Washington - L'administration américaine a essuyé un nouveau revers hier devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qui a confirmé sa condamnation des surtaxes aux importations d'acier imposées par Washington depuis 2002 pour protéger ses producteurs nationaux.
Déjà sous le coup d'une condamnation pour sa loi FSC (Foreign Sales Corporation) accordant des avantages aux exportateurs américains, le gouvernement du président George W. Bush a été condamné hier par un groupe d'experts de l'OMC pour ses surtaxes allant de 8 % à 30 % imposées pour trois ans depuis mars 2002 sur certains produits sidérurgiques importés.
Washington a annoncé qu'il allait interjeter appel de cette décision, qui confirme un rapport intérimaire de l'OMC de mars dernier.
Mesures de rétorsion
Bruxelles de son côté a déjà menacé d'appliquer des mesures de rétorsion pour un montant de 2,2 milliards $US sous forme de surtaxes sur une série d'importations en provenance des États-Unis telles que les textiles, chaussures et fruits et légumes.
Et dans le dossier sur la loi FSC, l'OMC a autorisé l'Union européenne en mai à imposer des sanctions pour un montant total record de quatre milliards contre une liste de produits américains définis parce que la loi en question n'a toujours pas été modifiée.
Selon le commissaire européen au Commerce, Pascal Lamy, ces sanctions records seront appliquées dès janvier si le Congrès américain n'a pas voté l'annulation des dispositions de la loi FSC incriminées d'ici là.
Le moratoire sur les OGM
De plus, selon M. Lamy, la dernière plainte déposée par les Américains contre les Européens devant l'OMC à propos du moratoire sur les produits transgéniques, n'a «pas beaucoup de sens dans la mesure où le moratoire en question est désormais quelque chose du passé».
Le Parlement européen a voté le 2 juillet de nouvelles règles sur l'étiquetage obligatoire des produits contenant au moins 0,9 % d'organismes génétiquement modifiés, ce qui devrait, selon les Européens, ouvrir la voie à la levée du moratoire observé depuis 1998 par plusieurs pays de l'UE, dont la France.
En attendant, les consultations entre Européens et Américains dans le cadre de la procédure OMC se poursuivent sur ce dossier.
Mesures compatibles
Dans celui de l'acier, l'administration américaine s'est vigoureusement défendue hier en affirmant que les mesures de sauvegarde étaient compatibles avec les règles de l'OMC et que plusieurs autres pays en ont fait ou en font usage.
Washington insiste également sur le caractère temporaire de ces surtaxes, imposées pour trois ans et «revues à la baisse de 20 % chaque année [...] et destinées à aider les producteurs nationaux à s'adapter à la concurrence venant des importations», selon Richard Mills, le porte-parole du représentant américain pour le Commerce, Robert Zoellick.
Autre argument avancé par M. Mills pour défendre ces mesures de sauvegarde : Washington a accordé l'an dernier 727 dérogations et en mars dernier 295 dérogations supplémentaires ont été avalisées pour différents produits importés. «Pour la plupart de ces dérogations, il n'y a pas eu d'opposition de la part des producteurs sidérurgiques nationaux», a-t-il souligné.
Et pour rassurer indirectement sur l'aspect temporaire des mesures américaines condamnées par l'OMC, M. Mills a ajouté qu'elles avaient «déjà commencé à porter leurs fruits».
«L'industrie sidérurgique nationale a entrepris un niveau inégalé de consolidation et de restructuration lors de l'année écoulée, la rendant plus compétitive vis-à-vis des importations», a-t-il affirmé.
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