Les pilotes de navires





Les pilotes de navires

Non il est évident que les navires de ces moments ne ressemblaient pas à l'image de gauche, mais la mer fut pour plusieurs Lavoie beaucoup plus qu'un gagne-pain! Une vocation!

Certains métiers sont davantage pratiqués dans chaque grande famille québécoise. Il semble bien que les Lavoie ont eu une prédilection pour le pilotage des navires. Les listes officielles de la Maison de la Trinité de 1802 à 1848 nous révèlent les noms de seize Lavoie qui ont pratiqué ce métier.
Rappelons que pour devenir pilote, il fallait passer des examens et obtenir un certificat de compétence remis par la corporation des pilotes du Saint-Laurent. Un jeune apprenti devait servir durant cinq ans sur plusieurs navires et sous la gouverne d'un pilote aguerri qui lui montrait les rudiments du métier, avant de pouvoir obtenir son certificat. Il devait également être âgé de vingt et un ans avant d'exercer son métier. Durant son apprentissage, le futur pilote apprenait à utiliser le compas, à sonder les baies et les havres, à mouiller et manoeuvrer les vaisseaux en toutes conditions climatiques.

Le premier Lavoie dont le nom apparaît comme pilote fut Louis Lavoie (1788) fils de Jean Lavoie et Hélène Fortin. I1 épousa à la Petite-Rivière Saint-François le 10 janvier 1757 Julie Simard fille de Pierre Simard et Françoise Meunier. Après avoir obtenu son brevet de pilote, il exerça son métier sur la rive nord du Saint-Laurent à partir de Cap-aux-Oies. Baie Saint-Paul et Petite-Rivière Saint-Francois. Il faut savoir qu'à cette époque, sous le régime français, les navires longeaient la rive nord du Saint-Laurent de Tadoussac au Cap-Tourmente avant de traverser vers la rive sud pour contourner l'Île d'Orléans. Les pilotes habitaient à la Petite-Rivière Saint-François ou à Baie Saint-Paul. Mais, après la prise de Québec en 1760 et sous le régime anglais, on changea la route d'accès par le fleuve en longeant la rive sud du côté de Pointe-au-Père, Rimouski et le Bic, ce qui força les pilotes désireux de continuer à exercer leur métier à déménager à Pointe-au-Père et dans les environs. C'est ce que fit Louis Lavoie. Il décéda à Rimouski le 24 octobre 1805.

Dans son cas, on peut dire: tel père, tels fils, car trois de ses fils suivirent son exemple et devinrent pilote comme lui. L'aîné, Louis-Marie; naquit à la Petite-Rivière Saint-François le 16 octobre 1757. Il épousa à Kamouraska le 22 novembre 1785 Geneviève Guimont. I1 alla s'établir à Sainte-Luce près de Rimouski et en devint un des pionniers. Monsieur Miller de Sainte-Luce écrivait en 1897 dans le journal l'Électeur les notes suivantes à propos des débuts de Saint-Luce: " Vers 1790, le rare voyageur qui, par aventure côtoyait la rive du grand fleuve, ne rencontrait en aval de la Pointe-au-Père, que huit habitations... Si elles existaient encore, on verrait, près de la ligne séparant les seigneuries de Saint-Barnabé et de Lessard, la maisonnette de Louis-Marie Lavoie, pilote, dont les nombreux descendants se sont partagés comme champs d'existence le sol et la mer. "

Louis-Marie fut admis pilote le 22 juin 1805. I1 décéda à Rimouski le 29 mai 1828.
Son frère Pierre fut également pilote. Né aux Éboulements le 24 juin 1771, il épousa en premières noces à Rimouski le 15 janvier 1798 Madeleine Ruest et en deuxièmes noces à Beaumont le 20 octobre 1801, Elizabeth Boulanger dit Lefebvre. Il fut appointé pilote pour le fleuve Saint-Laurent le 29 mai 1794.
Un troisième fils de Louis Lavoie et Julie Simard devint pilote. Jean, né aux Éboulements le 10 septembre 1777 épousa à Rimouski le 10 janvier 1804 Batilde Saint-Laurent. Dans l'acte de mariage, on le dit pilote du Saint-Laurent bien qu'il ne reçut son brevet que le 30 juillet 1805. I1 décéda à Rimouski le 20 juin 1828.

