
Artiste confirmé et reconnu, Erik Cedervall demeure sans doute le peintre nordique le plus français que je connaisse. D’ailleurs, ce pays de France appartient en partie à sa destinée d’artiste, puisqu’il fut boursier du gouvernement français afin de poursuivre ses études à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts à Paris dans les années 50, période comme nous le savons qui fut particulièrement riche en mouvances novatrices sur tous les plans artistiques. Ce qui, d’ailleurs, ne fut pas sans laisser quelques influences positives dans sa manière de peindre et de composer.
Erik Cedervall expose régulièrement en Europe: ses oeuvres y sont présentées un peu partout: musées, bibliothèques, espaces publiques, ainsi qu’au Musée d’Art Moderne de Stockholm mais mieux vaut ici cesser l’énumération, celle-ci étant trop imposante, l’oeuvre d’Erik Cedervall s’exprime d’elle-même: nul besoin de la justifier.
Comment ne pas songer à Bonnard, à Camoin, aux Nabis, parfois, lorsque l’on parcourt l’oeuvre d’Erik Cedervall. Cet artiste a su mêler les variations chromatiques des pays nordiques aux vibrations des lumières de Sud.
L’Art, pour Erik Cedervall est un combat pacifiste mais permanent pour tanter de restituer la mesure d’une autre beauté. Il évolue vers une composition maîtrisée: le trait est bref, précis, fragmenté, mettant harmonieusement en place, de manière tout à fait naturelle les formes et les couleurs.
Cette oeuvre est un hymne à la vie, conduite par un jeu de lignes nuancées, d’où se dégage toute la force créatrice et la sensibilité évocatrice d’Erik Cedervall. Du bonheur se dégage de sa matière, de l’émotion s’extirpe du trait franc et spontané, la maîtrise du geste rythme la composition, qu’elle soit un portrait, un paysage ou une abtraction espace où excelle aussi Erik Cedervall: car, sur ce plan, il s’exprime en toute hardiesse et liberté.
Merveilleux coloriste, il n’hésite pas à mettre les couleurs en opposition sans jamais provoquer la dissonnance…
Erik Cedervall ne serait-il pas ce peintre qui, comme le disait Henri Wood Becker, trempe son pinceau dans son âme pour peindre sa propre nature… Il s’agit bien là d’un artiste qui saisit les images de la vie pour nous restituer son chant émotionnel;
Auteur de l'article:
Michel Bénard