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GUIDE
DES MAÇONS ÉCOSSAIS.
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Maître
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INTRODUCTION
ESSENTIELLE
La chambre de réflexion doit être lugubre.
Il y aura sur les murailles des maximes analogues à la réception,
dont les plus petites particularités doivent être imposantes.
Le frère préparateur doit être très-instruit
de ses devoirs vis-à-vis du récipiendaire; il doit lui préparer
l'esprit et l'imagination par des discours sages et moraux, relatifs à
l'importance du grade qu'il sollicite.
Le préparateur doit s'emparer du chapeau et de l'épée
de l'aspirant, et les faire remettre par le F.·. maître des
cérémonies au vénérable, qui prend le nom de
respectable-maître dans ce grade.
Le frère architecte doit avoir soin de faire trouver à
l'autel de chaque surv.·. un rouleau de gros papier de 18 pouces
de longueur sur 9 de circonférence.
Cette chambre ne doit être éclairée qu'avec
une bougie jaune, et très-grosse.
Un squelette parlant est de circonstance particulière,
lorsqu'une loge est assez riche pour se le procurer.
Cette pièce doit encore contenir des décombres,
des outils et ustensiles brisés.
La bonne contenance du frère préparateur ne contribue
pas peu à rendre toute cette cérémonie plus imposante.
On ne saurait trop le lui recommander.
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La loge doit être tendue en noir, parsemée de têtes
de morts en blanc, avec des os en sautoir, et un sablier.
Des larmes en argent doivent être placées par 3,
5 et 7.
Neuf étoiles par trois à chaque lumière,
éclairent la loge.
HABILLEMENT.
Tous les maîtres doivent, autant que possible, être en noir,
chapeau rabattu, avec un long crêpe; des gants blancs, le tablier
du grade et le cordon bleu.
La véritable tenue est d'avoir des tuniques noires en forme
de domino, chapeau à la Henri IV, et une plume blanche.
Le vén.·. doit, en plus, avoir des pleureuses et
un manteau long.
TITRE EN LOGE DE MAITRES.
Le vénérable s'appelle Très-Respectable.
Les surveillans, Très-Vénérables.
Les maîtres maçons, Vénérables.
Il faut de la sévérité dans cette nomenclature.
DISPOSITION DE LA CHAMBRE DU MILIEU.
Il faut une bière au milieu de la loge, recouverte d'un
drap mortuaire parsemé de têtes de mots, d'ossemens en sautoir,
et de larmes.
On forme autour de cette bière une séparation avec
des panneaux de tenture, pour représenter la chambre du milieu.
À un coin de cette chambre, du côté de l'ouest,
dans son occident, se place une branche d'acacia sur un petit tertre.
À la tête de la bière, on met une équerre.
Au pied de ladite bière, on met un compas.
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GUIDE
DES MAÇONS ÉCOSSAIS.
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Maître
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OUVERTURE.
Le T.·. respectable frappe un coup de maillet, qui est répété
par les vén.·. frères surveillans.
T.·. R.·. - V.·. F.·. premier surveillant,
quel est le devoir d'un premier surv.·. avant d'ouvrir la loge de
maître?
R. C'est de s'assurer si le temple est couvert, intérieurement
et extérieurement.
T.·. R.·. - Faites-vous-en assurer, très-vén.·.
frères.
Le très-vén.·. premier surv.·. envoie
son diacre, qui, à son retour, l'assure que le temple est bien couvert;
ensuite il dit:
Ier S.·. - Très-resp.·., la loge de maître
est ouverte.
T.·. R.·. - Quel est votre second devoir, T.·.
V.·. premier surv.·.?
R. C'est de s'assurer si tous les membres présens sont maîtres.
T.·. R.·. - Vén.·. frères premier
et second surv.·., transportez-vous sur vos colonnes, et assurez-vous
si tous les frères ici présens sont maîtres.
Alors le T.·. resp.·. se tourne, et fait face à
l'O.·.; tous les frères
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en font autant sur les colonnes, de manière que personne ne puisse
voir ce qui se passe à l'occident.
Ensuite les surveillans s'approchent du dernier frère,
le premier le plus près de leur autel respectif; ils le reconnaissent,
et ainsi de suite jusqu'au premier, de manière que tous les frères
présens soient reconnus par les mots, signes et attouchemens du
grade.
Tous le frères dignitaires portant le cordon d'officier
de la loge, ne sont pas tuilés.
Cela terminé, le second surveillant en rend compte au premier,
celui-ci au très-respectable, en disant:
Ier S.·. - Très-respectable, tous les frères ici
présens sont maîtres.
T.·. R.·. - Vén.·. frère second diacre,
où est votre place en loge de maître?
R. Derrière ou à la droite du premier surveillant, s'il
veut bien le permettre.
D. Pourquoi, vén.·. frère?
R. Pour porter les ordres du premier surv.·. au second, et veiller
à ce que les frères se tiennent décemment sur les
colonnes.
D. Où est la place du premier diacre?
R. À la droite du très-resp.·.
D. Pourquoi, vén.·. F.·. premier diacre?
R. Pour porter les ordres du T.·. resp.·. au V.·.
F.·. premier surv.·., et à tous les frères
de la loge, afin que les travaux soient plus promptement exécutés.
D. Où se place le vén.·. frère second surveillant?
R. Au sud, très-respectable.
D. Pourquoi, très-vén.·. frère second surv.·.?
R. Pour mieux observer le soleil à son méridien, rappeler
les ouvriers du travail à la récréation, et de la
récréation au travail, afin que le très-respectable
maître en tire honneur et gloire.
D. Où est la place du vén.·. frère premier
surv.·.?
