Le parti politique de l'Union des forces progressistes (UFP) réclame la tenue d'une enquête sur l'action policière menée au premier jour de la rencontre de l'Organisation mondiale du commerce, lundi, au cours de laquelle environ 350 personnes ont été arrêtées, dont des dizaines de l'UFP.
Parmi elles se trouvaient trois candidats aux élections québécoises du 14 avril, soit Amir Khadir, Fernand Dorval et Guillaume Tremblay.
Aux yeux des dirigeants de l'UFP, «les quelques malheureuses casses observées lundi matin ont donné prétexte à un nombre incroyablement démesuré d'arrestations par rapport à la gravité des événements remarqués», a fait valoir Pierre Dostie, vice-président et porte-parole de l'UFP, hier, au cours d'une conférence de presse.
«Ça nous donne à penser que les arrestations ont été motivées non pas par des considérations sécuritaires mais plutôt par des considérations politiques visant à discréditer à la fois le mouvement antimondialisation et à occulter les enjeux dont il était question à la mini-rencontre de l'OMC», a-t-il ajouté.
À son avis, «la façon de faire des policiers est digne d'une république de bananes tout comme le kidnapping de Jaggi Singh qu'on fait systématiquement au début de toutes les manifestations pour le mettre à l'abri, l'empêcher de parler et d'avoir une influence sur le mouvement de protestation».
«Ceci doit être dénoncé», a fait valoir M. Dostie.
Décisions politiques
Dans l'état actuel des choses, l'UFP considère que les actions policières ont été menées en réponse à des décisions politiques.
«Pour cette raison, nous allons interpeller les ministres de la Justice à Québec et à Ottawa et le maire de Montréal pour leur demander qui a commandé ces arrestations massives», a déclaré M. Dostie.
«Ont-elles un lien entre les déclarations du ministre Pierre Pettigrew, juste avant l'ouverture de la conférence, selon lequel le mouvement altermondialiste était mort ?», s'est-il demandé.
C'est pour répondre à ces questions que l'UFP veut la tenue d'une enquête publique indépendante et «le retrait de toutes les accusations portées contre les personnes qui n'ont commis aucun méfait, aucun délit».
Pour ce qui est des actes de vandalisme, tout en se disant «non favorable à la violence pour faire valoir notre point de vue», M. Dostie a dit «comprendre que des gens s'impatientent devant la gravité, la brutalité de la violence institutionnelle dont ils sont témoins, conscients et souvent victimes».
«On comprend qu'ils puissent penser que, dans notre société démocratique, il n'y a plus moyen de faire évoluer la société par des moyens pacifiques», a-t-il renchéri.
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