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BD: mes goûts.
Généralement,
ces illustrés commencent bien, l'originalité des images
aidant. Puis ça se gâte par la banalité ou l'excentricité
gratuite. J'ai cependant pris beaucoup de plaisir à suivre l'épisode
de La Vierge noire du Marquis d'Anaon. Je ne
suis pas un gars chanceux en ce qui concerne la BD, il est rare que je
tombe sur une bonne. Faut dire que je ne suis pas beaucoup ce qui se produit
en ce domaine. Pourtant, j'ai grandi avec Zembla, Akim, Blek le rock,
Kiwi, etc. J'ai appris à lire, pour ainsi dire, en les dévorant.
Je me réjouis d'avance à l'idée qu'il existe d'autres
titres des mêmes auteurs, Vehlmann et Bonhomme. Quand j'ouvre une BD, c'est le dessin qui me frappe avant tout. Il y a répulsion ou attraction, puis considération pour le sujet narratif. Dans le cas de La vierge noire, pas de fouillis, ni de personnages aux formes ridicules déformées à l'envi. Ils sont plutôt bien campés et les traits classiques et fermes. Les images, sombres, noires et froides, à l'instar des forêts d'hiver au sol recouvert de neige, accentuent l'impression que nous pénétrons dans un monde mystérieux, proche de la mythologie. |
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Ainsi, sous des allures de contes de sorcellerie,
les auteurs nous dépeignent
la lugubre époque de la campagne française au siècle
de l'Inquisition.
Chaque année, quand vient l'hiver, nous apprend la quatrième
de couverture,
le démon rôde et des corps de jeunes femmes sont retrouvées
dans la forêt,
horriblement mutilées, près de la vierge noire.
| «Comment moi, alors si jeune, en suis-je arrivé à concevoir et à développer une idée à ce point affreuse?» Mary Shelley | Le marquis d'Anaon est
intéressé à comprendre. Ayant terminé ses
études de médecine, formé par conséquent
à l'esprit rationnel, notre détective en herbe a décidé
de s'aventurer dans ces lieux cauchemardesques où les superstitions
diaboliques se confondent avec la réalité guère
plus rassurante. Mais grâce au courage et à la détermination
d'aventuriers comme lui, le diable est renvoyé dans ses limbes
et les mœurs s'adoucissent. Intelligent et divertissant, même si le thème est éculé.
Beaucoup plus tôt, le jeune mais perspicace Coleridge avait prévu l'effondrement de la littérature gothique lorsqu'il avait dit, en rendant compte des Mystères d'Udolphe: « . . . dans la recherche de ce qui est nouveau, un auteur risque d'oublier ce qui est naturel; et, en rejetant les conclusions les plus évidentes, d'adopter celles qui sont le moins satisfaisantes.» |
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Il s'agissait là, bien sûr, d'une opinion du XVIII siècle; et ce qui était «naturel» était sensé être le développement rationnel d'une idée.» Bref, tout ça, quand c'est bien raconté et dessiné à travers une BD, me vaut un plaisir que j'anticipe: j'espère que je ne serais pas déçu par un autre titre du marquis d'Anaon.
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«J'entendis
parler de la division de la propriété, de la richesse immense
et de la pauvreté sordide; du rang, du lignage et du sang noble.
J'appris que les biens, les plus prisés par nos frères humains,
c'était des origines élevées et pures, jointes à
la richesse. Un homme pouvait être respecté grâce à
l'un seulement de ces avantages; mais, privé de l'un et l'autre,
il était considéré, sauf en des cas bien rares, comme
un vagabond et comme un esclave, condamné à gaspiller ses
facultés au profit des rares élus!» Frankenstein
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