Jaggi Singh et ses deux comparses ont été blanchis hier de toutes les accusations portées contre eux dans la foulée de la manifestation contre le Sommet du G-20.
Un jury de neuf femmes et trois hommes a déclaré Jaggi Singh, Christina Xydous et Jonathan Aspireault-Masse non coupables d'une accusation de participation à une émeute. Le juge Jean-Guy Boilard avait invoqué la possibilité d'un verdict de culpabilité pour une accusation moindre d'attroupement illégal, mais le jury a refusé de s'aventurer sur cette voie, préférant libérer les trois militants antimondialisation de toutes les charges retenues contre eux.
«C'est une décision qui renforce le droit à la liberté d'expression et qui condamne l'acharnement des policiers», a commenté Pascal Lescarbeau, l'avocat de Mme Xydous et de M. Aspireault-Masse.
Jaggi Singh, qui assurait seul sa défense, avait déclaré dans sa plaidoirie finale que les policiers l'avaient ciblé non pas pour ses gestes mais pour son militantisme avoué. À preuve, les policiers en civil qui avaient infiltré la manifestation monstre devant le Centre Sheraton, le 20 octobre 2000, possédaient des photographies de certains protestataires. Singh arrivait en tête de liste.
«C'est vraiment une victoire parce que les policiers ont essayé d'élever le niveau de répression et de persécution des militants [lors du G-20]. Normalement, on nous accusait d'attroupement illégal, mais cette fois, les policiers ont essayé de mettre trois personnes en prison non pas pour leurs gestes mais pour leurs idées et leur volonté d'être présents», a déclaré Singh à l'issue du verdict.
Selon la preuve de la Couronne, Jonathan Aspireault-Masse avait barbouillé une voiture banalisée de la GRC lors de la manifestation. Christina Xydous conduisait un camion à travers la foule massée sur le boulevard René-Lévesque avec Jaggi Singh à son bord. Quand Singh a invité la foule à converger vers le Centre Sheraton, des manifestants ont commencé à lancer des pierres et des bouts d'asphalte en direction des policiers et des agents de sécurité. Pour la Couronne, il s'agissait clairement d'une incitation à l'émeute.
Le jury n'a pas retenu cette version des faits tissée avec l'aide de la police, retenant plutôt celle de Singh, un militant anarchiste. «Quand tu regardes la preuve, tu ne peux pas en venir à une autre conclusion. Ils avaient été ciblés par les policiers», a commenté Me Lescarbeau.
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