Les Ordures Ioniques, le groupe punk-rock de Vaudreuil-Dorion qui existe depuis plus de cinq ans (1 démo et 2 albums) sont sur le point de se remettre à vous faire shaker les oreilles après une pause de quelques mois. Histoire de faire le point sur ce qui se passe et prendre de leurs nouvelles, voici quelques petites questions aux quelles Marc-André (le batteur) a bien voulus répondre.

MARC-ANDRÉ
1- Vous êtes en pause depuis quelques mois déjà (parce que tu es allez faire un stage à l’étranger) et vous vous préparez à effectuer un retour sur scène au début de 2002. Êtes-vous anxieux face à ce retour sur scène ou bien emballé à l’idée de renouer avec le public ?

Plus emballés qu’anxieux, c’est sûr… mais les groupes de musique en général sont d’éternels incertains et on se demande si on va encore remplir les salles ou si on est déjà oublié (le monde a la mémoire tellement courte). Faire un concert va faire du bien. Plus de trois mois sans l’adrénaline provoquée par une bande de jeunes agités, c’est dur, car il n’y a rien de tel qu’un concert déchaîné pour te pousser à continuer (et t’acheter du nouveau stock aussi, mon drum est fini…)


2- Durant ton absence est-ce que le groupe a cessé toutes activités reliées aux Ordures ?

Oui. Malheureusement, à mon avis. J’aurais bien aimé qu’ils fassent des shows pendant mon absence et que je revienne avec des nouvelles chansons à jouer, mais ils ne voulaient pas… question de fidélité à ce qu’il paraît (paresse ???)


3- Pense-tu que cette pause aura un effet (bon ou mauvais) sur le groupe ?

Trop tôt pour le dire… un bon effet espérons !!! Une chose est sûre: lorsque tu pars pendant trois mois, à ton retour, toutes ces petites choses qui ne tenaient que par la colle virtuelle de la routine n’ont plus la même attache et sont prêtes à s’effriter… Alors, il va y avoir des changements au sein des Ordures, mais, espérons, des changements positifs. Par exemple, on aimerait avoir un deuxième guitariste pour ajouter de la puissance à notre son en concert (des intéressés ?)
 

4- Le groupe existe maintenant depuis plusieurs années et est même disons, un vétéran de la scène punk-rock québécoise ! Avec le recul sur ces dernières années, sentez-vous avoir influencé d’une façon quelconque l’évolution de cette scène ?

Difficile à dire… Il faudrait peut-être demander aux groupes qui commencent. Personnellement, je crois que non. S‘il y a des gens qui veulent faire comme nous, tant mieux pour eux (mais je ne suis pas sûr que ça soit une bonne idée!) Je ne suis d’ailleurs pas sûr qu’il y ait eu une évolution quelconque (pour le punk-rock en français du moins) parce que la seule chose que j’ai vu en 6 ans, c’est des groupes mourir les uns après les autres et les quelques uns restant vivants se faire dire qu’ils étaient nuls (parce que plus des 300 personnes osant les écouter, ils sont donc des capitalistes finis, sales et à exterminer.)


V-8

 

SOPHIE

5- Et parlant de la scène locale, la sens-tu en bonne santé présentement ?

Il y a moins de groupes que je juge intéressants (ceux commençant à écouter la scène locale te répondront sûrement la même chose si tu leur poses la question dans cinq ans), mais la structure pour appuyer les groupes est définitivement meilleure.Suite à la déconfiture de Cargo (et, par le fait même, Tir Groupé), les groupes se sont retrouvés devant rien pour les appuyer (c’est dans ce contexte que notre premier album est sorti. On a réussi à très bien le vendre quand même… auprès de nos amis !). Maintenant, avec le travail conjoint d’Indica et Farmer (et d’autres tel que Stomp, Union, Sick and Twisted, Eskimo), les groupes sont mieux appuyés pour réussir à se faire entendre. Ceux qui proclament que les groupes ne devraient pas être sur un label me font rire. Déjà qu’il faut qu’on travaille parce que le groupe ne fait pas un sou (et parfois être aux études pour obtenir un meilleur travail), qu’on répète les chansons, qu’on les compose, qu’on se déplace pour les concerts, comment voulez-vous qu’on ait en plus le temps de s’occuper de la distribution des disques en magasin et de la promotion du groupe ???

 

6- Vous êtes sur Farmer Records depuis près de 2 ans. Qu’est-ce que ça a changé pour vous de signer avec ce label ?

Ca nous a donné la dite structure pour nous appuyer. C’est vraiment satisfaisant d’apprendre (en revenant exténué de ta journée de boulot) que quelqu’un s’est occupé d’imprimer des nouveaux t-shirts, de coordonner la distribution des cds, d’organiser des concerts, d’obtenir la subvention pour des tournées et des vidéos, d’obtenir des entrevues avec la presse, faire afficher les affiches du prochain concert, etc. On peut maintenant se concentrer sur la musique et on accompli beaucoup plus de choses simultanément à notre désir de créer de la musique.


www.farmer.qc.ca
 

CHRISTIAN
7- Vous avez tourné (peu avant la pause) votre premier vidéoclip (Nous mourrons tous pauvres) comment avez-vous trouvé l’expérience d‘acteurs ?

