Le Service de police de la Ville de Montréal rejette les conclusions du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme au sujet de ses pratiques d'arrestation lors de manifestations.
Dans une entrevue au quotidien The Gazette, publiée samedi, le chef adjoint de la police montréalaise, Pierre-Paul Pichette, a expliqué que la tactique des arrestations de masse pouvait s'avérer nécessaire lorsqu'il y a débordements, même si les forces de l'ordre tentent toujours d'en limiter l'utilisation.
Dans le cadre de leur enquête, les experts de l'ONU examiné une série d'arrestations massives effectuées depuis 1999. Dans leur rapport, ils invitent le Canada à enquêter sur ces pratiques.
D'autre part, le responsable de la sécurité publique au comité exécutif de Montréal, Georges Bossé, a déploré le fait que le ministère québécois de la Sécurité publique n'ait pas avisé la Ville avant la parution des conclusions du rapport de l'ONU dans les journaux.
En revanche, la Ligue des droits et libertés a accueilli favorablement le rapport du Comité des droits de l'homme. Elle demande aux gouvernements canadien et québécois de mettre en oeuvre ses recommandations.
Ottawa défend les villes
Le militant Jaggi Singh faisait partie des personnes arrêtées, en juillet 2003. Le document de l'ONU rapporte par exemple qu'en juillet 2003, les policiers ont interpellé 243 protestataires après une manifestation contre l'Organisation mondiale du commerce (OMC). En novembre 2004, ils ont arrêté 180 manifestants qui protestaient pendant la tenue d'un congrès du Parti libéral, en vertu d'un règlement municipal de prévention des troubles de la paix.
Plusieurs organisations non gouvernementales ont vigoureusement dénoncé ces arrestations, notamment devant les audiences du comité onusien, il y a quelques semaines, à Genève.
De son côté, Ottawa a plaidé qu'aucune des arrestations mentionnées n'avait été arbitraire, puisqu'elles s'appuyaient toutes sur des règlements municipaux ou le Code criminel, une explication remise en question par le comité.
Par ailleurs, le comité a également critiqué d'autres pratiques canadiennes, notamment la situation des Autochtones, la loi antiterroriste et les certificats de sécurité en vertu desquels les autorités peuvent expulser vers leur pays d'origine les personnes soupçonnées de menacer la sécurité nationale, ou encore l'affaire Maher Arar, ce Canadien d'origine syrienne qui affirme avoir été torturé en Syrie après y avoir été déporté par les États-Unis.
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