R. À l'ouest, très-respectable.
D. Pourquoi, vén.·. frère premier surv.·.?
R. Comme le soleil se couche à l'ouest pour fermer le jour, de
même le premier surv.·. s'y tient pour fermer la loge, payer
les ouvriers et les renvoyer contens et satisfaits.
D. Où se tient le très-respectable?
R. À l'est, très-respectable.
Le très-respectable frappe trois coups égaux, qui
sont répétés par les surveillans.
Le T.·. R.·. se tourne du côté du premier
diacre, lui donne le mot de maître, la tête découverte,
et se recouvrant après. Le premier diacre va le rendre au premier
surv.·., qui, après l'avoir reçu, l'envoie, par le
second diacre, au second surv.·.
Les diacres doivent toujours mettre beaucoup de dignité
dans leurs fonctions.
Lorsque les mots et signes lui sont parvenus, le second surv.·.
frappe un coup de maillet, et dit:
IIe S.·. - Tout est juste et parfait, très-respectable.
Alors le T.·. R.·. se découvre, et tous les
frères ensuite.
T.·. R.·. - Vénérables maîtres, mes
frères, au nom de Dieu et de Saint-Jean d'Écosse, la loge
de maître maçon est ouverte; il n'est plus permis à
aucun frère de passer d'une colonne à l'autre sans en avoir
obtenu la permission de son V.·. surveillant. = À moi, mes
frères.
Il fait les signes d'apprenti, de compagnon et de maître,
y compris celui d'horreur. Ces signes sont répétés
par tous les membres.
Après quoi, il dit:
T.·. R.·. - Vén.·. frères premier
et second surv.·., annoncez sur vos colonnes respectives que les
travaux de la chambre du milieu sont ouverts.
Toutes les formalités usitées dans les deux premiers
grades sont également observées pour la lecture de la planche,
pour l'entrée des visiteurs, et pour la ratification du consentement
des maîtres en faveur du compagnon.
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RECEPTION.
La réception étant approuvée par le suffrage unanime
des frères, on fait coucher le dernier maître reçu
dans le cercueil, les pieds à l'est, les talons en équerre,
la main droite sur le coeur, la gauche étendue le long du corps,
et un drap mortuaire (linceuil) doit être mis pour le couvrir depuis
les pieds jusqu'à la ceinture vers le tablier.
On relève son tablier jusqu'au-dessus de la lèvre
inférieure, et on lui couvre le surplus de la face avec du linge
blanc teint de sang.
Tout étant déposé, on étaient toutes
les lumières, et l'on n'en conserve qu'une seule dans une grande
lanterne.
Cette bougie allumée doit être de cire jaune, et
placée sur l'autel du très-respectable. Le T.·. respectable
dit:
T.·. R.·. - Vénérable frère maître
des cérémonies, allez préparer le candidat.
PREPARATION DU CANDIDAT.
Le candidat doit être sans souliers, les bras et le sein
gauche nuds, sans métaux. Il doit avoir une petite équerre
au bras droit, une corde à la ceinture, faisant trois tours, un
tablier de compagnon et les cheveux épars.
Le maître des cérémonies frappe à la
porte du temple en compagnon, tenant toujours le candidat par la main.
Le vén.·. frère grand-expert se transporte
sur-le-champ, pour reconnaître qui frappe, ainsi qu'il doit le faire
pour tous ceux qui se présentent après l'ouverture des travaux.
La reconnaissance faite, le premier surveillant dit:
Ier S.·. - T.·. R.·., le maître des cérémonies
présente à la R.·. loge un compagnon qui a fait son
temps, et qui demande l'initiation à la maîtrise. (On entr'ouvre
la porte.)
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T.·. R.·. - (D'une voix forte.) Pourquoi le maître
des cérémonies vient-il troubler notre douleur? Nos gémissements
auraient dû l'engager à écarter toute personne suspecte,
et particulièrement un compagnon. Mes frères, c'est peut-être
un de ceux qui causent notre douleur? Armons-nous! C'est peut-être
la justice divine qui livre un coupable à notre juste vengeance!
Vén.·. frère grand-expert, prenez avec vous le
frère terrible; faites-vous accompagner de quatre frères
armés. (Élevant la voix.) Allez!.... Emparez-vous de ce compagnon!....
Visitez-le de la tête aux pieds!.... Examinez sur-tout ses mains!....
Parcourez attentivement ses vêtemens!.... Ôtez-lui son tablier,
et apportez-le moi comme le témoin de ses actions!.... Enfin, assurez-vous
s'il n'existe sur lui aucune trace qui pourrait déceler le crime
affreux qui a été commis.
On s'empare brusquement du candidat; on le visite, et on lui arrache
son tablier.
Le vén.·. grand-expert rentre dans le temple, muni
du tablier du compagnon, et il laisse le candidat en-dehors, entre les
quatre frères armés, et la porte entr'ouverte jusqu'à
l'admission du candidat dans le temple.
Le vén.·. grand-expert dit en rentrant:
G.·. E.·. - Très-resp.·., j'ai accompli
vos intentions et exécuté vos ordres, mais je n'ai rien trouvé
sur le compagnon qui indique qu'il ait commis un meurtre... Ses vêtemens
sont blancs... ses mains sont pures, et ce tablier que je vous apporte,
est sans tache.
T.·. R.·. - (À tous les frères.)
Vén.·. frères, puisse le grand Architecte faire que
je sois dans l'erreur, et que ce compagnon ne soit pas un de ceux que doit
poursuivre notre vengeance! mais pour le recevoir parmi nous, nous devons
prendre les précautions et les mesures les plus sévères,
et faire les plus exactes recherches; car, mes frères, si ce compagnon
est innocent, il n'ignore sûrement pas le sujet de notre douleur!
