Quelques années en arrière, la mairie de Montpellier
a promulgué un arrêté municipal qui vise directement
le centre de la ville. Cet arrêté stipule que désormais
sera interdite « la distribution de prospectus à caractère
d’opinion, culturel, artistique ou associatif». En clair,
il est interdit de diffuser des idées politiques ou autre
par voie de tracts sur « la place de la comédie, l’esplanade
Charles de Gaulle » etc. pourtant lieux publics par xcellence
! Du coup, distribuer des tracts comme celui que vous avez actuellement
entre les mains, est un comportement hors la loi et qui peut être
puni en tant que tel. Sans doute, la mairie PS de Montpellier considère-t-elle
que les tracts sont des armes dangereuses.
En effet, ce qui est dangereux pour les élus c’est
le droit d’informer et le droit à l’information.
La mairie de Montpellier tente ainsi de réduire au maximum
toute contestation de sa souveraineté. Ce type de restrictions
des libertés nous semble assez significatif de la façon
dont les élus envisagent l’exercice de la démocratie
et ce, quelque soit leur étiquette politique. La seule expression
qu’ils semblent envisager avec bienveillance est celle des
urnes. Par contre, toutes les formes d’expression qu’ils
ne peuvent contrôler leur semble dangereuse voire intolérable.
Si aujourd’hui, c’est surtout la liberté d’expression
des militants politiques qui est ciblée, c’est celle
de tous qui dès demain est menacée.
Mais la mairie ne s’attaque pas seulement au centre-ville.
Des arrêtés similaires ont été promulgués
au marché aux puces de la Paillade où désormais
est officiellement interdite « quelque action de prosélytisme
que ce soit » ! Ici l’arrêté a déjà
donné lieu à une application au printemps 2004 lorsque
des militants d’une organisation politique ont été
interpellés par la police municipale sur le marché.
D’autre part, les municipalités de Nîmes et de
Lunel ont adopté des arrêtés similaires, il
semblerait que ce soit une conception de la démocratie qui
ait le vent en poupe! Ces arrêtés ne sont pas appliqués
en permanence mais peuvent l’être dès que les
mairies le jugent utile. Ils sont des outils repressifs qui permettent
de cibler certaines opinions que les mairies souhaitent étouffer.
Face à ce genre d’attaques il faut réagir !
A Montpellier, s’est formé le collectif « Même
pas peur?! » pour protester contre ces arrêtés
mais également contre la montée en force de la politique
répressive de l’État. Aussi, nous organisons
une « semaine de lutte et de réflexions sur l’idéologie
et les pratiques sécuritaires » qui s’achèvera
le samedi 5 février par une manifestation pour exiger l’abrogation
des arrêtés municipaux qui veulent nous faire taire
! D’ici là, des débats, des projections de films
et des actions auront lieu dans la ville.
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