QU'EST-CE AU JUSTE QUE L'INSTINCTOTHERAPIE ?

par Guy-Claude Burger, sans date (avant 1986 ?)

Dans une civilisation où les certitudes se sont trop éloignées des vérités premières, où l'artifice s'est fait universel et quotidien, tout effort d'authenticité risque de buter sur l'incompréhension ou le réductionnisme, et de manquer son but. Cha-que fois que surgit une idée nouvelle de l'inconscient des hommes, générée par cette étrange alchimie de l'intuition jointe à la logique, elle risque inévitablement de succomber au processus même qui régit le progrès de la pensée commune : on ne peut faire autrement que la rattacher à ce que l'on sait déjà : garantie de rigueur dans l'édifice d'une culture ou d'une science, qui représente le malheureux inconvénient d'écraser systématiquement ce qui est trop neuf ou trop désagréablement vrai, de fermer l'esprit à l'évidence surprenante au lieu de l'ouvrir et de le libérer de ses liens au déjà connu.

Désireux d'éviter que s'installe ce genre de malentendu autour d'une démarche qui a sans doute de quoi surprendre et décontenancer, je vais tenter de répondre - par la négative, bien que cela ne soit pas d'usage - à cette question que vous vous posez peut-être :

QU'EST-CE AU JUSTE QUE L'INSTINCTOTHERAPIE ?

L'Instinctothérapie n'est pas un régime, tout au contraire : régime vient du latin "regere", régir, diriger, et signifie alimentation dirigée ou raisonnée. Manger "originel", c'est renoncer à toute forme de régime ou de système, y compris le régime gastronomique usuel. C'est restaurer la liberté totale de l'organisme - et du plaisir - dans le cadre prévu à cet effet par la nature.

L'Instinctothérapie c'est pas une nouvelle diététique : le propre de toute diététique est d'imposer à l'organisme les aliments que l'on estime nécessaires pour couvrir ses besoins. Cependant, toute estimation de ce genre, tout diagnostic posé de l'extérieur ne correspond que de très loin aux besoins réels d'un individu donné à un instant donné : d'une part parce que la meilleure diététique ne peut prétendre tout connaître quant aux réalités du phénomène vivant ; d'autre part parce que le meilleur diététicien ne peut appuyer ses raisonnements et ses calculs que sur des données générales, établies sur la base de moyennes. L'Instinctothérapie permet de tourner cette difficulté car, sans rejeter l'utilité du diagnostic ni du traitement médical, lorsque celui-ci est nécessaire, elle permet aux mécanismes instinctifs, dont c'est la fonction, de présider à l'équilibre du métabolisme et à la régénération de l'organisme. Or l'instinct travaille de l'intérieur, il peut donc tenir compte, d'instant en instant, des données réelles, actuelles et propres à chaque individu particulier, même avant l'apparition des symptômes d'une maladie par exemple.

L'Instinctothérapie n'est pas une thérapeutique nouvelle, mais plutôt un autre art de vivre. Un art de vivre qui constitue en soi une thérapeutique fondamentale simplement parce qu'il consiste à renoncer à tricher avec les lois de la nature. Disons même qu'on pourrait la considérer comme l'art de vivre par excellence, car il n'en est, en définitive, pas d'autre véritablement authentique que celui que la vie a inscrit dans notre génétique, au tréfonds de notre être et de ses pulsions instinctives. Ce qui implique qu'il faut apprendre à distinguer les instincts fondamentaux de toutes les tendances pernicieuses qui parasitent nos psychismes. Ensuite, qu'il faut comprendre les causes de ce parasitage, Et finalement qu'il faut prendre conscience de l'absurdité - biologique et spirituelle - de tout artiffice recherchant le plaisir en dehors de l'obéissance aux lois premières.

L'Instinctothérapie n'est pas une simple affaire de nourriture ; quoiqu'il faille bien admettre, à force d'expériences, que l'alimentation dénaturée dite traditionnelle a une influence infiniment plus néfaste qu'on ne l'imagine sur la santé physique, à long terme surtout, comme sur la vie psychique, à l'échelle de l'individu comme à celle de la société. Il ne faut pas la confondre non plus avec les divers crudivorismes à la mode : aux notions de cru et de biologique, elle substitue celles de brut et d'originel, et cela non en fonction d'un naturalisme quelconque mais pour des raisons de biologie moléculaire et d'adaptation génétiques bien précises.

