OMC: pas de déblocage sur l'agriculture
    Sylvain Larocque, Presse Canadienne
    30 juillet 2003

    Le mini-sommet de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui s'est terminé mercredi à Montréal, ne s'est peut-être pas terminé par un constat d'échec, mais il n'aura pas vraiment permis de rapprocher l'Union européenne (UE) et les États-Unis dans l'épineux dossier agricole.

    «Ces deux derniers jours ont permis de regarder la situation en face et la réalité telle qu'elle se présente», a déclaré en conférence de presse l'hôte de la réunion, le ministre canadien du Commerce international, Pierre Pettigrew.

    Il n'a pas caché que malgré l'«utilité» de l'événement, qui réunissait les ministres du Commerce de 24 pays et de l'Union européenne, «il reste encore plusieurs écarts importants entre nos positions».

    «Il y a encore beaucoup à faire et bien peu de temps pour le faire», a-t-il dû reconnaître.

    Ainsi, sur la question des subventions agricoles, bien peu de progrès réels ont été marqués, le dialogue de sourds se poursuivant entre les deux géants que sont l'UE et les États-Unis.

    L'Europe s'est bien engagée à réduire un peu plus son aide à la production interne — 60 pour cent au lieu des 50 pour cent proposés jusqu'ici — et à éliminer une partie de ses subventions à l'exportation, mais la plupart des pays jugent que ce n'est pas suffisant.

    Les États-Unis, qui subventionnent largement la production interne de leurs fermiers mais peu leurs exportations, ont qualifié la proposition européenne de «constructive», mais estiment qu'il faut aller plus loin.

    «Nous sommes prêts à éliminer totalement nos subventions à l'exportation, alors nous nous attendons à la même chose de leur part», a indiqué le représentant américain au Commerce, Robert Zoellick.

    «Ce que je n'aime pas, c'est que nous faisons preuve d'ouverture et que la seule réaction est celle-ci: «c'est bien, mais qu'offrirez-vous ensuite?» a résumé le commissaire européen à l'agriculture, Franz Fischler, visiblement déçu de ses échanges avec M. Zoellick.

    Plus de succès du côté des tarifs douaniers

    Les négociations ont été plus fructueuses sur la question de l'accès aux marchés agricoles. A Montréal, l'UE et les États-Unis ont convenu d'«harmoniser» les formules qu'ils préconisent pour la réduction des tarifs douaniers dans le monde.

    Le groupe de pays dirigé par les États-Unis prône des baisses importantes dans les tarifs les plus élevés tandis que le camp mené par l'UE défend une réduction uniforme de tous les tarifs.

    Les États-Unis et l'UE doivent maintenant poursuivre leurs discussions dans l'espoir de présenter une solution commune sur le sujet d'ici la mi-août.

    Les pays en développement demandent depuis plusieurs années l'élimination des subventions agricoles qui font chuter les prix des matières premières sur les marchés mondiaux et qui empêchent ainsi leurs fermiers de concurrencer adéquatement avec les producteurs occidentaux.

    En contrepartie, le monde développé réclame une réduction massive des tarifs douaniers sur les produits agricoles, qui demeurent élevés dans plusieurs pays pauvres.

    Les États-Unis isolés sur les médicaments

    Sur la question de l'accès aux médicaments essentiels pour les pays pauvres, les États-Unis n'ont pas été capables d'adhérer, à Montréal, au projet d'entente signé par la totalité des autres pays membres de l'OMC, en décembre.

    Le représentant américain au Commerce, Robert Zoellick, a dit chercher à «rebâtir la confiance» des compagnies pharmaceutiques, ces dernières craignant que les médicaments qu'elles fourniraient à bas prix se retrouvent vendus sur d'autres marchés, en violation de leurs brevets.


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