L'Assemblée nationale défendra l'exception culturelle et éducative
    Le Devoir
    Édition du jeudi 21 novembre 2002

    Québec - La culture, la santé et l'éducation doivent être exclues des négociations commerciales devant mener en 2005 à une zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), réclament à l'unanimité les sept députés de l'Assemblée nationale qui participeront, du 23 au 27 novembre, à la quatrième assemblée de la Confédération parlementaire des Amériques, à Ixtapan, au Mexique.

    «Les négociations pour la ZLEA dès l'an 2005 vont bon train, mais on sent de plus en plus d'inquiétude», a déclaré hier Louise Harel, présidente de l'Assemblée nationale, qui dirigera la délégation québécoise.

    Divers projets de résolution préparés sous coordination québécoise touchent des secteurs qui, selon le Québec, ne devraient pas être inclus dans un accord de libre-échange. Il y a notamment l'éducation. «Puisque l'éducation est un instrument permettant de former les citoyens, l'identité et la cohésion sociale d'un peuple ou d'une nation, elle doit demeurer une responsabilité des États», mentionne l'argumentaire préparé sous la coordination du député de Saint-Hyacinthe, Léandre Dion.

    La culture doit également être exclue du libre-échange. Les délégués québécois prônent la création d'un instrument international pour promouvoir et encadrer la diversité culturelle. Il faut «reconnaître à l'échelle internationale le droit des gouvernements de soutenir la production et la diffusion des oeuvres culturelles» afin qu'elles ne soient pas «concentrées entre les mains d'un petit nombre de multinationales».

    La situation des négociations pour un libre-échange panaméricain a évolué rapidement depuis l'élection au Brésil, le mois dernier, d'un président issu du Parti des travailleurs, Lula da Silva, qui, par le passé, s'est montré un adversaire du libre-échange.

    Outre la présidente Harel, la délégation québécoise comprendra les députés Léandre Dion (PQ, Saint-Hyacinthe), Christos Sirros (PLQ, Laurier-Dorion), Lyse Leduc (PQ, Mille-Îles), Fatima Houda-Pepin (PLQ, La Pinière) Manon Blanchet (PQ, Crémazie) et Sylvie Lespérance (ADQ, Joliette).

    La présence d'une représentante du parti de l'Action démocratique de Mario Dumont constitue par ailleurs le signe tangible d'un virage radical dans cette formation politique. M. Dumont avait par le passé dénoncé la présence de députés québécois lors des rencontres interparlementaires, qu'il jugeait inutiles et coûteuses. Il avait toujours refusé de s'y associer.

    «On évolue en fonction d'où sont rendus les Québécois», a soutenu hier la députée adéquiste de Joliette, Sylvie Lespérance, pour expliquer ce revirement de son parti. «On a une conscience sociale de nos obligations internationales. On a décidé d'être là parce que cela s'inscrit dans la défense des droits du Québec», a déclaré la députée adéquiste.


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