En fait, le terme instinctothérapie n'évoque qu'un aspect médical de la démarche entreprise. (Une phrase supprimée le 16-10-2002, car contenant un nom propre). La question fondamentale à laquelle il s'agit ici de répondre, celle autour de laquelle gravite en fin de compte tout ce qui touche aux sciences humaines, peut en effet se résumer ainsi : que pourrait être l'homme s'il n'avait pas utilisé son intelligence fraîchement éclose pour se jouer de ses instincts millénaires, mais plutôt pour les comprendre et les respecter ?

C'est en somme la remise en question sans concession de l'homme Prométhéen : qu'avons-nous gagné à voler le feu aux dieux, qu'il s'agisse du feu de la cuisine ou de celui d'un orgueil censé nous garantir la maîtrise de la nature ? Qu'avons-nous gagné par exemple à transformer pour le plaisir du palais les aliments que nous donne notre terre nourricière ? Savons-nous mesurer les conséquences réelles de la dénatura-tion culinaire sur nos corps et nos esprits ? Qu'avons-nous gagné à transformer par toutes sortes d'inventions et d'interventions le milieu biologique et social où se dé-roulent nos existences ? Qu'avons-nous gagné à modifier par la création d'interdits et de coercitions de toutes espèces, le déroulement normal de nos programmes instinctifs fondamentaux ? Que savons-nous en définitive de la normalité, qu'est-ce qu'une santé normale, qu'une sexualité normale, qu'un être humain normal ?

Autant de questions auxquelles notre science actuelle ne sait le plus souvent répondre qu'en confondant normale et moyenne. Mais au cas où l'humanité serait victime de certaines erreurs systématiques, plaçant chaque individu dans un même état anormal, plaçant donc la moyenne de l'humanité dans une situation paradoxale, il se pourrait bien que toute la recherche médicale et psychiatrique, par exemple, fasse fausse route..

Pour qu'un moteur fonctionne normalement, il faut l'utiliser conformément à ses caractéristiques, en particulier veiller à lui donner le carburant pour lequel il a été construit. S'inspirant de la même logique, la démarche instinctothérapique consiste à commencer par se poser cette question essentielle : pour quel carburant le moteur humain a-t-il été construit ? Puis, une fois défini ce carburant d'origine, il s'agit de l'administrer au moteur concerné, afin d'observer et de comprendre son fonctionnement correct, de reconnaître ses limites et ses potentialités véritables.

Expérience fondamentale et inaliénable, qui s'intègre au vécu de l'expérimentateur, dans laquelle l'observateur et l'observé, le mécanicien et le moteur, le médecin et le malade, le psychanalyste et l'analysé ne font qu'une seule et même personne, c'est-à-dire vous.

Une telle recherche, débouchant sur l'ensemble du problème humain, présente l'avantage d'inscrire le problème alimentaire dans un champ de réflexion beaucoup plus large que ce qui se produit avec la plupart des traitements et des "régimes". De par son caractère scientifique, dépourvu de réductionnisme tant matérialiste que spiritualiste, de par le fait également qu'elle apprend à chacun à retrouver en lui-même et par lui-même la clé de son bien-être et de son être, au lieu de la rechercher à l'extérieur, dans un homme, dans une doctrine, ou dans un artefact quelconque, elle évite le danger du sectarisme et de l'obsession qui guette la plupart des tentatives de réforme de vie.

Expérience difficile, il est vrai, qui risque à chaque instant de s'enliser dans la complexité du phénomène humain, de se faire récupérer par les ornières de la pensée coutumière, de céder à la pression de la tradition et de l'entourage, de succomber sous le poids des tabous et de l'incompréhension.

