Une consultation populaire à laquelle ont participé 60 000 personnes au Québec s'est conclue le mois dernier par un rejet presque unanime de l'actuel projet de Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA).
Menée depuis le début de l'année par les syndicats, les associations étudiantes et autres organisations sociales regroupés au sein du Réseau québécois sur l'intégration continentale (RQIC), l'activité s'était fixé comme objectif de rejoindre le double des 50 000 participants à la grande manifestation du Sommet des Amériques, à Québec, en avril 2001.
Ce sont finalement 60 000 personnes au Québec et 63 000 Canadiens des autres provinces qui se seront, grâce à l'aide de l'organisation canadienne Common Frontiers, prononcées sur le projet de ZLEA «tel qu'il se négocie actuellement» à l'occasion d'assemblées syndicales ou par l'entremise du courrier, d'Internet et de pétitions.
«La réponse a été forte et claire», note Louise Chabot, première vice-présidente de la CSQ : 93 % d'entre eux ayant en effet rejeté le projet. Plus de 95 % des participants ont également réclamé que le gouvernement fédéral ne signe aucune autre entente commerciale du genre à moins qu'elle n'implique un processus de négociation démocratique, qu'elle préserve le pouvoir de l'État de défendre le bien commun, qu'elle affirme la primauté des droits collectifs et individuels sur ceux du commerce et qu'elle défende l'égalité des sexes.
Le député de Joliette et critique du Bloc québécois en matière de mondialisation, Pierre Paquette, doute toutefois que l'exercice ait beaucoup d'impact sur le ministre canadien du Commerce international. «Comme d'habitude, Pierre Pettigrew va se montrer à l'écoute et ne rien changer dans les faits.»
Inspirée par une expérience similaire menée l'automne dernier au Brésil, la «consulta» sera suivie par d'autres actions, avertissent toutefois ses organisateurs québécois. À commencer par une grande manifestation qui se tiendra au centre-ville de Montréal demain après-midi.
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