Tunis le 25 janvier 2006

 

Atteintes à la liberté de réunion

et usage de la violence contre les défenseurs

 

Le CNLT est vivement préoccupé par l’usage de la violence qui tend à être systématique pour réprimer la liberté de réunion.

 

o       Le 18 janvier courant un dispositif policier a été déployé devant le siège de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) et les membres de l’association ont été empêchés d’entrer pour participer à leur réunion. Les policiers en civil ont usé de violences contre la présidente de l’ATFD, Ahlem Belhaj ainsi que Balkis Mechri, Moufida Belghith et Leila Chaabouni.

 

o       Le 24 janvier, ce fut au tour des membres du « collectif du 18 octobre pour les droits et les libertés » de subir les violences des agents en civil. Une réunion du collectif prévue au local du Forum démocratique pour le travail et les libertés" (FDLT), n’a pu se tenir ; la police politique ayant interdit l’accès au local du FDTL. Là encore plusieurs défenseurs et opposants ont été violemment agressés et particulièrement Ayachi Hammami, Hamma Hammami, et Lotfi Hajji.

 

Le CNLT

o       Assure les militants agressés de leur entière solidarité, et s’élève avec la plus grande vigueur contre l’usage de la violence contre les défenseurs de droits humains et les opposants. Il rappelle à l’Etat tunisien son devoir d’assurer la sécurité physique des citoyens et de les protéger contre les abus de ses fonctionnaires.

o       S’inquiète de cette grave détérioration de l’état de la liberté de réunion. En effet, les deux interdictions arbitraires se sont exercées contre deux structures légalement reconnues (l’ATFD et le FDTL). Ce qui met en lumière l’absence d’Etat de droit en Tunisie, puisque les autorités font fi de cette reconnaissance légale quand bon leur semble, soulignant, si besoin est, le fait que l’exercice de la liberté d’association et de réunion n’est en fait reconnu qu’à ceux qui font allégeance et que les autorités publiques n’hésitent pas à confisquer cette liberté à toute personne qui l’exerce de façon indépendante ou pour exercer son droit à la contestation pacifique.

o       Il rappelle que le droit à l’activité légale ainsi que la liberté de réunion sont garantis par les dispositions de la constitution tunisienne et tous les instruments internationaux ratifiés par la Tunisie, ils constituent de ce fait des droits pour tous les citoyens et non une faveur.

 

Pour le Conseil

La porte-parole

Sihem Bensedrine