La tradition ne se perdit pas dans la famille puisque au moins deux des fils de Louis-Marie et de Geneviève Guimont devinrent pilote. Jean baptisé le 6 décembre 1802 épousa Geneviève Bouillon le 13 février 1827. Il fut admis pilote le 19 février 1833. Son frère Louis-Marie, marié le 16 février 1841 à Aurélie St-Laurent admis pilote le 9 août 1836.
Par ailleurs, le fils aîné de Louis-Marie Lavoie et Geneviève Guimont se prénommait Louis-Joseph. Il épousa le 29 janvier 1811 à Rimouski Pétronille Pineau. Leur premier enfant fut baptisé Louis-Joseph comme son père et devint pilote du Saint-Laurent. Il naquit en 1812 et par un subterfuge inexpliqué réussit à obtenir son brevet de pilote avant l'âge officiel de 21 ans: Il fut admis le 11 mai 1832. L'année suivante, le 18 février 1833, il épousa à Québec, Marguerite Paquet. I1 pilota des navires sur le Saint-Laurent et au-delà de l'Atlantique pendant 47 ans. Durant toute cette période il n'eut jamais d'accident sauf un, survenu le 29 mai 1839. I1 pilotait la barque James Bailey de Rimouski à Québec. Tôt le matin un de ses hommes était au gouvernail et effectua une fausse manoeuvre dans la partie du fleuve qu'on appelle LaTraverse. Le navire dévia de sa route et alla percuter le phare flottant qui se trouvait à cet endroit. La barque fut assez lourdement endommagée. Le 14 juin suivant, après enquête où le maître de barque John McKutcheon et un des matelots nommé Thomas Campbell pour se disculper jurèrent que l'accident était survenu en raison de la négligence du pilote, Louis-Joseph fut suspendu pour deux ans par les autorités de la Maison de la Trinité. Convaincu d'avoir été mal jugé, Louis-Joseph ne tint pas compte de sa suspension et continua à piloter des navires, ce qui lui valut le 13 octobre 1840 une amende de 10 louis pour avoir piloté la barque Ocean dans le havre de Québec pendant sa suspension. I1 récidiva en pilotant le brick Ann ce qui lui valut une amende semblable le 9 juillet 1841. Le 22 juillet suivant il recouvrait ses privilèges. C'est à la barre de la barque Glendowerque le 29 septembre 1879, il fut victime d'un accident dont il ne se remit pas. Il décéda le 9 octobre suivant à Rivière-du-Loup.

Joseph Lavoie, un des frères de Louis Lavoie époux de Julie Simard fut également pilote. I1 naquit à la Petite-Rivière Saint-François le 20 avril 1725. Le 18 janvier 1745 il épousa aux Éboulements, Marie-Charlotte Gagnon. Comme son frère, il vint s'établir à Pointe-au-Père. Il eut douze enfants, de son union avec Marie-Charlotte Gagnon. Aucun de ses fils ne suivit ses traces. Cependant, Louis-Côme, son aîné épousa le 28 août 1755 Judith Desrosiers et en deuxièmes noces en 1783 Rose Sirois. Leur troisième enfant prénommé Amable se fit pilote tout comme son grand-père. Le 6 février 1815, il épousa Ursule Saint-Laurent, à Rimouski. I1 fut admis pilote le 14 septembre 1813. Le 4 août 1821, il fut suspendu pour douze mois, parce qu'il avait échoué le brick Rambler sur les récifs de Beaumont. Le 25 septembre suivant, on le condamna à 10 louis d'amende pour avoir, malgré sa suspension, piloté le vaisseau Princess Royal. Le 12 juillet 1822, il fut condamné à 20 louis d'amende pour avoir piloté durant le temps de sa suspension le brick Margery. Ces amendes ne l'effrayèrent pas puisqu'il prit la barre du vaisseau Star et dut verser 10 louis d'amende. Il fit mieux, car le 23 juin 1825 on le condamna à 5 livres d'amende pour avoir refusé de piloter le transport Emerald.

Comme on peut le constater par les exemples antérieurs, les pilotes Lavoie avaient du caractère et ne se laissaient pas intimider par de simples suspensions ou amendes.
Il y eut d'autres pilotes Lavoie, entre autres: Jean-Marie Lavoie que l'on retrouve pilote du Saint-Laurent de 1798 à 1803. Ce Jean-Marie Lavoie était fils de Dominique Lavoie et Madeleine-Rose Simard de Baie Saint-Paul; Jean Lavoie admis le 14 avril 1826: Laurent Lavoie, admis en 1827; Amable Lavoie de Baie Saint-Paul, admis le 10 juin 1836; Édouard Lavoie de Trois-Pistoles, admis le 18 avril 1837 et Henri Lavoie, admis le 31 juillet 1838.
(texte: auteur inconnu)

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