et plus amateurs de la vertu, que des récompenses qui lui sont dues.
Nous bannissons de nos Loges toutes disputes pouvant altérer la
tranquillité de l'esprit, la douceur des mœurs et les sentiments
d'amitié que nous devons à nos Frères. C'est là
qu'uniquement occupés du soin de nous instruire, nous pratiquons
le bien et démasquons le vice. C'est là que l'orgueil est
forcé de plier et qu'une aimable égalité est substituée
aux vains titres de grandeur et de noblesse. C'est là enfin, que
la Charité, la mère et le principe des autres vertus, y brille
dans tout son éclat et embellit un Ordre dont elle est le soutien
et le fondement. Loin de rien entreprendre contre les intérêts
de la Religion, du Prince et de l'Etat, nos vœux les plus sincères
ne tendent qu'à la gloire du suprême architecte de l'univers,
qu'à la prospérité du souverain qui nous gouverne
et à la splendeur de l'Etat dans lequel nous vivons. Mais un profond
silence sur des matières si respectables nous est expressément
ordonné, sous peine d'exclusion irrévocable. Enfin, les dernières
qualités que nous exigeons encore de vous, sont une discrétion
à toute épreuve sur tous les secrets qui vous ont été
révélés, une volonté ferme et constante d'aimer
vos Frères, de les protéger, de les secourir dans leurs besoins,
de les éclairer de vos lumières, de les édifier par
vos bons exemples, de sacrifier tout ressentiment personnel, et de rechercher
en un mot, tout ce qui peut contribuer à la paix, à la concorde
et à l'union de la Société. Je ne sais Monsieur, si
j'aurai réussi dans le plan que je viens de vous offrir des obligations
que vous allez contracter, mon dessein a été de vous frayer
la voie que vous devez suivre, j'espère que l'ardeur que vous témoignez
suppléera à tout ce qui me reste à vous dire. Puisse
le Grand Architecte de l'Univers, nous accorder toute la satisfaction que
nous nous promettons, et que votre initiation s'accomplisse pour la plus
grande gloire, la prospérité de l'Ordre et votre avancement
dans la perfection. Selon ce que je viens de vous dire, Monsieur, êtes-vous
résolu de prononcer avec toute la liberté d'esprit, l'engagement
et l'obligation que je vais vous dicter ? Etes-vous dans la ferme résolution
et la signer et sceller de votre sang ? En ce cas-là, Monsieur,
mettez-vous à genoux, pour venir vous-même, découvrez
la place de votre cœur, à nu ; la pointe de ce compas doit reposer
dessus, tandis que vous prononcerez le serment redoutable qui va vous ouvrir
la porte de notre Temple. Levez la main droite vers le trône de l'Etre
Suprême qui vous voit et vous entend, répétez avec
moi.»
A l'instant où le profane va prononcer son engagement, le Vénérable
frappe le coup de silence, tous les Frères s'approchent en tournant
sur lui la pointe de leurs épées. Le premier Surveillant
dit alors brusquement au récipiendaire :
«Arrête, téméraire ! Tu vas prononcer l'arrêt
de mort. Tremble dans ce moment redoutable. Si ton cœur n'est pas d'accord
avec ta bouche, retire-toi.»
Le Vénérable lui fait répéter mot à
mot la formule suivante :
FORMULE
«Oui ! grand Dieu, je promets d'être fidèle à
ta sainte religion, à mon souverain et à ma patrie, d'aimer
et de secourir mes Frères dans leurs besoins, autant que mes facultés
et la providence me le permettront. Je promets un attachement et une fidélité
inviolables à l'Ordre respectable du Franc-Maçon. Je promets,
en homme d'honneur, de garder très étroitement le secret
sur les mystères qui me seront confiés, étant résolu
fermement, de perdre plutôt la vie que de révéler à
un profane, rien de ce qui a rapport à la Maçonnerie. Plutôt
que de manquer à ma parole, je préférerai avoir la
gorge coupée, mon corps brûlé et mes cendres jetées
au vent. Que le Grand Architecte de l'Univers soit à mon aide et
me préserve d'oublier mes engagements.»
