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Simple curiosité pour les néophytes, trésor culturel pour les connaisseurs, les toiles de notre hôtel de ville constituent avec le majestueux édifice qui les abrite l'un des plus beaux joyaux du riche patrimoine culturel de la ville.
Les archives communales nous ont permi de reconstituer l'histoire d'une grande partie de ces tableaux, ou du moins celle de leur arrivée à Skikda.
Peu d'informations fiables par contre conçernant des oeuvres de grande valeur comme «Le veuf;» et «Les berges de la seine» de J.F.RAFFAELLI ou encore «La femme» de C.CHAPLIN, sont à notre disposition. Ces tableaux avec ceux d'autres peintres (BOUCHAUD, CHABANIAN, CASSES,BOUVIOLLE) auraient été empruntés à des musées de France à différentes occasions (inauguration de l'hôtel de ville, centenaire de Phillipeville).
Plus de mystère encore, entoure «;La mise en tombeau du seigneur».
Ce tableau, répertorié comme étant anonyme, serait un «VAN DYCK». Plusieurs indices semblent étayer cette conjecture. Louis BERTRAND dans son «Histoire de Philippeville» rapporte: «Au moment de transporter dans la nouvelle église en février 1854 le mobilier de l'ancienne, on songe à restaurer les trois tableaux apposés aux murs . L'une de ces toiles porte le nom illustre de VAN DYCK et a été donnée à l'église par monseigneur Dupuch». A ce sujet, monsieur Ahcene CHEBLI qui, dans sa longue carrière à l'hôtel de ville a appris à connaître ces tableaux, confirme. «C'est un VAN DYCK et il était signé» affirme t-il. Dans quelles circonstances cette toile est-elle tombée dans l'anonymat&nbsp;?
Une autre partie de ce magnifique fonds artistique est constituée d'oeuvres de peintres ou d'artistes amateurs ayant vécu à Skikda. Ainsi en est-il de Jules Chabassière, géomètre féru d'archéologie, conseiller municipal de Phillipeville, à qui on doit les deux tableaux «Théâtre Romain» et «Mosquée de Sidi OKBA» . Paul Rossi auteur du tableau «Le port de Stora» est également poète et a été conseiller municipal de Philippeville. Randavel est un artiste peintre qui a certainement longtemps séjourné à Skikda puisqu'on le trouve membre du conseil d'administration du musée de Phillipeville vers la fin du 19eme siècle. Il nous a laissé deux tableaux «Marine» et «La marine;». «Le charmeur de serpents» est l'oeuvre d'un artiste de Phillipeville. Il s'agit de F.Ricoux, issu d'une grande famille de la ville. Nous n'avons pu établir de liens précis entre l'artiste et les deux maires de Philippeville Alexandre et René Ricoux. Plus d'une trentaine de tableaux ont été achetés par la municipalité de Phillipeville en majorité durant les vingt années des mandats de Paul Cuttoli. Ainsi la toile de Constantin Font «La femme&nbsp; nue» a été achetée le 1 Décembre 1932 (7000 F.F) .
L'acquisition de deux autres tableaux du même artiste «Le minaret» et «La place de marqué» date de 1946 (10.000 F.F).
Parmi les tableaux de Maurice Utrillo trois gouaches ont été achetées le 12 Juin 1933 (7500 F.F). Une autre toile de l'artiste «La place du tertre sous la neige» a été acquise en 1933 également, au prix de 10.000 F.F. La même année sont achetés deux autres tableaux d'UTRILLO au prix de 25000 F.F.
La toile de STYKA «Idylle marocaine» a été achetée auprès de l'artiste lui-même le 20 septembre 1932 au prix de 6000 F.F. Le même jour à Paris le Maire de Philippeville Paul Cuttoli concluait avec l'artiste Maurice Levis, l'achat de deux de ses oeuvres «Haute vallée de la Sarthe;» et «bord de la Mayenne» au prix de 8500 F.F et achetait à l'artiste Didier Pouget deux tableaux ayant figuré au salon de Paris «Le matin» et «Bruyère en fleurs» au prix de 10.000 F.F. Au peintre I.Ortèga, Paul Cuttoli a commandé 24 tableaux .Nous n'avons pu établir dans quelles conditions s'est conclue cette transaction qui remonte à 1936 à part que les cadres réalisés par un ébéniste de Tizi Ouzou ont coûté 720 F.F. Quinze de ces tableaux sont encore à l'hôtel de ville.
Deux autres tableaux seront achetés en 1952 et 1955 à un artiste de la ville, Charles FEOLA, «l'hôtel de ville» et «Mont martre» .
En juillet 1938 la municipalité procède à l'achat de deux tableaux provenant d'une succession. Le premier «marché de légumes» de A.POINT pour 8000 F.F, le second est le fameux «le bassour» de Nacreddine Dinet, il a coûté 22000 F.F «Le bassour a été offert par la ville de Skikda au président Houari Boumediene en 1970.
A l'hôtel de ville, il y a également des tapisseries de grande valeur. Il y a d'abord «La barque De Dante» et «Les femmes d'Alger dans leur appartement», toutes deux d'après E.Delacroix. Elles sortent des ateliers Aubusson en France et on été livrées par l'artiste Fernande Cormier, la première en 1933, la seconde en Septembre 1932. Elles ont coûté 25000 F.F chacune. «L'arrivée des français devant Rusicade» sort également des ateliers Aubusson. Achetée en 1935 ,elle a coûté 30.000 F.F.
Au delà de la fierté légitime que suscitent en nous les louanges sincères des différents visiteurs qui ont eu le privilège de les admirer, quelle que soit leur réelle valeur sur le marché actuel de l'art, nous nous devons de restituer à ces tableaux leur véritable statut; celui d'un fonds culturel qu'il s'agit de sauvegarder, celui d'un témoin de notre histoire récente qu'il s'agit de protéger.
NOUAR Ahmed