Jaggi Singh a été normalement remis en liberté dans la soirée d'hier, après avoir comparu au Palais de justice pour une enquête sur cautionnement. L'activiste et figure de proue du mouvement anti-OMC avait été arrêté lors de la manifestation tenue lundi matin.
Il a finalement cédé et a accepté les conditions de sa libération imposées par la Cour, après avoir longtemps protesté contre l'une d'entre elles : l'interdiction d'utiliser un appareil amplifiant sa voix lors d'une manifestation publique, que ce soit un porte-voix ou un microphone, et ce, pendant toute la durée de l'enquête, qui aboutira à un procès dont la date sera fixée le 18 août.
Une telle mesure est destinée à durcir la condition initiale consistant à ne pas avoir de porte-voix dans une manifestation, dont l'usage est associé à une activité de leader qui lui est défendue depuis le sommet des Amériques à Québec.
En Cour supérieure
Jaggi Singh a, de son côté, fait valoir que cette mesure constituait une atteinte à sa liberté d'expression. Si l'activiste a décidé de reculer, ce n'est donc que pour mieux riposter. Il a en effet exprimé le souhait d'attaquer cette condition devant la Cour supérieure après sa libération.
La séance a cependant été houleuse. Au moment où la Cour du Québec énumérait ces conditions, l'un des activistes présents dans la salle bondée de militants a lancé «Shame on you» à l'intention du juge. Celui-ci a suspendu la séance, le temps que les esprits se calment. L'individu en question, dénommé Dexter, aurait alors renversé une poubelle, ce qui a amené les gardiens à intervenir. Une mêlée générale s'en est suivie, pendant que le militant était arrêté et placé en cellule au sous-sol, avant d'être finalement relaché hier soir.
Longue procédure
D'autres activistes interpellés lundi ont comparu dès hier en cour municipale. La procédure aurait dû se terminer la veille, mais elle s'est éternisée en raison de l'encombrement des travaux de la cour, qui devait convoquer 150 personnes. Toutes ont été relachées, sous conditions elles aussi, avant d'être jugées les 20, 21 et 22 octobre, sauf une, encore détenue après avoir refusé les conditions qui lui étaient posées.
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