Le Vénérable dit ensuite :
«Vous voilà maintenant engagé d'une manière
irrévocable, il n'est plus en votre pouvoir de vous rétracter,
vous nous appartenez bien légitimement, puisque vous vous êtes
donné volontairement à nous. Je compte qu'en répétant
avec moi, vous avez senti la force et l'étendue des obligations
que vous contractiez et que vous êtes bien dans l'intention de les
exécuter. Voyons à présent si votre sang est aussi
pris que votre volonté.»
En donnant trois coups de maillet sur la tête du compas qui repose
sur son cœur, il lui dit :
«Par le pouvoir dont cette respectable Loge m'a revêtu,
je vous reçois Maçon. Levez-vous. Le titre de Frère
va désormais vous appartenir et je vais proclamer votre admission
aux quatre parties de ce Temple.»
«Frères premier et deuxième Surveillants, Vénérables
passés Maîtres, Vénérable en exercice, Off.
Dign\ M en F\ G\ qui composez cette R\ L\ reconnaissez le F\ N pour apprentif
Maçon et applaudissons à son admission.»
On fait la triple acclamation.
«Frère premier Surveillant, reconduisez le Frère
à l'Occident et mettez-le en état de voir la Lumière.»
Le premier Frère l'emmène à l'Occident, lui ôte
les bandeaux et ne les laisse tomber que lorsque le Vénérable
a frappé le troisième coup du signal, à l'instant
deux Frères placés aux deux côtés du récipiendaire
jettent sur une bougie allumée une pincée de poix résinée,
pour faire une grande flamme au moment où il voit le jour. Lorsque
le bandeau est levé, le premier Surveillant dit au Vénérable
: «Tout est prêt». Les Frères ont eu soin de tourner
la pointe de leurs épées contre le récipiendaire et
le Vénérable dit : «Mon Frère, ces épées
dont vous voyez la pointe dirigée contre votre cœur, vous annoncent
le châtiment qui vous serait réservé si jamais vous
deveniez indiscret, de même qu'elles vous assurent du secours que
vous devez attendre de vos Frères, si vous étiez dans le
cas d'en avoir besoin.»
Le Vénérable frappe ou remet les épées :
le Patron du récipiendaire vient l'embrasser et le conduit hors
de la Loge pour le faire habiller. Il le conduit ensuite entre les deux
Surveillants, lesquels avertissent le Vénérable que le récipiendaire
demande à être revêtu en Maçon. Le Vénérable
ordonne à son Frère premier Surveillant de faire monter les
trois marches d'escalier et de faire avancer le récipiendaire par
trois pas d'app\. Le récipiendaire étant en face du Vénérable,
le Vénérable dit :
« M\ C\ F\ vous entrez dans un nouveau monde, bien différent
de celui dont vous sortez. Il faut vous dépouiller de toutes les
passions qui pourraient affaiblir les heureuses dispositions que nous avons
remarquées en vous, décoré des ornements maçonniques
dont nous allons vous revêtir. Faites-nous connaître de plus
en plus votre zèle et votre attachement à vos devoirs, que
vous êtes digne de la faveur signalée que nous allons vous
faire, et justifier notre choix par votre exactitude à les remplir.
Je vais commencer à vous dévoiler nos mystères, mais
ne croyez pas parvenir tout d'un coup dans le sanctuaire de la vérité.
Un voile épais vous la cachera encore longtemps (ou pendant quelque
temps), ce n'est que dans le dernier des hauts grades, que vous la verrez
toute nue ; nous allons seulement vous confier quelques objets de la Maçonnerie
qu'on appelle allégorique, méritez par votre conduite que
nos emblèmes vous soient expliqués.»