Aurait-il choisi un moment aussi dangereux pour se présenter ici,
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s'il était coupable? L'artifice serait grossier, puisqu'il devrait
craindre que nos soupçons ne tournassent sur lui.
Vén.·. frères, en l'introduisant dans cette enceinte,
nous l'interrogerons, et sans doute ses réponses nous apprendront
ce que nous devons penser de lui.... Êtes-vous de cet avis, mes frères?
Veuillez le manifester en la manière accoutumée.
On lève la main.
T.·. R.·. - Vén.·. frère expert,
garde des portes, puisque cette respectable assemblée est d'avis
d'introduire le compagnon, demandez-lui comment il a osé espérer
d'être introduit parmi nous?
La demande parvient comme à l'ordinaire, par le garde des
portes, au second surv.·.; de celui-ci au premier, qui le rend au
T.·. R.·.
Le récipiendaire doit répondre: Par le mot de
passe.
Le garde des portes se retourne avec surprise, d'après
l'équivoque de cette réponse présente, et dit au T.·.
R.·.: Il répond,
Par le mot de passe!
T.·. R.·. - (Avec étonnement.) Par le mot de passe!
Cette réponse téméraire me confirme mes soupçons....
Comment peut-il le connaître?.... C'est sans doute par suite de son
crime. = Voilà, vén.·. maître, une preuve de
son audace et de ses forfaits! = Vén.·. frère premier
surv.·., veuillez bien aller examiner très-scrupuleusement
le candidat.
Après l'avoir examiné, il rentre, et dit:
Ier S.·. - T.·. R.·., son audace est extrême;
sa démarche annonce un rafinement de scéleratesse. Il vient,
j'en suis sûr, épier ce qui se passe ici, ou tromper notre
bonne foi sous le masque de l'hypocrisie.
Alors il l'examine de plus près; il lui visite la main
droite; en le repoussant, il lui dit: Ciel! c'est lui.
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Il le saisit au collet, et lui dit d'une voix menaçante:
Ier S.·. - Parle, malheureux! comment donneras-tu le mot de passe?
qui a pu te le communiquer?
Le Candidat répond: Mon conducteur le donnera pour moi,
car je ne le sais pas.
Le vén.·. premier surveillant dit:
Ier S.·. - Très-respectable, le compagnon avoue qu'il
ne connaît pas le mot de passe: mais que son conducteur le donnera
pour lui.
T.·. R.·. Faites-vous-le donner, vén.·.
frère premier surveillant.
Le cond.·. donne le mot de passe au premier surv.·.,
qui répond:
Ier S.·. - Le mot de passe est juste, T.·. R.·.
T.·. R.·. - Faites entrer le candidat. (Le maître
des cérém.·. le fait entrer à reculons.)
Que ceux qui le gardent ne l'abandonnent pas d'un instant.... Qu'ils se
placent avec lui à l'occident.
Tous s'y placent.
Le frère terrible tient le candidat par la corde.
T.·. R.·. - Compagnon, il faut que vous soyiez bien
téméraire et bien indiscret de vous présenter ici
dans un moment où tous vos camarades nous sont suspects, à
bien juste titre. Les marques de douleur et de consternation que vous voyez
sur nos visages, le deuil qui nous environne, ces tristes débris
renfermés dans ce cercueil, tout doit vous peindre l'image de la
mort; et encore si cette mort eût été l'effet du cours
de la nature.... nous nous plaindrions sans doute, mais nous n'aurions
pas un crime à punir et un ami à venger.
Dites-moi, compagnon, avez-vous trempé dans cet horrible attentat?
Êtes-vous du nombre des infâmes compagnons qui l'ont commis?...
Voyez leur ouvrage.
On lui montre le corps qui est dans le cercueil.
Il répond: Non.
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On fait retourner le candidat du côté du T.·. R.·.
Après qu'il est retourné, le frère qui était
dans le cercueil, se lève doucement, de manière à
n'être pas entendu ni vu par le récipiendaire.
T.·. R.·. - Eh bien, faites voyager ce compagnon.
Le maître des cérémonies prend le candidat
par la main droite: le frère terrible le tient du derrière
par la corde, et les quatre frères armés l'escortent, deux
de chaque côté. De cette manière on lui fait faire
le tour de la chambre du milieu; ensuite on l'amène derrière
où à côté du T.·. R.·. Le frère
maître des cérémonies prend la main du récipiendaire,
lui fait frapper sur l'épaule du très-resp.·. Celui-ci
se retourne, et portant son maillet sur le coeur du candidat, il dit:
T.·. R.·. - Qui va-là ?
Le maître des cérémonies répond:
Me.·. C.·. - C'est un compagnon qui a fait son temps,
et qui demande à passer dans la chambre du milieu.
D. Comment espère-t-il y parvenir?
R. Par le mot de passe.
D. Comment le donnera-t-il, s'il ne l'a pas?
R. Je vais le donner pour lui. (Il le donne.)
T.·. R.·. - Passe T........
On le conduit à l'occident.
T.·. R.·. - Vén.·. frère premier
surveillant, faites avancer le candidat à l'autel des sermens, en
marchant sur le premier degré de l'angle droit d'un carré-long,
en formant une équerre sur le deuxième degré par deux
pas, et sur le troisième par un seul.
On lui fait faire les pas et le signe d'apprenti; les pas de compagnon,
enfin celui de maître.
On le fait mettre à deux genoux en terre, la main droite
sur la bible, les deux pointes du compas sur chaque mamelle .
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Dans cette attitude, le T.·. R.·. descend du trône,
et vient lui faire prêter son obligation.
