Accord minimal entre États américains pour une zone de libre-échange
    Pettigrew se dit heureux des progrès accomplis
    AFP
    21 novembre 2003

    Miami - Les États américains, à l'exception de Cuba, se sont mis d'accord hier soir à Miami sur le principe d'une Zone de libre-échange (ZLEA) dans le continent, écourtant d'une journée une réunion émaillée d'incidents lors de la manifestation des altermondialistes opposés au projet.

    «La ZLEA a avancé pour passer de concepts généraux à ceux de la réalité et des opportunités positives, à une nouvelle étape pratique», a déclaré Robert Zoellick, le représentant américain au Commerce, dans une conférence de presse conjointe avec les 33 autres représentants du continent organisée à l'issue de la réunion.

    «Un travail plus important nous attend», a-t-il toutefois ajouté.

    Le cycle des négociations, qui doit prendre fin en janvier 2005, a été lancé voilà maintenant neuf ans et s'était, jusqu'ici, buté à d'importantes divergences entre les États-Unis et un groupe de pays sud-américains avec, à leur tête, le Brésil.

    Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorin, dont le pays est co-organisateur de la réunion avec les États-Unis, a déclaré que l'accord était «très satisfaisant». «Nous pouvons démontrer aujourd'hui qu'il existe une bonne chimie entre le Brésil et les États-Unis», a ajouté le représentant du deuxième géant du continent.

    «Je suis heureux des progrès accomplis à Miami», a indiqué de son côté le ministre canadien du Commerce Pierre Pettigrew. «Même si nous n'avons pas accompli tout ce que nous voulions, nous avons réussi à aplanir les divergences en vue de la phase finale des négociations. Nous demeurons résolus à mettre en place un accord complet et de haute qualité, qui favorisera l'intégration économique dans les Amériques».

    La conférence, qui s'est tenue dans le centre-ville de Miami, a été l'occasion pour quelque 25 000 altermondialistes de manifester leur opposition à ce projet qui entraînera, selon eux, pertes d'emploi, conséquences catastrophiques sur l'environnement et diminution du montant des retraites.

    Deux policiers ont été blessés et une quarantaine de personnes ont été interpellées.

    La police a notamment employé des gaz lacrymogènes et des grenades à effet de souffle pour disperser quelque 800 manifestants qui s'étaient regroupés autour de l'hôtel Intercontinental où s'est ouverte dans la matinée cette 8e conférence en présence des ministres du Commerce du continent.

    Une foule haute en couleurs de syndicalistes, d'écologistes, d'ouvriers, de travailleurs sociaux, de pacifistes et défenseurs des droits de l'homme, punks et hippies ont défilé en scandant «Non à la ZLEA» ou encore «Un commerce juste, oui, le libre-échange, non !».

    Sous un portrait peu flatteur du président américain George W. Bush, on pouvait lire : «Nous le vendons gratuitement».

    Dans le cadre de la ZLEA, doivent être progressivement éliminées les barrières au commerce et à l'investissement dans un ensemble de 800 millions d'habitants allant de l'Alaska à la Terre de Feu, avec un PIB (produit intérieur brut) global de 13 milliards de dollars.

    Brasilia et Washington, les deux co-organisateurs, avaient indiqué avant la réunion qu'ils souhaitaient dégager un accord minimal entre «les 34» et qu'ils laisseraient l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) régler les questions épineuses subsistant entre les deux grands du continent : l'élimination des subventions à l'agriculture et les mesures antidumping pour les États-Unis, les achats gouvernementaux, les droits de propriété intellectuelle et la réglementation des investissements pour le Brésil.


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