Deux jours avant le début du mini-sommet de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), ses opposants ont organisé samedi une journée d'ateliers d'informations et de sensibilisation sur différents questions liées à la mondialisation.
Ainsi, à l'angle des rues Sainte-Catherine et Saint-Denis, des altermondialistes ont monté une pièce de théâtre où l'OMC est accusée d'être responsable des piètres conditions de travail des travailleurs de l'industrie de banane en Équateur.
Cette pièce s'inscrit dans le phénomène de la résistance créative, un thème traité par l'un de ces ateliers d'information sur ce que les altermondialistes présentent comme les risques du commerce mondialisé. «Plus on est instruit sur ces enjeux-là, plus on est sensibilisé, mieux on est outillé pour se battre contre ces politiques-là. ces institutions comme l'organisation mondiale du commerce», explique Patrick Cadorette, porte-parole de ces résistants.
Les militants se dressent contre ce qu'ils qualifient de capitalisme sauvage ainsi qu'à l'«impérialisme, l'État bourgeois, le racisme, le projet de loi sur la gouvernance autochtone, le patriarcat» et autres fléaux. Ils sont convaincus que l'OMC doit mourir, au même titre que toutes autres incarnations destructrices du capitalisme et de l'impérialisme.
Périmètre de sécurité
Les altermondialistes ayant promis de tout mettre en oeuvre pour faire dérailler le mini-sommet de l'OMC, les policiers ont commencé à ériger un périmètre de sécurité autour du Centre Sheraton qui accueillera la vingtaine de ministres du Commerce participant à cette réunion préparatoire en vue du sommet ministériel de Cancun (Mexique) en septembre prochain.
Ainsi, des dizaines de barrières et de blocs de bétons ont été placés autour du site, tandis qu'une dizaine de conteneurs forment désormais un mur de fer dans un terrain de stationnement proche de l'hôtel. Quelques policiers à pied ont déjà commencé à patrouiller dans le quartier. Leur présence sera renforcée lundi, d'autant que les restaurateurs et les commerçants du site ont décidé d'ouvrir leurs portes bien que plusieurs marches de protestation été annoncées.
Vendredi, une coalition baptisée Mobilisation populaire contre l'OMC a qualifié la rencontre de «mascarade capitaliste» et l'OMC d'instrument «violent» devant être démantelé à tout prix. Le regroupement a annoncé ses couleurs en décrétant cinq journées de résistance visant clairement à perturber et faire échouer la rencontre.
Lundi matin, deux marches, dont on ne connaît que les points de départ et d'arrivée, seront organisées dans le centre-ville. Afin de déjouer les forces policières, les protestataires évolueront par petits groupes. Ceux-ci ont aussi promis pour mardi une journée de résistance massive.
Au menu : les aides agricoles
Quelque 500 responsables politiques venus de 26 pays sont attendus dans la métropole. Cette rencontre préparatoire vise à établir les priorités de discussion et les ambitions de chacun des pays par rapport à différents sujets.
C'est l'épineuse question des subventions agricoles qui sera au coeur des discussions de Montréal. Le ministre canadien du Commerce international, Pierre Pettigrew, rappelle que l'Union européenne n'a pas encore réformé son programme d'aide aux agriculteurs et que les Américains continuent de subventionner leurs fermiers. Selon le ministre, ce cercle vicieux nuit au développement des pays pauvres qui ne peuvent pas concurrencer les pays occidentaux en partie responsables de la chute des prix.
Le ministre du Commerce international se dit prêt à écouter et même à rencontrer les manifestants contre l'OMC, mais un fossé sépare les deux courants de pensées. «À chaque fois qu'il y a des progrès, l'humanité a peur», croit Pierre Pettigrew.
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