Le président de la LTDH subit les représailles des services de sécurité

Tunis le 7 Février 2002

La nuit du 6 au 7 février 2002, le cabinet de maître Mokhtar Trifi, président de la Ligue Tunisienne pour la défense des droits de l’homme, a été « cambriolé ». Le loquet de la porte d’entrée a été brisé. L’ensemble du contenu des tiroirs de son bureau a été fouillé et éparpillé sur le sol. Les autres bureaux n’ont pas été « visités ».Tous les observateurs qui connaissent les procédés de la police politique y ont vu une signature. Ce n’est pas la première fois que cette police parallèle porte atteinte à l’immunité du cabinet d’un avocat. Le dernier en date a été le 27 octobre 2001, le cabinet du Bâtonnier Béchir Essid. Mais Cette fois-ci, elle s’en est prise de façon ciblée au président de la LTDH.

Le 2 février, au cours du mémorable procès de Hamma Hammami et de ses camarades, Maître Mokhtar Trifi a été menacé par le chef de la police politique de représailles.Il s’agit là de toute évidence d’un avertissement au corps des avocats qui avait largement suivi un mot d’ordre de grève générale lancé pour le 7 février courant par le Conseil de l’ordre; mais surtout une menace directe à la direction de la LTDH qui est ces temps-ci dans la ligne de mire de la police politique. Cet « avertissement » peu élégant a provoqué dans le corps des avocats et du milieu démocratique une grande émotion.

Le CNLT qui s’inquiète de cette dérive sécuritaire, condamne avec la plus grande vigueur ces agissements criminels ciblés contre le président de la LTDH.

Il assure maître Trifi et la direction de la LTDH de son entière solidarité et appelle la société civile à resserrer les rangs pour mieux faire respecter les libertés fondamentales.

Il rappelle à l’Etat tunisien son devoir de protéger les citoyens et d’assurer leur sécurité personnelle et celle de leurs biens. Il invite les autorités publiques à faire respecter l’Etat de droit, à sanctionner les responsables de ces agissements illégaux et faire cesser ces dérapages d’une police parallèle qui agit en toute impunité.

Pour le Conseil,

La porte-parole

Sihem Bensedrine