Tous les frères se mettent debout et à l'ordre.
Le candidat prête son obligation.
OBLIGATION.
Moi, N........., de ma libre volonté, en présence du grand
Architecte de l'univers, et de cette respectable loge dédiée
à Saint-Jean d'Écosse, jure et promets solennellement de
ne jamais révéler les secrets des maîtres qu'à
celui reconnu pour tel; d'obéir aux ordres de cette respectable
loge de maîtres; de garder les secrets de mes frères comme
les miens propres, excepté dans le cas de meurtre ou de trahison;
de ne jamais leur faire tort, ni souffrir qu'il leur en soit fait; de les
servir en tout ce qui sera en mon pouvoir; de ne jamais chercher à
séduire leurs femmes, filles ou soeurs.
Je promets de plus, de remplir mes précédentes obligations,
sous peine (Ici, le T.·. R.·. frappe un coup de maillet,
saisit la main droite du récipiendaire, et lui fait faire le signe
de maître.) d'avoir le corps ouvert en deux, une partie au sud,
et l'autre au nord; mes entrailles brûlées, les cendres jetées
au vent, afin qu'il ne reste rien de moi. Puisse le grand Architecte m'en
préserver. Amen.
Tous les frères répondent: Amen.
Il baise trois fois la bible, et reste à genoux.
Le T.·. R.·. le prend par la main droite, à l'att.·.
d'apprenti, et le tuile jusqu'au mot sacré de compagnon. Aussitôt
qu'il l'a prononcé:
T.·. R.·. - Levez-vous, frère J.... Vous allez,
mon frère, représenter le plus grand homme du monde maçon,
notre resp.·. maître Hiram, qui fut assassiné lors
de la perfection du temple, ainsi que je vais vous l'apprendre.
Tous les frères de la loge se réunissent autour
du cercueil. Le vén.·. frère second surv.·.
est au sud, armé d'une règle de 24 pouces.
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Le premier surv.·. à l'ouest, armé d'une
équerre, et le très-resp.·. est armé de son
maillet.
Le Candidat et placé au pied du cercueil.
DISCOURS HISTORIQUE.
T.·. R.·. - David, roi d'Israël, ayant formé
le projet d'élever un temple à l'Éternel, amassa,
pour cet effet, d'immenses trésors..... Mais ce roi ayant quitté
les sentiers de la vertu, et s'étant rendu indigne de la protection
du grand Architecte, la gloire d'élever un temple au maître
de l'Univers, fut donné à son fils Salomon.
Avant de commencer ce grand édifice, Salomon en fit part au roi
de Tyr, son voisin, son ami et son allié, qui lui envoya Hiram,
architecte célèbre.
Salomon ayant reconnu les vertus et les grands talens d'Hiram, le distingua
bientôt par les postes les plus éminens , et lui confia la
direction des ouvriers et le soin de dresser les plans.
Les travaux étaient immenses, et le nombre des ouvriers nécessaires
leur étant proportionné, il avait fallu les distribuer en
plusieurs classes, et leur affecter un salaire proportionné à
leurs talens.
Ces classes furent divisées en apprentis, en compagnons et en
maîtres. Chacun de ces grades avait des signes et des mots pour se
faire reconnaître, et recevoir le salaire de leur ouvrage et de leur
peine.
Les app.·. s'assemblaient à la colonne B; les compagnons
à la colonne J, et les maîtres dans la chambre du milieu.
Quinze compagnon voyant le temps presque fini, et qu'ils n'avaient pu
obtenir les mots de maîtres, parce que leur temps n'était
pas encore expiré, convinrent de les obtenir par force du R.·.
Hiram, à la première occasion, afin de passer pour maîtres
dans d'autres pays, et en recevoir la paie .
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Douze de ces compagnons se rétractèrent, les trois autres,
nommés Jubelas, Jubelos et Jubelum, s'obstinèrent dans leur
dessein.
Ces trois compagnons sachant qu'Hiram allait tous les jours à
midi faire sa prière dans le temple, pendant que les ouvriers se
reposaient, furent se placer à chacune des portes.
Jubelas, à la porte du sud.
Jubelos, à celle de l'ouest.
Jubelum, à celle de l'est.
Là, attendant le moment où Hiram se présenterait
pour sortir. Hiram dirigea d'abord ses pas vers la porte du sud, où
Jubelas lui demanda le mot de maître; à quoi il répondit
qu'il ne devait pas le recevoir de cette manière, qu'il fallait
attendre avec patience que son temps fût fini; qu'au surplus il ne
pouvait le donner seul, qu'il devait être accompagné des rois
d'Israël et de Tyr, aux termes de son serment, de ne le donner qu'avec
eux assemblé. Jubelas, peu satisfait de cette réponse, lui
donna un coup de règle de 24 pouces, au travers de la gorge.
Ici le maître des cérémonies conduit le récipiendaire
au second surveillant; celui-ci saisit le candidat au collet et lui dit
trois fois à voix élevée: Donnez-moi le mot de maître.
Le récipiendaire répond à chaque fois: Non.
Alors le second surveillant lui donne un coup de règle
à travers le cou, etle maître des cérémonies
le conduit au premier surv.·.
Le T.·. R.·. continue:
T.·. R.·. - Le très-respectable maître Hiram
s'enfuit à la porte de l'ouest, où il trouva Jubelas qui
lui fit la même demande, et sur son refus, ce deuxième lui
porta un coup violent avec une équerre dont il était armé.
Le premier surv.·. fait de même que le second, en
donnant au récipiendaire un coup d'équerre sur le sein.
80
Le candidat est ensuite conduit devant le très-respectable.
