Le 9 mai 2003 et le 1er avril 2004, la mairie de Montpellier
a promulgué deux arrêtés municipaux qui visent
directement le marché aux puces de la Paillade. Ces arrêtés
stipulent que désormais sera interdite « toute action
de prosélytisme que ce soit sur le marché et ses abords
». En clair, il est interdit de diffuser des idées
politiques sur le marché, pourtant lieu public par excellence
! Du coup, distribuer des tracts comme celui que vous avez actuellement
entre les mains, est un comportement hors la loi et puni en tant
que tel. C’est ce qui est arrivé au printemps 2004
lorsque des militants d’une organisation politique ont été
interpellés par la police municipale ici-même sur le
marché. Sans doute, la mairie PS de Montpellier
considère-t-elle que les tracts et les journaux qu’ils
avaient entre les mains sont des armes dangereuses.
En effet, ce qui est dangereux pour les élus c’est
le droit d’informer et le droit à l’information.
La mairie de Montpellier tente ainsi de réduire au maximum
toute contestation de sa souveraineté. Ce type de restrictions
des libertés nous semble assez significatif de la façon
dont les élus envisagent l’exercice de la démocratie
et ce, quelque soit leur étiquette politique. La seule expression
qu’ils semblent envisager avec bienveillance est celle des
urnes. Par contre, toutes les formes d’expression qu’ils
ne peuvent contrôler leur semble dangereuse voire intolérable.
Si aujourd’hui, c’est la liberté d’expression
des militants politiques qui est interdite, c’est celle de
tous qui dès demain est menacée.
Mais la mairie ne s’attaque pas seulement au marché
de la Paillade. Des arrêtés similaires ont été
promulgués dans le centre ville (place de la comédie,
Esplanade,…) où désormais « la distribution
de prospectus à caractère d’opinions, culturels,
artistiques ou associatifs » est officiellement interdite
! D’autre part, les municipalités de Nîmes et
de Lunel ont adopté des arrêtés similaires,
il semblerait que ce soit une conception de la démocratie
qui ait le vent en poupe! Ces arrêtés ne sont pas appliqués
en permanence mais peuvent l’être dès que les
mairies le jugent utile. Ils sont des outils repressifs qui permettent
de cibler certaines opinions que les mairies souhaitent étouffer.
Face à ce genre d’attaques il faut réagir !
A Montpellier s’est formé le collectif « même
pas peur?! » pour protester contre ces arrêtés
mais également contre la montée en force de la politique
répressive de l’Etat. Aussi, nous organisons une «
semaine de lutte et de réflexions sur l’idéologie
et les pratiques sécuritaires » qui s’achèvera
le samedi 5 février par une manifestation pour exiger l’abrogation
des arrêtés municipaux qui veulent nous faire taire
! D’ici là, des débats, des projections de films
et des actions auront lieu dans la ville.
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