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ouvrez les yeux n°4, été 2005 |
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5-18
LA VIE DE CHÂTEAU, QUELQUES HEURES,
POUR PLUSIEURS « SEIGNEURS DE LA RUE »
La journée DECOUVERTE D'UN JOUR, proposée le 12 mars 2005 ( et non le 21 -date officielle de l'entrée en vigueur du printemps- ) a connu un succès pour le moins inattendu. Rendez-vous fut pris Place Xavier Neujean
Coordinatrice: Ophélie, aidée de Anne, accompagnante, qui allait se désoler que le bus articulé (95 places) du TEC ne permettait pas à tout le monde de s'asseoir. L'atmosphère était très cool puisque tout le monde ou presque se connaissait. Il s'agissait, pour l'essentiel, d'habitués des différents abris de jour (ou résidents de nuit), d'assidus du «Resto du cœur» ou de bon nombre de sans-abri qui s'était simplement passé le mot.
Destination: le château de Harzé ! Faut dire que pour ces touristes d'un jour (trop court), l'idée de visiter un château et d'y vivre comme chez soi, ressemblait à un défi !
Courte traversée de la ville de Liège, direction l'autoroute: on vit par plaques la neige s'en aler pour céder la place à de la verdure naissante.
À la traversée d'Aywille, force fut de constater que les « indigènes » avaient troqué leurs vêtements d'hiver pour des tenues plus légères.
Clin d'œil à l'une ou l'autre mini-jupette déjà... Sans commentaire. Emoi, tout de même à l'entrée du vaste parc de ce fameux château: point de douve, ni de pont-levis, ni moins encore de gardes armés... Ce n'était en somme qu'une maison bourgeoise qui, n'avait d'agressif que la pointe d'une tour semblant se ficher dans le ciel bleu azur. En fait d'armée, il y en avait bien une sur le perron d'accueil. des jeunes gens (filles et garçons) tous de blanc et de noir vêtus. On apprenait plus tard qu'ils étaient les élèves de l'Ecole d'Hôtellerie.
Autre déception; ce n'est pas vers eux que l'on nous mena de suite, mais par une porte dérobée, dans le ventre de l'édifice. Couloirs sombres, grondements sourds et clapotis d'eau...
Une salle de torture? Non, évidemment.
Ce château de Harzé était bien assez grand pour accueillir un musée: celui de la boulangerie. Un ingénieux système de roues, les unes en pierre, l'autre en bois, broyaient à la cadence de l'eau les épis d'orge, de blé ou de froment et les épandaient à nos pieds dans de rugueux sacs de chanvre...
Cela me fit penser que c'est un liégeois, Rennekin Sualem qui avait inventé, et installé, sous le règne de Louis XIV la machine de Marly, qui fit jaillir des jardins de Versailles les fontaines dont le fonctionnement reste aujourd'hui encore énigmatique!
Décidément, cette phobie des châteaux me montait à la tête. Fi de rêverie, nous fûmes conviés d'emprunter une série de couloirs. Tous étaient d'une richesse, d'une splendeur stupéfiante.
Des parquets sentant bon l'encaustique et d'autres dallages reluisants nous amenèrent enfin dans 2 salles à manger rutillantes
Des lustres inondaient - pour la forme seulement - plusieurs tables dressées et fleuries, tandis que notre Ami, le soleil continuait d'éclabousser de larges fenêtres avec vue sur le parc...
Point de protocole, de bousculade, ni de remontrance. Chacun prit sa place où bon lui semblait, perplexe, bouche-bée devant tant la beauté, la chaleur naturelle des lieux.
Principe simple et efficace du lunch: chacun se présentait l'assiette à la main, devant un buffet gargantuesque.
Il y avait entre autres du gratin d'aubergine, des pâtes aux quatre fromages, des tagliatelles enrobées de poissons ou volailles. Impressionnés (on l'eut été à moins), mon voisin me demanda; « on va manger tout cela? »
Après un café, dont le seul arôme appelait à le consommer, les enfants furent invités à une chasse au trésor dans les greniers. Très curieusement, les adultes ne furent pas invités à visiter les chambres. Sans doute les organisateurs ne voulaient-ils pas prendre le risque de retrouver l'un ou l'autre d'entre-nous, en pleine sieste. Logique: avec la peau du ventre bien tendue...
Mais, pas de risque de s'endormir. Bouldou (une personnalité du &laqo; carré ») et ses amis entonnèrent une après-midi musicale décapante. Ils la conclurent par quelques chansons d'Elvis, le King !
Il fallait bien placer une couronne quelque part dans ces fastes...
Si le retour en calèche n'avait pas été prévu, notre bon "TEC-bus", lui, nous attendait de pneu ferme.
Photo souvenir: puis au revoir à ce que Bouldou appelle, non sans une pointe d'ironie, "La petite auberge".
Ce châteu de Harzé, pour la petite histoire, est le principal centre de séminaires résidentiels de la province de Liège. On y organise régulièrement des réunions qui peuvent durer plusieurs jours coupés du reste du monde. En circuit fermé.
Contraste: bonsoir Xavier Neujean. Déjà le Carré s'illumine.
Allez, vite, un banc, un arbre, une rue...
Liens Le site de Bouldou
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