T.·. R.·. - Hiram, ébranlé du coup, rappela
ses forces, et se sauva à la porte de l'est: mais il y trouva Jubelum,
qui lui fit la même demande que les deux autres, et qui, sur son
refus, lui asséna un si terrible coup de maillet sur le front, qu'il
l'étendit mort à ses pieds.
Le très-respectable donne un léger coup de maillet
sur le front du récipiendaire, et le pousse.
Deux frères apostés exprès le soutiennent,
et par leur force commune, ajoutent ce qu'il manque pour le renverser couché
dans la bière; et après l'y avoir étendu, on le couvre
d'un drap mortuaire.
En ce moment on allume les bougies. Le T.·. R.·.
continue.
T.·. R.·. - Les trois assassins s'étant rejoints,
ils se demandèrent réciproquement la parole de maître;
mais voyant qu'ils n'avaient pu l'obtenir, et désespérés
d'avoir commis un crime sans utilité, ils ne songèrent plus
qu'à en dérober la connaissance. À cet effet, ils
enlevèrent le corps d'Hiram, et le cachèrent sous des décombres,
et dans la nuit ils le portèrent hors de Jérusalem, sur une
montagne, et l'enterrèrent. Le R.·. maître Hiram ne
paraissant plus aux travaux comme à son ordinaire, Salomon fit faire
les plus exactes recherches, mais inutilement.
Lorsque les douze compagnons qui s'étaient rétractés,
soupçonnèrent la vérité, ils se réunirent,
et résolurent entr'eux d'aller trouver Salomon, avec des gants blancs,
comme le témoignage de leur innocence, et l'informèrent de
ce qui s'était passé.
Salomon envoya ces douze compagnons à la recherche de leur maître
Hiram, leur ordonna, dans le cas où ils le trouveraient, de chercher
sur lui la parole de maître, et leur observant que s'ils ne pouvaient
pas la retrouver, elle était perdue, attendu qu'il n'y avait que
trois personnes qui la connussent, et qu'elle ne pouvait être donnée
que par ces trois personnes
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réunies, dont Hiram faisait partie. Il leur observa, en supposant
qu'il fût mort, que pour l'avenir le premier signe et le premier
mot qui seraient fait et prononcé en retrouvant et en exhumant le
corps de ce R.·. maître, seraient substitués aux anciens
signe et mot de maître.
Ces compagnons ayant la promesse de Salomon d'être récompensés
par la maîtrise, s'ils parvenaient au but de leur recherche, partirent,
et se divisèrent en quatre bandes.
Trois allèrent vers le nord, trois au sud, trois à l'ouest
et trois à l'est.
Une de ces quatre bandes descendit la rivière de Joppa: un d'eux
s'étant reposé à côté d'une roche, il
entendit de terribles lamentations par l'ouverture du rocher. Prêtant
l'oreille, il entendit une voix qui disait:
Oh! que j'eusse eu plutôt
la gorge coupée, la langue arrachée jusqu'à la racine,
et que j'eusse été enterré dans les sables de la mer
à la basse marée et à une encablure de distance du
rivage où la mer flue et reflue deux fois par jour, plutôt
que d'avoir été complice de la mort de notre regretté
maître Hiram!
Oh! dit un autre, que mon coeur ait été arraché
de mon sein, et jeté pour servir de proie aux vautours, plutôt
que d'avoir été complice de la mort d'un aussi bon maître!
Mais, hélas! dit Jubelum: Je l'ai frappé plus fort que
vous deux, puisque c'est moi qui l'ai tué! Que j'eusse eu mon
corps séparé en deux, une partie au midi, une autre au nord,
et mes entrailles réduites en cendres et jetées aux quatre
vents, plutôt que d'avoir été le meurtrier de notre
respectable maître Hiram!
Ce compagnon, après avoir entendu ces plaintes lamentables, appela
les deux autres compagnons; ils convinrent entr'eux d'entrer dans l'ouverture
du rocher, de se saisir des ouvriers, et de les transporter devant le roi
Salomon; ce qu'ils exécutèrent.
Ces meurtriers avouèrent à Salomon ce qui s'était
passé et le
82
crime qu'ils avaient commis, et témoignèrent le désir
de ne pas survivre à leur forfait.
En conséquence, Salomon ordonna que leur propre sentence fût
exécutée, puisqu'ils avaient désigné eux-mêmes
le genre de leur mort, et ordonna qu'il fût fait ainsi:
Jubelas eut la gorge coupée.
Jubelos eut le coeur arraché.
Jubelos eut le corps coupé en deux parties, l'une fut jetée
au nord, l'autre au midi.
Salomon ayant ainsi vengé la mort du R.·. maître
Hiram-Abif renvoya les mêmes compagnons pour remplir leur première
mission.
Ces douze compagnons partirent une seconde fois, et voyagèrent
pendant cinq jours sans rien trouver.
Alors le premier surv.·. passe à droite avec la
moitié des maîtres, et le second surv.·. avec l'autre
moitié, et fait trois tours.
Ensuite le premier surv.·., s'adressant au T.·.
R.·., dit: Nos recherches ont été vaines. Le
T.·. R.·. continue:
T.·. R.·. - Ces compagnons ayant rendu compte à
Salomon de l'inutilité de leur recherche, il ordonna à neuf
maîtres de faire une seconde recherche. Ceux-ci furent sur le mont
Liban, et le deuxième jour, l'un d'eux, excessivement fatigué,
voulut se reposer sur un petit monticule. Là, il aperçut
des branches d'arbres nouvellement coupées et plantées dans
la terre. Il les arracha, et vit par-là que la terre avait été
fraîchement remuée. Après avoir sondé la fouille
dans ses trois dimensions, largeur, longueur et profondeur, il appela ses
camarades, et leur fit part de sa découverte. Ensuite ils se mirent
à ôter la terre avec beaucoup de précaution, et parvinrent
à trouver ainsi le corps de notre R.·. maître Hiram,
qui avait été assassiné; mais n'osant, par respect,
pousser leur recherche plus loin, ils recouvrirent la fosse; et pour reconnaître
le lieu, ils coupèrent une branche d'acacia, qu'ils plantèrent
83
dessus, et se retirèrent vers Salomon, auquel ils firent leur
rapport.
