Les lumières de l'islam
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Je vous le dis tout de go : il n’y aura pas de « Lumières de l’islam »
à l’allure à laquelle les arabes et les musulmans évoluent.

 

Les lumières de l'islam, titre le journal Voir pour présenter l'interview avec Slimane Benaïssa, un artiste algérien, homme de théâtre. Cet en-tête à connotation prophétique me rappelle, dans le contexte de ce journal de rue, des noms athées de la trempe de Marat, Saint-Juste, Diderot ou la devise «Ni maître ni Dieu!» que nous retrouvons tout au long du XIX et XX siècle. Cette éthique enfonça l'Occident dans une morale quasi sadienne et machiavélique dans laquelle les philosophes se débattaient avec Dieu pour le nier.

 

 


 
Les maghrébins, qui ont toujours été fascinés par les révolutions Rouges, ne ferait que changer le fusil d'épaule et répéter l'histoire avec toutes ses erreurs à poursuivre de telles thèses éculées.
 

Tête coupée durant le conflit entre sunnites et chiîtes
Mais à tout prendre, ça leur serait peut-être profitable s’ils savaient en tirer une leçon et abandonner la pratique des têtes coupées plutôt que de rester engoncés dans leurs vénérables dogmes religieux à caractères claniques se réduisant les uns et les autres au fameux servage judéo-chrétien ridiculisé par Nietzsche. Car il faut croire que parmi tant de disgrâces dont ils hériteraient des Lumières, une plus grande liberté d'esprit serait laissée aux peuples et aux artistes tel que Slimane Benaïssa.
Peinture à l'huile. Musée des beaux arts de Montréal

 

 

C'est ce que l'Algérie a besoin à défaut d'être un modèle de changement -du dynamisme intellectuel et spirituel! En effet, au train où va le progrès dans ce pays, ce n'est pas pour demain la révolution scientifique, écologique et morale. Comme dirait l'autre, un internaute qui me montrait ses dents à propos de mes prises de position face au La Pierre noire adorée à la Mecque. Akilesdélire du monde arabe : « On ne pisse pas sur ses racines; on en est fier. » (Pourtant l’islam a bien «pissé» sur ses racines, avec fierté!? Elle a même fait plus –elle a exterminé les idolâtres partout où elle en avait le pouvoir, à la Mecque en premier, un lieu saint d’un immense prestige qui attirait des foules de pèlerins du monde entier. La Pierre noire et sacrée, Kaaba, qui est adorée à cet endroit par les musulmans, appartient à cette période. En Inde, ce genre d’adoration des Pierres sacrée est encore fort pratiqué.)

 

L'islam, suivant l'exemple des juifs et des chrétiens,
et avec plus de ferveur, a exterminé les idolâtres
partout où elle en eut le pouvoir
.

 

« Il faut que les gens comprennent que tous les musulmans
ne peuvent pas être des terroristes » dites-vous!?

 

Les Lumières me font aussi penser à Rousseau, Darwin et les primitifs. À cette idéalisation pour le sauvage, le grossier au sens ou Dostoïevski voyait ses origines, la Russie, pure, dure et superstitieuse; cette attraction pour les bagnards, des criminels de la pire espèce qui représentaient à ses yeux l'essence et la beauté de la Russie, le plus beau pays du monde dont il était si fier. Ironiquement, pour lui, tout le reste n'était que littérature. «Si Aliocha, écrit-il, avait conclu qu’il n’y a ni Dieu ni immortalité, il serait tout de suite devenu athée et socialiste.» Voilà à quoi me font penser ces "Lumières de l'islam" dans Voir.
 

Venons-en maintenant à l'interview de Slimane Benaïssa.

 

Slimane Benaïssa : J'ai appris à connaître et à aimer les Québécois. Je sens un véritable intérêt de leur part pour le problème des relations entre les religions musulmane, juive et chrétienne, et pour l'islam en particulier.

Ce lac se trouve à deux pas de ma porte. Akiles Moi : Le Québec est en effet un pays attrayant. Son immense territoire, ses lacs et ses forêts, sa faible population éparse et diversifiée, une grande liberté (à moins de commettre un délit, jamais un agent de police ne vous demandera vos papiers), et la curiosité de leurs habitants pour les autres cultures, l'islam en particulier, selon vous, monsieur Benaïssa, tout cela en fait une destination de prédilection. En généralisant, je rajouterai que leur naïveté en matière de rapport de forces est remarquable: ce sont des pacifistes à n'importe quel prix. Qu'ils n'ont pas à payer, de leur vie, s’entend; les casques bleus oui, mais en observateur . . .

