Depuis plus d'une décennie, des mouvements contestent ouvertement et vertement le néolibéralisme. Toutefois, de nouveaux types d'opposition prennent forme. Gérald Larose témoigne.
«La mondialisation en soi n'est pas un problème. C'est le type de mondialisation néolibérale qui est une catastrophe qu'il nous faut combattre. Car la mondialisation en tant que telle, c'est une occasion de solidarité.» C'est en ces termes convaincus que Gérald Larose, professeur au département de travail social de l'UQAM, interprète la situation. Toutefois, comme le souligne M. Larose, deux attitudes se développent face au néolibéralisme : «Il y a une résistance à développer par rapport aux politiques dominantes de certaines organisations. C'est à combattre. Et en même temps, il faut proposer des alternatives à la mondialisation actuelle. Les deux vont de pair et sont nécessaires.»
Également président du Groupe d'économie solidaire du Québec (GESQ), une association à but non lucrative oeuvrant pour une économie sociale et solidaire, l'ex-syndicaliste qui a tenu la barre de la CSN pendant 16 ans participe activement à l'élaboration de cette «autre mondialisation». «Il y a des alternatives à ce que nous connaissons actuellement. Elles sont minorisées. Les grandes organisations internationales comme l'OMC ou le FMI ne veulent pas les reconnaître. Mais sur le terrain, il se dessine de puissants courants», explique-t-il en citant en exemple le commerce équitable.
Du Nord au Sud... et du Sud au Sud
Gérald Larose participera à la Conférence internationale «Le Sud... et le Nord dans la mondialisation : Quelles alternatives ?» qui se déroulera à l'Université du Québec en Outaouais les 24 et 25 septembre prochains. Ce sera l'occasion pour lui, ainsi que pour plusieurs autres spécialistes, de faire le point sur la situation des mouvements altermondialistes.
«Il y a quelque chose de fondamental dans cette conférence, elle met en présence des acteurs sociaux et des chercheurs», souligne le professeur. Il s'agit ainsi de faire le pont entre les connaissances théoriques et ce qui se déroule réellement sur le terrain. Quels sont les défis et les obstacles à surmonter ? Quels moyens peuvent être développés afin de réaliser efficacement les alternatives proposées ?
Des représentants des pays du Sud et du Nord participeront à cette conférence. «Des équipes basées sur différents continents seront présentes. La préoccupation est celle des relations Nord-Sud. On veut briser le schéma traditionnel d'une imposition du Nord vers le Sud», avance Gérald Larose. Des conférenciers d'Afrique, d'Amérique latine et d'Europe exposeront leurs réalités et proposeront des alternatives.
Les thèmes abordés au cours de cette conférence sont nombreux. Il sera entre autres question des initiatives innovatrices développées en Afrique de l'Ouest, en Europe et en Amérique du Nord, de la formation de la main-d'oeuvre, des mutations du travail, de la contribution des mouvements sociaux et des nouvelles formes de coopération internationale.
Il ne s'agit aucunement de contrer ou de diaboliser la mondialisation, maintient Gérald Larose. Ce n'est pas l'objectif. Il s'agit plutôt de mettre en perspective les moyens qu'il faudrait favoriser afin de réaliser une économie solidaire. Car l'altermondialisation, telle que définie par M. Larose, «a pour projet de solidariser les peuples, les petits travailleurs, les consommateurs sur la base d'un projet commun qui est définitivement plus acceptable pour les humains et pour la nature».
Les alternatives sur lesquelles porteront les réflexions de la conférence ont toutes un point en commun, elles se situent dans une économie sociale et solidaire; une économie qui est constituée par ceux qui apportent le facteur travail plutôt que par ceux qui soutiennent le facteur capital; une économie qui tient compte des réalités urbaines et rurales; une économie qui s'appuie avant tout sur la société civile.
Réseaux
La conférence se penchera également sur les divers réseaux et activités qui se déroulent dans le secteur. Et force est d'admettre qu'il en existe de plus en plus : le Forum social mondial de Porto Alegre, le Réseau mondial des acteurs du développement local durable, le Réseau «femmes et économie solidaire» et les Rencontres d'économie sociale et solidaire du réseau Lima/Québec/Dakar.
Tous se soucient du maintien de la démocratie, de l'importance des mouvements citoyens, des économies sociale, solidaire et populaire. Tous ont comme but principal de participer à la construction de nouvelles façons de développer la mondialisation et de repenser les paramètres qui encadrent sa concrétisation. «On part du fait qu'il existe dans le Sud des dynamismes et des leviers de développement économique qui ont leurs caractéristiques. Et que si on veut structurer une collaboration, elle devra se faire sur la base du partenariat, c'est-à-dire en valorisant ce qui existe sur place au lieu d'imposer nos propres schèmes», souligne M. Larose.
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