Imitons donc nos maîtres, mes frères. Vous, vén.·.
frère premier surv.·., partez à la tête de votre
colonne, et n'épargnez rien dans vos recherches.
Le premier surv.·. fait quatre tours, et au milieu du cadavre,
à droite, il soulève le drap, prend la branche d'acacia,
la fait tenir au récipiendaire, et lui fait placer la main droite
sur la poitrine, et vient en rendre compte au T.·. R.·.,
en disant:
Ier S.·. - T.·. R.·., j'ai trouvé une fosse
nouvellement fouillée, où est un cadavre, que je présume
être celui de notre très-resp.·. maître Hiram,
et j'y ai planté une branche d'acacia, pour reconnaître
facilement l'endroit.
Le très-respectable continue:
T.·. R.·. - Salomon, pénétré de la
plus vive douleur, jugea que ce ne pouvait être effectivement que
son grand architecte Hiram. Il leur ordonna d'aller faire l'exhumation
du corps, et de le rapporter à Jérusalem.
Ces anciens maîtres se revêtirent de leur tablier et de
gants blancs. Rendus au mont Liban, le deuxième jour, ils firent
la levée du corps. Imitons donc encore nos anciens maîtres,
et essayons ensemble, vén.·. frères, d'enlever les
restes de notre malheureux maître Hiram.
Le très-respectable fait deux fois le tour du cercueil,
en tête de tous les frères. Arrivé à la porte
du sud, côté droit du candidat, il s'arrête, et retirant
la branche d'acacia, il dit:
T.·. R.·. - Nous voilà parvenus à l'endroit
qui renferme le corps de notre respectable maître. Cette branche
d'acacia en est le sinistre indice. La terre me paraît remuée
depuis peu. Éclaircissons nous affreux soupçons.
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Le très-respectable tire par gradation le drap qui couvre
le récipiendaire. L'ayant découvert, et reconnaissant en
lui notre respectable maître Hiram,
il lève les deux mains au-dessus de la tête, par un mouvement
de douleur, et les laisse tomber sur les cuisses en frappant des pieds,
et dit trois fois: Ah! Seigneur, mon Dieu!
Tous les frères
font de même.
T.·. R.·. - C'est bien le corps de notre respectable maître,
mes frères: acquittons-nous du devoir douloureux que Salomon nous
a imposé, en exhumant son cadavre respectable.
Le second surveillant prend le premier doigt de la main droite,
et dit B.... en faisant un pas en arrière.
Le premier surveillant prend le deuxième doigt de la même
main, et dit: J...., la chaire quitte les os.
T.·. R.·. - Vén.·. maîtres, ne voyez-vous
pas que vous ne pouvez rien faire sans moi. Joignez vos efforts aux miens,
et nous viendrons à bout de tous nos desseins.
Alors, le T.·. R.·. prend le poignet droit du récipiendaire,
en faisant la griffe; les deux surveillans, chacun de leur côté,
le secondent en soulevant le récipiendaire.
Le T.·. R.·. met sa main gauche sur l'épaule
du candidat.
Les surv.·. le prennent chacun au coude et par une épaule.
Le T.·. R.·., en relevant le récipiendaire,
lui dit à chaque oreille, Moh.... (mot de maître). Il doit
avoir pour cela pied contre pied, genou contre genou, ventre contre ventre,
sein contre sein, la main droite bien griffée, la main gauche sur
l'épaule droite, formant équerre.
Le corps relevé, le mot donné, le T.·. R.·.
remonte sur le trône.
Le récipiendaire est en place à côté
du maître des cérémonies.
Chaque frère reprend sa place.
T.·. R.·. - Frère maître des cérémonies,
conduisez le récipiendaire à l'autel, pour y renouveler son
serment. = Debout et à l'ordre, mes frères, le nouveau maître
va renouveler son serment.
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Les surveillans répètent l'annonce.
Le maître des cérém.·. fait mettre
le récipiendaire à genoux.
SERMENT
Je renouvelle le serment que j'ai déjà prêté,
de préférer la mort plutôt que de rien divulguer des
secrets des maîtres, qui viennent de m'être confiés.
Cette cérémonie du serment étant finie, le
maître des cérém.·. et le grand expert lui tiennent
les deux pointes d'un compas sur les deux mamelles; le
T.·. R.·. frappe trois coups égaux sur la tête
dudit compas, et dit:
T.·. R.·. Apprenez toujours à rectifier les
mouvements de votre coeur en faveur de l'humanité. (Il le constitue.)
PROCLAMATION
À la gloire du grand A.·. de l'Univers, au nom, et sous
les auspices de la métropole loge d'Écosse, séante
à Édimbourg, et en vertu des pouvoirs qui m'ont été
confiés par et par cette R.·. loge, je vous crée,
reçois et constitue maître maçon, et membre de cette
chambre du milieu, au rit écossais, ancien et accepté, et
je vous qualifie du doux nom de vén.·. frère, qui
doit être sacré pour vous.