« Il faut que les gens comprennent que tous les musulmans ne peuvent pas être des terroristes » dites-vous!? C'est un truisme à la portée de toute intelligence digne de ce nom. Soyons optimistes et ne prenons pas les gens pour plus bêtes qu'ils ne le sont (malgré que je sois un de ceux qui, résultats scolaires à l’appuie, déplorent l’indigence pédagogique flagrante que l’on note chez les étudiants.) Entre terroriste et intégriste, il y a une immense différence; tout comme il y en a une entre fanatique et passionné, entre dévot et non pratiquant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J'ai l'impression que le monde entier
fait l'autruche face à la théologie musulmane.

 

 
Car selon vous, l'ignorance est la cause de bien des incompréhensions en ce qui a trait à l'islam. Personnellement, je ne vois pas quel problème serait résolu si les gens en apprenaient plus sur l'islam? On ne va tout de même pas pousser le bouchon jusqu’à dispenser des cours d’instructions islamiques dans les écoles et les médias pour que la population apprennent à mieux respecter les multiples sensibilités musulmanes!? Il serait bien plus aisé si les musulmans s’appliquaient à dégager une image adéquate de leurs croyances afin que leurs vertus puissent être appréciées objectivement, si bien sûr ils ne doutent pas d’un tel projet et savent recevoir l’Autre et ses croyances dans un respect mutuel, d’autant plus s’ils se trouvent en terre étrangère et démocratique. On irait pas jusqu’à souhaiter qu’ils agissent de même at home, comme au Maghreb par exemple! Bref, c'est à eux que revient le fardeau de l'éducation. Ensuite, on pourra envisager davantage d’effort de la part des autres. C’est avant tout une question de pragmatisme.

Le problème véritable, c'est le contenu de cette éducation? J'ai l'impression que le monde entier fait l'autruche face à la théologie musulmane. (Voir ma lettre ouverte à Jacques Attali) De quoi parle-t-on exactement quand on fait référence à cette religion? En quoi le Coran et son enseignement sont-ils si importants pour qu'on leur consacre tant d'attention, de sueur et de sang? À l’ère de la mondialisation et de l’Internet, les musulmans auraient tout intérêt à dévoiler la teneur de leur religion avant de vouloir l'ériger en idéal spirituel. En outre, les «nombreux rénovateurs de l'islam», ces nouveaux «penseurs» auxquels vous faîtes allusion, monsieur Benaïssa, ne se font pas très visibles. Où sont-ils? Qu'ont-ils de différents par rapport à ceux des autres religions que les sociétés modernes ont rangé au rencard et dont on recycle aujourd'hui les églises et les temples en condominiums!? Je vous le dis tout de go : il n’y aura pas de « Lumières de l’islam » à l’allure à laquelle les arabes et les musulmans évoluent. Il est vrai que le journal Voir n’arrange pas à la confusion générale en titrant ainsi l‘interview. Donc, de ce point de vue, monsieur Benaïssa, vous avez raison quand vous déclarez que c’est dû à l’ignorance...

Pour monsieur Attali!de la part d'akiles

(Collez url ci-dessous dans votre navigateur pour lire la lettre)
http://oocities.com/maroudiji/islam.htm

 

 

La connaissance du Coran et des principes de l'islam
ne garantit en rien des relations sereines.

 

 
Selon l'intellectuel algérien, Slimane Benaïssa, l'ignorance est la cause de bien des incompréhensions en ce qui a trait à l'islam : "Pour avoir des préjugés, il faut connaître, au moins un peu."

Si les préjugés et les incompréhensions sont des facteurs de confusion pour les Québécois, la connaissance du Coran et des principes de l'islam ne garantit en rien des relations sereines. La preuve indubitable nous est rapportée quotidiennement des pays musulmans. On pourrait citer l'Irak où la population se déchire entre factions religieuses tout comme l'ont fait les catholiques et les protestants durant des siècles ou, en Arabie, au moment de la disparition du Prophète Mahomet : les disciples s’entretuèrent pour la succession. À partir de ce moment historique, les musulmans se scindèrent en deux groupes ennemis, chiites et sunnites, et se vouèrent une haine perpétuelle dont aujourd’hui encore elle est à couper au couteau ou à l’arme automatique. Je vous apprends quelque chose?

