Rachida
par Yamina Bachir
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Présenté en Sélection Officielle, Section Un Certain
Regard au Festival de Cannes 2002
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J’ai vu « Rachida », le film de Yamina Bachir. Elle était présente à la fin de la projection pour une période de questions. J’en ai profité. Pour ce qui est du film, en matière de cinéma, d’art si vous voulez, il n’y a pas grand chose à dire, c’en est un de facture linéaire et réaliste avec un minimum de contexte. Il focalise sur les fâcheuses conséquences de la femme assujettie à des us et coutumes contrôlées par une espèce d’hommes des cavernes du XXI siècle. Comme le dira une personne dans la salle, ce n’est pas le genre de film qu’on regarde en Algérie puisqu’il ne leur apprend rien de plus que ce qu’ils vivaient là-bas tous les jours et savait déjà. Moi non plus il ne m’a rien appris. Par contre, il touchera certainement la sensibilité d’étrangers non familiers de la réalité algérienne. Dans ce sens, le film de Yamina Bachir, est un témoignage culturel éclairant pour les civilisations aux mœurs évoluées. Pour les gens du bled, il restera cependant un odieux souvenir (je parle comme si le pire était passé) de l’Algérie démoniaque car ce ne sont pas les SS ou les Américains qui ont perpétré ces horreurs ; ce sont des algériens qui l’ont fait à d’autres algériens : femmes, enfants et vieillards !
J’ai dit minimum de contexte, je rajouterai -minimum
d’explications ; c’est presque suspect. Par exemple quand
elle dépeint les protagonistes de cette violence, elle nous montre
des voyous, genre brigand, de type occidental. Les gens comme moi savent
toutefois que la violence qui a sévit en Algérie était
largement revendiquée par les partis islamistes et largement réprimée,
jusque dans la population qui servait d’otage, par l’armée
et les représentants du pouvoir. De cela, dans le film, que dalle
! Pas un seul barbu avec sa calotte et sa djellaba ; pas un seul militaire
! Dommage. Aussi, elle nous brosse le tableau d’un village dans
les montagnes où la barbarie les rattrape mais Rachida Bachir demeure Mais c'est un des rares films algériens, réalisé
par une algérienne, et traitant d'un sujet délicat qui risque
la mort. Pour ça, Mme Bachir mérite qu'on l'assiste dans
ses projets. |