Le principe premier de l'Instinctothérapie, nécessaire comme chaque fois que l'on progresse en terres inconnues, aussi bien pour se dégager des stéréotypes ambiants que pour éviter toute stérilisation dogmatique, consiste à ne jamais se reposer sur les croyances ou les vérités acquises : toujours rester prêt à tout remettre en question. La convictions si elle repose sur une vérité et non sur une croyance, doit jaillir et se renouveler de jour en jour à partir de l'expérience vécue, et non pas découler d'une doctrine quelconque, c'est une condition indispensable si l'on veut éviter de se faire prisonnier d'un système de pensée.

Remise en question permanente qui n'exclut pas cependant l'utilité de la théorie : pour aller de l'avant dans un domaine neuf, pour débrouiller les problèmes, pour structurer la découverte et l'interpréter, il faut une grille de déchiffrage, constamment renouvelée, provisoire par nécessité, mais aussi proche que possible de la réalité. Et là, l'Instinctothérapie apporte plusieurs éléments nouveaux ou insuffisamment approfondis dans les approches classiques du problème de la condition humaine que nous pouvons schématiser ainsi :

1) La réhabilitation de l'instinct alimentaire, la définition des conditions précises dans lesquelles celui-ci est à même de fonctionner correctement, la connais-sance de tous les facteurs susceptibles d'en fausser l'expression, voilà de quoi don-ner un point de départ valable à l'observation ; sinon le déséquilibre alimentaire suffit à masquer bon nombre de phénomènes, à brouiller le tableau clinique de sorte qu'on ne sait comment interpréter les symptômes - de même qu'il est indispensable de régler le carburant avant de soumettre un moteur à un test de fonctionnement quelconque. L'instinct alimentaire au poste de commande, c'est la mise en équation simple sans laquelle le problème reste insoluble.

2) L'expérience doublée de la théorie conduit alors à formuler la notion de pathologie moléculaire d'origine culinaire, c'est-à-dire l'intoxication de l'organisme par des substances issues des réactions chimiques liées aux divers artifices culinaires ou apportées par la consommation d'aliments étrangers à la plage alimentaire humaine primitive, substances auxquelles les structures enzymatiques propres à l'organisme humain ne sont pas adaptées, et qui parasitent les circuits métaboliques normaux. La santé se définit alors non pas comme l'absence de troubles, mais comme l'absence d'intoxication somatique conjointe à l'absence de désordres génétiques.

3) La notion de pathologie moléculaire d'origine alimentaire conduit ipso facto à reconsidérer l'étiologie des innombrables maladies qui peuplent les dictionnaires de médecine. Il faut bien constater en effet que la plupart des maladies ont encore une cause obscure dans le dispositif médical actuel. L'expérience instinctothérapique fait notamment apparaître la signification téléologique, c'est-à-dire l'utilité de nom-breuses maladies virales et microbiennes que l'on est amené à considérer comme des réactions parfaitement coordonnées tendant a l'élimination des substances étrangères d'origine culinaire. L'inhibition de semblables processus, par exemple par l'emploi de vaccins, d'antibiotiques ou autres interventions apparaît alors un paradoxe médi-cal qui pourrait être la cause d'une aggravation générale de l'intoxication endémique provoquant la prolifération des maladies dégénératives, auto-immunes et cancéreuses.

4) L'influence de cette pathologie moléculaire sur l'appareil neurophysiolo-gique et sur le psychisme en général mérite d'être relevée. L'équilibre pulsionnel, c'est-à-dire l'équilibre des diverses poussées instinctives qui prennent racine dans l'inconscient, est intimement lié à notre biologie. L'activité des centres cérébraux qui régissent nos diverses fonctions psychiques dépend étroitement de la biochimie nutritionnelle. L'expérience montre effectivement qu'avec l'alimentation instinctothérapique, comme lors d'un jeûne prolongé, le niveau d'angoisse, de stress, d'agressivité, d'obsession, de dépression, s'abaisse notablement, ce qui s'explique par la diminution des feed back cérébraux dus à l'excitation des neurones par les métabolites anormaux d'origine culinaire. L'état de détente, de sensibilité et de dynamisme qui s'installe spontanément, change profondément le pronostic psychosomatique de l'individu, tout en aplanissant la voie vers l'équilibre et l'unité intérieure.