Il frappe trois coups sur le glaive, qui est placé sur
la tête du récipiendaire. Ensuite il lui donne les signes,
mots et attouchement de ce grade, et lui donne les instructions suivantes:
T.·. R.·. - (Au candidat.) Mon frère,
les maîtres ont pour se reconnaître entr'eux des signes, des
mots et des attouchemens; je vais vous les communiquer.
86
Le grand signe des maîtres est de lever les deux mains au-dessus
de la tête, les laisser tomber sur les cuisses, en frappant en même
temps des pieds, et en disant: Ah! Seigneur, mon Dieu!
Il y a deux raisons pour ce signe.
La première est que quand les compagnons virent leur maître
mort, ils levèrent les mains de surprise, en disant: Ah! Seigneur,
mon Dieu!
La seconde, c'est quand Salomon dédia le temple au Seigneur,
il leva les mains en disant: Mon Dieu! tu es au-dessus de toutes choses,
j'adore ton saint nom.
Le mot de passe est T........, qu'on dit en se lâchant la main;
mais aussitôt on se donne la grippe , en se mettant aux cinq points
de la maçonnerie.
On prononce le mot sacré par syllabes à l'oreille. Ce
mot est M.·. H.·. B.·.
L'attouchement se donne en la manière suivante. Lorsque vous
vous êtes fait connaître comme apprenti et compagnon, vous
demandez: Voulez-vous aller plus loin. Si on vous répond affirmativement,
vous mettez votre main droite sur le sein gauche, le pouce élevé
et la main gauche sur la tête, en formant une équerre. Alors
on se prend par la grippe de maître, en disant:
D. Quest-ce que cela?
R. L'attouchement de maître.
D. A-t-il un nom?
R. Oui, et quelque chose de plus, qui en dépend.
D. Qu'est-ce que c'est, mon frère?
R. Les cinq points de la maçonnerie.
D. Voulez-vous me les donner?
R. Tirer la main ouverte au travers du ventre, comme pour se l'ouvrir;
lever les deux mains sur la tête, en disant: Ah! Seigneur, mon
Dieu! Ensuite, se prendre par la grippe de maître, qui se fait
de la main droite réciproquement, le pied droit contre le pied droit
87
du frère, le genou droit contre le genou droit, le sein droit
contre le sein droit, et la main gauche réciproquement derrière
le dos, et l'on prononce à l'oreille M.·. H.·. B.·.
Le T.·. R.·. embrasse trois fois le nouveau maître,
et dit:
T.·. R.·. - Vén.·. F.·. maître
des cérémonies, allez présenter ce vén.·.
frère aux vén.·. surveillans, pour se faire reconnaître
en sa nouvelle dignité.
Le maître des cérémonies exécute l'ordre.
Lorsque le récipiendaire est reconnu, le second surv.·. dit:
IIe S.·. - Tout est juste et parfait, T.·. R.·.
T.·. R.·. - Conduisez ce vén.·. frère
entre les deux colonnes. = Debout et à l'ordre!
Très-vén.·. frères premier et second surveillans,
avertissez les vén.·. frères que nous allons nous
féliciter des progrès du vén.·. F.·.
N....., et invites les vén.·. frères de l'une et l'autre
colonne, à le reconnaître en cette qualité, à
lui prêter secours et assistance, et à applaudir à
son initiation au sublime grade de maître.
Les surveillans répètent cette annonce. Le T.·.
R.·. fait l'applaudissement ordinaire, puis chacun dit
houzzé!
houzzé! houzzé!
Le nouveau maître reçu répond, et le T.·.
R.·. fait couvrir les applaudissemens .
Ensuite le T.·. R.·. fait l'instruction ci-après,
et ferme la loge.
CLOTURE
(Elle est la même qu'à l'ouverture. Voyez page 69.)
88
INSTRUCTION
D. Où avez-vous été reçu?
R. À l'ouest.
D. Où allez-vous?
R. À l'est.
D. Pourquoi quittez-vous l'ouest pour aller à l'est?
R. Parce que la lumière de l'Évangile parut d'abord de
ce côté.
D. Qu'alliez-vous faire à l'est?
R. Chercher une loge de maîtres.
D. L'êtes-vous, maître?
R. Les maîtres me reconnaissent pour tel.
D. Où avez-vous été reçu?
R. Dans une loge de maître.
D. Comment avez-vous été préparé pour être
reçu maître?
R. Les pieds sans souliers, les deux bras et le sein nuds , privé
de tous métaux, à la réserve d'une équerre
attachée au bras droit, je fus conduit à la porte de la loge.
D. Comment avez-vous été admis?
R. Par trois coups distincts.
D. Que vous demanda-t-on?
R. Qui est-là .
D. Qu'avez-vous répondu?
R. Un maçon qui a fait son temps comme apprenti et comme compagnon,
qui demande à être reçu maître.
D. Comment êtes-vous parvenu?
R. Par un mot de passe.
D. Donnez-le moi.
R. (Il le donne.) T........
D. Que vous dit-on, alors?
R. Entrez, T........
D. Que fit-on de vous?
R. On me fit faire un tour dans la loge.
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D. Où avez-vous rencontré le premier obstacle?
R. Derrière le second surveillant.
D. Que vous a-t-il demandé?
R. Il me fit la même question qu'à la porte.
D. Que fit-il de vous?
R. Il me fit conduire à l'ouest, au vén.·. premier
surveillant.