C’est toujours la même histoire. La Palestine en est un autre exemple. Et l'Algérie! Dans notre pays justement, monsieur Benaïssa, hier encore plus de 120 000 personnes ont été massacrés pour cause de «préjugés et d'incompréhension» de la religion. Les Algériens ont encouragé avec un enthousiasme délirant les barbus dans leurs prêches, jusqu'au jour où ils ont buté contre le pouvoir démoniaque majoritairement islamique. Le Colon juif invoquant le Livre pour refuser de quitter les lieuxmême qui démoralisait les sociétés iranienne et afghane. Un phénomène cruel qui n’est pas le lot de l’islam mais celui de toutes les religions lorsqu’on leur lâche la bride. C'est à partir de ce constat ravageur que les pays qui désiraient évoluer matériellement et moralement ont adopté la séparation du spirituel et du temporel. Ainsi, ils tinrent les religieux loin des affaires publiques pour les cantonner aux limites de leurs églises. Désormais, les libertés individuelles et les institutions laïques échappent officiellement à leurs emprises. Mais tout cela, la majorité des musulmans ne l'ont pas encore assimilé. «Pas assez ruminé», comme ironisait Nietzsche.

On n'hérite pas d'une religion, monsieur Benaïssa.
Ce n'est pas non plus un cadeau qu’on vous offre.

La foi véritable s'acquiert par qualification. Et, surtout, par un choix personnel. Tant que les musulmans ne comprendront pas ce principe spirituel, ils seront considérés comme des passéistes, surtout les sunnites malheureusement majoritaires dans le monde. Nous y voilà donc, c'est là le grand défi : l’homme ou la femme libre choisit sa religion! L'islam, en définitif, doit être accepté en pleine connaissance de cause et non de façon héréditaire. On ne la donne pas en héritage. On ne l’inocule pas en coupant le zizi. Les initiations se font à l’âge adulte. Ce n’est pas une mode; elle ne se tatoue pas; sinon on parle de zombis.

Krishna instrusant Arjuna avant la batailleCe problème de la transmission du savoir est vieux comme le monde. Les sages conseillaient aux rois d'introniser un successeur digne de ce nom et pas automatiquement la descendance qui pouvait être stupide et cruelle. C’est la qualification qui compte et non le sang ou la classe. Il en va de même pour l'islam qui doit briller par son aura au lieu d’être réactionnaire pour survivre et violente pour s’imposer. Un couple se marient par amour et non par contrainte ou par devoir. Dans le cas contraire, on en est encore sous la loi de la jungle; le berbère restera toujours le barbare qu'il a été.

------------Il y a 5000 ans, Sri Krishna
-------instruisait Arjuna, avant la bataille

Horreur en Algérie

Crime sanglant en Algérie

 

 

 

Nous y voilà donc, c'est là le grand défi : l’homme ou la femme libre choisit sa religion! L'islam, en définitif, doit être accepté en pleine connaissance de cause et non de façon héréditaire. On ne la donne pas en héritage.

Groupes de personnes asiatiques en train d'interpréter une histoire religieuse.
 
 
Vous êtes un artiste, monsieur Banaïssa, un homme de théâtre. Je vous lis et j'entends à travers vos réflexions la voix d'un homme dont les Algériens devraient être fiers au lieu de les assassiner et de les obliger à fuir vers d’autres cieux. Je sens en vous une âme sensible. Vous portez « un regard critique » sur votre culture. Je vous écris ces lignes avec franchise, sans parti pris, sans ambages et avec plus de rudesse qu’il ne se doit envers un homme d’ouverture tel que vous. Je suis désolé si je vous ai heurté et je vous laisse sur vos dernières paroles:

"Une société, par définition, évolue. Même au paradis, je pense qu'on ne sera pas figé pour l'éternité. J'essaie de voir les religions comme une chose vivante. Tout ce qui est vivant évolue, se transforme et change. On doit changer la religion, la relire, la faire évoluer. Nous sommes responsables de l'évolution de l'islam, ce n'est pas l'islam qui est responsable de notre évolution. Il est plus que temps d'inscrire l'islam dans le monde actuel."

Akiles, le 17 juin à Montréal

* L’interview a été réalisée par Christian Saint-Pierre. Vous pouvez aller la lire à cette adresse où vous trouverez des réponses intéressantes.

 

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