HISTOIRE DU GRADE
«Quoique notre Ordre soit fort ancien, pour des raisons que vous
saurez ensuite, nos ancêtres ont jugé à propos de fixer
la première époque de la Maçonnerie à la construction
du Temple, sous le règne de Salomon. Comme cet édifice était
considérable, il était nécessaire d'établir
un Ordre pour faire exécuter sans confusion tous les différents
ouvrages. Le sage roi établit donc différentes classes d'ouvriers
à qui il confia les différents travaux. La première
classe était celle des apprentifs. Leur devoir était d'aider
les compagnons et de dégrossir les pierres brutes, enfin on les
chargea des ouvrages plus aisés, comme de porter les matériaux
dont on pouvait avoir besoin. On leur donna un tablier, qui est la marque
de tout Maçon, un signe, un attouchement et un mot pour se faire
reconnaître, car sans cette précaution, il aurait été
impossible de les distinguer des autres pour payer chaque fois le salaire
convenu.
«Il fut assigné à chaque classe un lieu où
ce payement devait leur être fait. Les apprentifs se rendirent auprès
d'une colonne nommée JAKIN, qui était à gauche du
parvis du Temple. Là, après avoir donné le signe,
le mot et l'attouchement convenus, ils recevaient leurs salaires. Ce sont
ces mêmes signes, attouchement et mot qui sont parvenus jusqu'à
nous sous le secret le plus inviolable et que je vais vous communiquer.»
Le Vénérable la lui donne
« Je vous revêts de ce tablier, plus noble et plus ancien
que le cordon de la Toison d'Or et que vous devrez toujours, porter en
Loge. Sa blancheur vous dénote la conduite d'un vrai Maçon.
Je vous donne aussi ces gants, symbole de la pureté des mœurs d'un
Maçon dont les mains ne doivent jamais se prêter à
aucune action malhonnête. Quoique dans nos Loges nous n'admettions
pas de femmes, cependant le cœur d'un Maçon est sujet à des
faiblesses attachées à notre nature. Il peut aimer, il doit
estimer le beau sexe. Je vous remets donc ce gant de femme, M\ F\ R\ à
condition que vous ne le donniez qu'à une personne estimable par
ses mœurs et en qui vous aurez remarqué des qualités dignes
de fixer le cœur d'un galant homme. Etant assuré à présent
de la générosité de votre âme, je n'hésite
plus à vous rendre vos métaux et vos bijoux, persuadé
de la disposition où vous êtes à les sacrifier au soulagement
de vos Frères dans le besoin.
«Je vous félicite (en l'embrassant) à présent
M\ C\ F\ du bonheur que vous avez d'être Maçon. C'est un avantage
bien grand pour vous et vous le reconnaîtrez un jour. Allez vous
faire connaître à vos Frères.»
Le Surveillant des Cérémonies conduit le récipiendaire
à tous les Surveillants de la Loge auxquels il donne le signe, le
mot et l'attouchement. Il revient ensuite le dire au Vénérable
qui lui dit : « Il me reste à vous donner le mot de passe
pour entrer dans nos Loges : allez vous placer M\ C\ F\ pour entendre l'instruction
que va vous donner le C\ F\ orateur, au nom de la Loge».
DISCOURS DE L'ORATEUR
Le discours fini, on ramène le récipiendaire entre les
Surveillants pour lui expliquer le tableau, ensuite le Vénérable
ordonne au Frère premier Surveillant de le faire travailler sur
la pierre brute. Il le fait en apprentif, après quoi on applaudit
au travail du N\ Récipiendaire.
Le Vénérable ordonne ensuite au Frère Surveillant
de faire la lecture des règlements que le N\ doit signer.
S'il n'y a plus de travail à faire, on ferme la Loge de la manière
suivante, cependant le Vénérable invite auparavant le récipiendaire
à signaler son entrée dans l'Ordre, par quelque aumône
en faveur des pauvres ; le récipiendaire ayant donné l'exemple,
on fait courir le tronc des pauvres.
FIN DU GRADE
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INSTRUCTION
Le Vénérable D. : «Etes-vous Maçon ?»
Le 1er Surveillant : « Mes Frères et compagnons me reconnaissent
pour tel.»
D. : «Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir Maçon
?»
N. : «Parce que j'étais dans les ténèbres
et que j'ai voulu voir la lumière.»
D. : «Qui vous a engagé à vous faire recevoir Maçon
?»
N. : «Mon propre désir et ma sincère volonté.»
D. : «Que vous en a-t-il coûté ?»
N. : «La Lumière et mes métaux.»
D. : «A quoi connaîtrai-je que vous êtes Maçon
?»