5) Ce changement d'équilibre pulsionnel, ajouté à ce que l'on retire de l'observation de l'instinct alimentaire, ouvre la voie à une recherche essentielle dans le domaine de l'instinct sexuel et, de manière inattendue, des facultés dites extra-sensorielles. Ce qui conduit à reconsidérer, in vivo, l'ensemble de la psychologie, de la psychanalyse et de la parapsychologie. Sur cet axe se définissent alors deux types de psychothérapies : l'Instinctoanalyse, sorte de psychanalyse autogène gui se met en place quasi spontanément, l'accès à l'inconscient étant rendu plus facile par la diminution des tensions obsessionnelles, et la métapsychanalyse qui permet d'agir plus efficacement que toute forme d'analyse, grâce à l'intervention des facultés extrasensorielles du sujet ou d'un assistant qui assure une lecture directe des messages de l'inconscient, grâce également à la nouvelle approche du problème de la névrose et de la normalité des structures psychosexuelles que fournit la théorie de la métasexualité -autre volet de la recherche instinctothérapique.

6) De problème de la relation à l'autre, de la socialisation, des structures de la société en général, s'en trouvent posées dans un système de coordonnées qui n'a semble-t-il pas été défini jusqu'ici. Ainsi s'ouvre tout un champ de réflexion encore inexploré, susceptible de passionner le sociologue théoricien : dans quelle mesure les structures et les contradictions de notre société actuelle sont-elles engendrées directement ou indirectement par les désordres pulsionnels dus aux habitudes alimentaires.

7) Le développement possible chez chacun de la perception extrasensorielle, corollaire immédiat du processus instinctoanalytique, permet d'aborder par une voie concrètement intégrée au vécu - et non mentale - ce qu'on appelle la vie spirituelle. Là également, il y a lieu de remettre en question tout ce qui a été dit sur ce sujet, et de constater, notamment, que la plupart des ésotérismes ne donnent guère les clés de l'évidence dans ces deux secteurs fondamentaux de notre existence : l'alimentation et l'amour.

 

Vous vous étonnerez peut-être que le facteur alimentaire puisse exercer une influence déterminante sur la vie psychique. Il est plutôt coutume d'affirmer, en matière de guérison, que le moral fait tout. Ne faut-il pas cependant commencer par se demander ce qui fait le moral ? Pourquoi telle personne trouve-t'elle la force psychique qui l'aidera à guérir, et telle autre se sent-elle envahie par des pensées suicidaires ? Dire à quelqu'un qu'il suffit d'avoir des pensées positives quand il se sent au bout du rouleau, c'est dire à un noyé de surnager pour mieux respirer. Une pensée positive factice, fabriquée par la volonté consciente, ne fera que reporter le problème plus loin, creuser plus profondément le vide dans l'inconscient et finalement aggraver le déséquilibre pour le faire réapparaître là où l'on ne l'attendait pas.

Déclarer que l'esprit fait tout, c'est souvent chercher un alibi pour mieux occulter les erreurs et les faux plaisirs qu'on s'accorde au niveau du corps. C'est oublier que le psychisme plonge ses racines dans le physique. C'est en fait un péché d'orgueil : l'homme prométhéen voulait se faire aussi sage que les dieux : ne ferions nous pas mieux de redécouvrir la sagesse de l'animal...

L'erreur alimentaire est millénaire. Elle remonte vraisemblablement aux origines mêmes de la civilisation. Mais une fois que nous en avons pris conscience, une fois que nous avons pressenti les prémices et les conséquences, nous n'avons plus le droit de perdre un seul jour pour retrouver la vérité, en cette matière comme en toute autre. Il en va de chacune de nos vies physiques et spirituelles, comme des vies innombrables d'hommes et de femmes qui ne méritent pas plus que nous d'être condamnés, par l'ignorance de tous, à des souffrances et des drames inutiles. Là où elle se perd dans la complexité des mécanismes et les ornières de la pensée, une démarche simple, globale, personnelle, comme celle de l'Instinctothérapie pourrait nous donner l'espoir d'une solution totale. Puisse-t-elle pour le moins nous aider à trouver, en nous-mêmes et chacun selon nos propres vies, le plus court chemin vers la santé et vers le bonheur...

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