D. Que fit-il de vous?
R. Il me fit conduire au très-resp.·. maître.
D. Que fit-il de vous?
R. Il me renvoya au premier surv.·. pour recevoir des instructions.
D. Quelles sont les instructions que vous avez reçues?
R. Quand je fus à l'ouest, il m'enseigna à monter à
l'est en maître, en faisant le signe d'app.·., et à
marcher sur l'angle droit d'un carré-long; à faire deux autres
pas sur le deuxième degré du même carré, mes
pieds formant l'équerre, et en faisant le signe du comp.·.;
enfin, le pas de maître sur le même carré-long. Arrivé
à l'autel, on me fit mettre à genoux, la main droite sur
la bible, les pointes du compas sur chaque sein, et dans cette attitude,
je prêtai solennellement mon obligation.
D. Pouvez-vous la répéter?
R. Oui, T.·. R.·., avec votre assistance.
D. Levez-vous, et commencez.
R. Moi, N....., de ma libre volonté, etc.
D. Que vous a-t-on montré ensuite?
R. Le signe des maîtres.
D. Donnez-le moi.
R. (Il le donne.)
D. Que fit-on de vous ensuite?
R. Le T.·. R.·. me prit par la main, et me donna l'attouchement.
D. Quel est cet attouchement?
R. Celui de compagnon.
D. A-t-il un nom?
R. Oui, très-respectable.
D. Donnez-le moi.
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R. (Il le donne comme il l'a appris.) B...
D. Pouvez-vous aller plus loin?
R. Oui, passez, je vous suivrai. Il mit l'ongle de son pouce entre la
première et la seconde jointure, qui est l'attouchement de passe,
et je lui répondis par Sch......
D. Que vous fit-il ensuite?
R. Il me donna l'attouchement de compagnon, en me disant: Qu'est cela?
(L'ongle du pouce sur la deuxième phalange.)
D. Que répondîtes-vous?
R. L'attouchement de Compagnon?
D. Donnez-le moi.
R. J.....
D. Que vous dit-on alors?
R. Il me dit que j'allais représenter un des plus grands hommes
du monde maçon, notre resp.·. maître Hiram-Abif, qui
fut tué lors de la perfection du temple.
D. Après la narration d'usage, que fit-il de vous?
R. On me conduisit aux vén.·. frères premier et
second surv.·. et au maître, qui me firent les questions que
Jubelas, Jubelos et Jubelum avaient faites à Hiram, en me frappant
de la même manière.
D. Que fit-on de vous ensuite?
R. Après avoir reçu le coup de maillet sur la tête
par le très-resp.·., on m'étendit par terre.
D. Que vous dit-on alors?
R. Que je représentais Hiram-Abif après sa mort.
D. Que vous dit-on ensuite?
R. Le T.·. resp.·. reprit l'histoire d'Hiram-Abif.
D. Comment les envoyés de Salomon relevèrent-ils le corps
d'Hiram-Abif?
R. Par les cinq points de la maçonnerie.
D. Qui sont-ils?
R. D'abord le vén.·. second surv.·. le prit par
le doigt index, sur lequel les app.·. font leur attouchement; mais
par l'effet de la
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putréfaction, la peau se détacha et lui resta à
la main. Le vén.·. premier surv.·. le prit ensuite
par le second doigt, sur lequel se fait l'attouchement de compagnon, et
la peau lui resta aussi dans la main. Le très-resp.·. le
prit par la main, appuyant les quatre doigts sur le poignet, le pied droit
contre le pied droit, le genou droit contre le genou droit, le sein droit
contre le sein droit, et la main gauche le soutenant par le dos. Dans cette
position, il le releva en disant: M.·. H.·. B.·. mot
qui veut dire:
Il est presque pourri jusqu'aux os. Ce mot devint
le mot sacré de maître.
D. Puisque vous fûtes relevé par les cinq points de la
maçonnerie, expliquez-les moi?
R. 1' Main contre main signifie que je suis toujours prêt à
tendre la main à mon frère pour le secourir. 2' Pied contre
pied, que je suis toujours prêt à voler à la défense
et au secours de mes frères. 3' Genou contre genou, qu'en fléchissant
devant l'Être-suprême, je ne les oublierai pas dans les voeux
que je lui adresserai. 4' Sein contre sein, que les secrets qu'ils m'auront
confiés y seront invariablement gardés. 5' La main gauche
derrière le dos, qu'autant qu'il sera en moi, je soutiendrai mes
frères dans tous les périls qui les menaceront.
D. Pourquoi étiez-vous privé de tous métaux?
R. Parce que dans la construction du temple, on n'entendit aucun bruit
causé par les coups d'aucun instrument composé de métal.
D. Pourquoi?
R. Pour qu'il ne fût pas souillé.
D. Comment a-t-il été possible qu'un aussi vaste édifice
ait été construit sans le secours d'aucun instrument de métal?
R. Parce que les matériaux furent préparés dans
les forêts du mont Liban, apportés sur des voitures, élevés
et placés avec des maillets de bois faits exprès.
D. Pourquoi étiez-vous sans souliers?
R. Parce que le lieu où je fus reçu était une terre
sainte, sur laquelle Dieu dit à Moïse: Ôte tes souliers,
car le lieu où tu marches est une terre sainte.
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D. Qu'est-ce qui soutient votre loge?
R. Trois grands piliers.
D. Qui sont-ils?
R. Sagesse, force et beauté.
D. Que représentent-ils?
R. Trois grands maîtres: Salomon, roi d'Israël; Hiram, roi
de Tyr, et Hiram-Abif, qui fut tué.
D. Les trois grands maîtres étaient-ils employés
à la construction du temple?
R. Oui, T.·. R.·., Salomon en dressa le plan, d'après
l'ordre de Dieu. Il fournit l'argent et les provisions pour les ouvriers;
Hiram fournit les matériaux et les fit préparer dans les
forêts du mont Liban, et Hiram-Abif conduisit l'exécution
de ce grand oeuvre.
FIN DU CAHIER DE VÉNÉRABLE.