N. : «Au signe, au mot et à l'attouchement.»
D. : «Donnez-moi le signe ; on le donne »
D. : «Que signifie-t-il ?»
N. : «Il me rappelle mon obligation par laquelle j'ai consenti
à avoir la gorge coupée, si je deviens parjure à mes
engagements.»
D. : «Donnez-moi l'attouchement.»
N. : «On le donne au Vénérable Surveillant.»
D. : «Donnez-moi le mot.»
N. : «Je vous le donnerai comme je l'ai reçu» (on
l'épelle).
D. : «Que veut dire ce mot ?»
N. : «Le Seigneur est mon espérance.»
D. : «D'où vient ce mot ?»
N. : «D'une colonne qui était à la gauche du parvis
du Temple auprès de laquelle les Apprentifs allaient recevoir leur
salaire.»
D. : « Quel est le mot de passe d'Apprentif ?»
N. : « TUBALCAIN.»
D. : «Que veut dire ce mot ?»
N. : «C'est le nom du premier ouvrier dont il soit fait parler
dans l'écriture.»
D. : «Qu'entendez-vous par signe ?»
N. : «Tout équerre, niveau ou perpendiculaire.»
D. : «Qu'entendez-vous par attouchement ?»
N. : «J'entends la façon de se prendre la main pour se
reconnaître entre Frères.»
D. : «Qu'entendez-vous par parole ?»
N. : «Un mot sacré et mystérieux qui sert à
me faire reconnaître pour Apprentif.»
D. : «Quel est le point parfait de votre entrée ?»
N. : C'est la manière de se camper et de marcher en Maçon.»
D. : «Qui vous a introduit en Loge ? »
N. : «Un gentilhomme de mes amis, que j'ai ensuite reconnu pour
Maçon.»
D. : «Comment avez-vous été annoncé en Loge
?»
N. : «Par trois grands coups.»
D. : «Que signifient-ils ?»
N. : «Trois passages de l'Ecriture Sainte : Demandez et vous recevrez
; Cherchez et vous trouverez ; Frappez et on vous ouvrira.»
D. : «Que vous ont produit ces trois coups ?»
N. : «Le deuxième Surveillant qui m'a fait voyager 3 fois
d'Occident en Orient par le Septentrion et 3 fois d'Orient en Occident
par le Midy.»
D. : «Quand êtes-vous entré en Loge, qu'avez-vous
vu ?»
N. : «Rien que l'esprit humain puisse comprendre.»
D. : «Pourquoi ?»
N. : «Parce que j'étais privé de la véritable
Lumière.»
D. : «Comment étiez-vous habillé, quand on vous
a introduit en Loge ?»
N. : «J'étais nu, ni vêtu, ni chaussé, ni
déchaussé mais cependant d'une manière décente
et séparé de tous métaux.»
D. : «Pourquoi étiez-vous séparé de tous
métaux ?»
N. : «Parce que dans le temps où l'on construisit le Temple
de Salomon, tous les matériaux étaient taillés et
prêts à être mis en œuvre, de sorte que l'on n'entendit
frapper aucun coup de marteau.»
D. : «Pourquoi dans ce voyage mystérieux, vous faisait-on
lever le pied et baisser la tête ? »
N. : «Parce que lors de la construction, il fallait lever le pied
pour passer sur les matériaux et baisser la tête pour passer
sous les échafauds.»
D. : «Qu'avez-vous fait après vos voyages ?»
N. : «J'ai contracté une obligation à laquelle je
serai fidèle même au péril de ma vie.»
D. : «Où vous a-t-on conduit après cette obligation
?»
N. : «Aux extrémités des ouvrages pour voir la Lumière.»
D. : «Quand on vous a donné la Lumière, qu'avez-vous
vu ?»
N. : «Trois grandes Lumières le soleil, la lune et l'étoile
flamboyante ou le Vénérable »
D. : «Expliquez-moi cela ?»
N. : «Comme le soleil éclaire pendant le jour et la lune
pendant la nuit, de même l'étoile flamboyante ou le Vénérable,
préside à la Loge pour l'éclairer de ses sages conseils
et de ses lumières.»
