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-La haine: -----
Faire l'autruche devant l'horreur. Montage
le journal de Joseph Goebbels
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Un critique écrit à propos du Ministre nazi:


«On a l'impression de lire la prose d'une âme damnée alors que
ce n'est que celle d'un homme.»

 
Soldats français, en Algérie, pratiquant la torture.

Je fronce les sourcils. . . Que veut-il dire exactement? Un homme, au fond monstrueux? Un homme comme vous et moi, comme tout le monde? Affirme-t-il que nous sommes tous semblables? Que nous aurions de la bête et de l'ange en nous et que les conditions sociales et matérielles détermineraient absolument notre tempérament? Une sorte de virus métaphysique craché par le big bang et distribué par une main également mystérieuse mais équitablement, en pourcentage de bien et de mal envers l’espèce humaine, et non à des individus? Des notions d’égalité modernes, vieilles d’un peu plus d’un siècle, si je ne m’abuse. Où alors que ces conditions, selon notre critique, feraient généralement sortir en l’homme plutôt la bête que l’ange? Que quelque part il y a des démons? Ou, qu’au fond, notre nature est instinctivement bestiale, puisque que là se trouve nos origines selon l’évolution!?
(L'homme descend du singe, pour reprendre une croyance scientifique désuète au comble du ridicule; mais à cette époque, pour ceux qui n’étaient pas croyants, c’est ainsi qu’on s'élevait de la terre pour marcher et penser comme des humains.)

Soldats français en Algérie pratiquant la torture Rien de divin ou d’angélique à priori. Une idéologie qui fait de plus en plus écho de nos jours aux problèmes de la violence: on réalise que la barbarie n'est pas seulement le lot des sauvages, des païens et des étrangers mais que chaque peuple, même le plus civilisé, en possède la graine en germe. Il a fallu attendre la fin du vingtième siècle pour reconnaître cette faiblesse inhérente aux nations si fières de leur distinction supérieure: par le complexe de l'autruche.

. Montage
Mais de là à écrire qu'«il n'y a rien de démoniaque chez Goebbels, au contraire.», on se demande ce qu'il entend par démoniaque? Une âme avec deux petites cornes? Pour lui, et comme la plupart des sociologues, ces horreurs s'expliquent de façon lumineuse, comme dans le roman de Kafka:«les fonctionnaires appliquent simplement le règlement, aussi abominables soit-il.» Ben voyons! Vous ne faites aucune différence entre ceux qui refusent catégoriquement ce genre de violence, même s'ils sont peux nombreux, et ceux qui prennent plaisirs à exécuter sadiquement les ordres. Pourquoi? Parce que dans leur comportement, ils ressemblent à monsieur tout le monde; ils aiment leur chat, bordent leurs enfants et participent à des activités charitables! Notre commentateur a toutefois remarqué, bien que de façon désinvolte et sans attribuer de liens à la haine dévastatrice, que dans le journal de Goebbels chacun trouvera la confirmation qu'il «était un fanatique.» Tout de même!

Les camps de la mort. Montage. Texte inspiré d'un article du N.Obs.18 janvier 2006

Les grosses têtes de la barbarie hitlérienne sont passées aisément à travers les filets de la dénazification parce qu'ils n'étaient pas des donneurs d'ordres. Moins voyants que les vociférations de premier plan comme Himmler ou Goebbels, ils parlent le langage de la science non celui de l'idéologie. Par contre, le racisme et l'antisémitisme forment l'épine dorsale de leur travaux. Outre que leurs raisonnements ne s'intéressent qu'aux aspects techniques, ils ne s'interrogent jamais sur la portée politique et encore moins morales des scénarios qu'ils construisent, mais uniquement sur les procédures d'organisation qui les rendent réalisables. Leur posture intellectuelle illustre parfaitement la banalisation du mal stigmatisée par Hannah Arendt. Pourtant, ils ont été en même temps les théoriciens de cette banalisation.

Après la guerre, ils sont devenus économistes ou démographes. Ils ont fini leur vie en notables allemands alors qu'ils avaient organisé l'extermination.

Inspiré des commentaires d'André Burguière
dans le N. Obs. 15, fév 2006

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Quelle blague !

Au moment où j’écris ces lignes, la radio annonce que les Nations unies et le gouvernement du Cambodge ont conclu, le 14 mars 2006, deux accords permettant aux tribunaux de juger les principaux dirigeants Khmers rouges, accusés de crimes contre l'humanité lorsqu’ils étaient au pouvoir.
Selon les estimations des historiens, le régime du "Kampuchéa démocratique", dirigé par Pol Pot, est tenu pour responsable de la mort de 1,7 millions de cambodgiens - hommes, femmes et enfants - soit 20% de la population globale du Cambodge. Cet accord ouvre la voie - plus de 25 ans Les Khmers rouges devant les tribunaux: une autre farce.

Mais déjà les Asiatiques veulent réduire le nombre d’accusés à deux ou trois personnes en cherchant à exclure le frère même de Pol pot. C’est à se demander de toute façon si le temps ne travaille pas en faveur des assassins vu la longueur des procédures qui peuvent s’étaler sur des décennies. N’a-t-il pas fallu vingt-sept ans après la chute du régime de Pol Pot, pour que la perspective d’un procès prenne quelque consistance.

 
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