D. : «Comment êtes-vous parvenu au Temple ?»
N. : «Par un escalier à 3 marches et par 3 pas en équerre,
à la manière des Maçons.»
D. : «Que signifient ces 3 marches et ces 3 pas ?»
N. : «Les 3 voyages mystérieux, ou l'épreuve que
l'on m'a fait subir.»
D. : «Comment voyagent les Apprentifs ?»
N. : «D'Occident en Orient pour chercher la Lumière.»
D. : «Comment vous appelez-vous ?»
N. : «HORUS, qui veut dire silence.»
D. : «Quel âge avez-vous ?»
N. : «Trois ans et plus.»
D. : «Qu'est-ce que cela veut dire ?»
N. : «Les années d'épreuve que l'on exigeait jadis
avant d'être reçu Maçon.»
D. : «Dans quelle Loge avez-vous été reçu
?»
N. : «Dans une Loge juste et parfaite.»
D. : «Qu'appelez-vous une Loge juste et parfaite ?»
N. : «Trois la forment - Cinq la composent - Sept la rendent juste
et parfaite.»
D. : « Comment appelez-vous votre Loge ?»
N. : «La Loge Saint-Jean.»
D. : «Ou est-elle située ?»
N. : «Dans un lieu saint et sacré, tel que la Vallée
de Josaphat.»
D. : «Sur quoi est-elle fondée ?»
N. : «Sur trois grandes colonnes : SAGESSE, FORCE et BEAUTE ;
sagesse pour entreprendre, force pour exécuter, beauté pour
orner.»
D. : «Quelle est la forme de votre Loge ?»
N. : «La même que celle d'un globe.»
D. : «Quelle est sa longueur ?»
N. : «De l'Orient à l'Occident.»
D. : «Quelle est sa largeur ?»
N. : «Du Septentrion au Midi.»
D. : «Quelle est sa profondeur ?»
N. : «Depuis la surface jusqu'au centre.»
D. : «Sa hauteur ?»
N. : «Un espace immense.»
D. : «Qu'entendez-vous par là ?»
N. : «Que le globe terrestre renferme tous les Maçons,
lesquels ne composent qu'une seule et même Loge.»
D. : «Où se tient le Vénérable en Loge ?»
N. : «A l'Orient.»
D. : «Pourquoi ?»
N. : «Comme le soleil ouvre sa carrière de ce côté,
de même le Vénérable s'y tient pour ouvrir la Loge,
mettre les ouvriers en œuvre et les éclairer de sa Lumière.»
D. : «Où se tiennent les Frères Surveillants ?»
N. : «A l'Occident.»
D. : «Pourquoi ?»
N. : «Comme le soleil termine sa carrière de ce côté,
de même les Surveillants s'y tiennent pour fermer la Loge, payer
les ouvriers et les envoyer contents.»
D. : «Où se tiennent les Apprentifs ?»
N. : «Au Septentrion.»
D. : «Pourquoi ?»
N. : «Afin que de ce côté obscur ils puissent considérer
les travaux des compagnons.»
D. : «Avez-vous reçu des gages ?»
N. : «Oui, Vénérable.»
D. : «Où les avez-vous reçus ?»
N. : «A la colonne J.»
D. : «A quelle heure se ferme la Loge ?»
N. : «A minuit.»
D. : «Quelle heure est-il ?»
N. : «Minuit plein.»
Le Vénérable frappe trois coups et dit : «Puisque
la Loge se ferme à minuit, et qu'il est minuit plein, Frères
premier et deuxième Surveillants, avertissez chacun sur votre colonne
que la Loge d'Apprentif est fermée » , en disant cela, le
Vénérable et tout l'Orient font le signe d'apprentif.
Le premier Surveillant frappe et annonce que la Loge est fermée.
Il fait le signe, de même que la colonne du midy.
On fait la triple acclamation.
Le deuxième Surveillant fait de même avec le Septentrion.
---------Rituel publié par A. Ladret in "Le grand siècle
de la Franc-Maçonnerie " 1976 p113----------