J’ai personnellement adoré. Le métier d’acteur est un métier qui m’intéresse beaucoup. Pendant quelques temps libres, j’ai fait déjà un peu de télé (souvent coupé au montage!).  C’est pour cela que je joue également un personnage dans le clip et que je suis resté assis par terre par une froide nuit de septembre dans des vêtements en lambeaux pendant 11 heures (18h à 5h du matin!).  J’avais de la morve plein mon faux nez de clown… Les autres ont un peu trouvé chiant l’attente et le côté fastidieux du tournage (et ils n’ont participé qu’à douze heures sur les 24 !!!) Mais quand ils ont vu le résultat, ils s’en sont mordus les lèvres.  Ils sont maintenant prêts à recommencer !!! D’ailleurs, on tourne un autre clip pour «Le troubadour» en janvier. Notre premier clip peut être vu en ligne à www.bandeapart.fm (il s’agit de choisir la section reportage et de cliquer sur notre nom.). Ce n’est pas une raison pour ne pas le réclamer à M+ (j’aime toujours voir ma tronche apparaître entre celles des BSB et de Brit).  Sur le site de BAP, il y a aussi l’entrevue qu’on avait faite avec Parazelli pour Art TV.  Je vous recommande fortement d’aller y faire un tour. Il y plein de trucs sur d’autres bons groupes (Arseniq33, Vulgaires Machins, Grim Skunk, Mononc’ Serge)

 

8- Vous avez également réalisé un vieux souhait l’été dernier en faisant une tournée en France, est-ce que tout s’est déroulé comme vous l’espériez ?

C’était une tournée vraiment minimaliste avec de tout petits concerts trouvés via Internet, mais c’était un premier contact intéressant avec la France.  On s’est vraiment amuser comme des fous et on s’est bien torché la gueule (l’alcool est presque gratos là-bas.).  Le but premier de la tournée était d’aller rencontrer les gens de Combat rock pour signer un pressage européen de notre second disque.  Comme notre disque est maintenant disponible en France dans tous les disquaires, la prochaine tournée devrait être débile. D’ailleurs, il y a de fortes chances qu’on y retourne en mai prochain pour y faire une tournée conjointe avec les Apaches (groupe doublement frère de label puisque leur nouveau disque va sortir au Québec sur Farmer, je crois).  Quelques images de la tournée peuvent être vues sur le site de BAP. Sinon, nous avons fait une cassette vidéo d’une heure trente sur ce qui s’est passé.  On peut la refiler aux gens sans problème, mais il faut vraiment être un fan inconditionnel parce que cela consiste presque juste en des insides qui font rire seulement nous (le tout avec une image et un son déficients).


ALEX

9- Avez-vous depuis la sortie du dernier cd (Les Ordures Ïoniques se soûlagent) de nouvelles compositions ?
Si oui, est-ce pour la venue d’un troisième album ?

Nous en sommes à 5 nouvelles compos. Elles seront bien sûr sur un 3e album. Je ne sais pas si on va les jouer à notre prochain concert parce qu’on va avoir beaucoup de travail juste pour retravailler les vieilles… On en avait joué deux au Club Soda (non, ce n’était pas des covers de vieux groupes français). On essaie de s’y mettre pour vous offrir un nouvel album en septembre.


10- J’ai entendus quelques covers interprêtés par les Ordures (entre autres : Blitzkrieg bop (Ramones), Vive les punks (Perfusés), Progénitures d’ordures (Bons À Rien)), comment faites vous le choix des chansons qui passeront à la sauce des Ordures Ïoniques ?

Pourquoi le trémas sur le i ??? Sinon, ce sont toujours des coups de cœur.  Les Bons à Rien, c’est parce qu’ils nous ont beaucoup influencé musicalement avant la dissolution du groupe et parce que, comme on partageait un local de pratique avec eux et qu’ils nous ont aidés à trouver nos premiers concerts, c’était un peu nous, la progéniture d’ordure (et c’est Christian qui avait fait le t-shirt du groupe à l’effigie de cette chanson.).  Pour les Perfusés, on l’a repris pour le plaisir et c’est devenu un peu un classique pour fermer nos concerts, alors on s’est dit que cela serait également bien pour fermer le disque (et cela a bien fait plaisir aux Perfusés, des potes à Caps de Charge 69, le gars derrière Combat Rock). Pour les Ramones, je pense que vous savez pourquoi.


11- Quelle est la chose que vous n’avez jamais faite en tant que groupe que vous aimeriez le plus faire ?

Réponse totalement perso : une tournée au Japon


12- Et quelle est la chose qui a déjà été faite qui a été la plus mémorable ?

Voir V8 complètement soûl à Philisburg s’auto-transpercer la joue par inadvertance avec l’un de ses propres studs.

 

Merci d’avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions, je te laisse le mot final, à la prochaine !

Cela faisait longtemps que j’avais pas fait une entrevue (trois mois pile en fait parce que j’ai répondu à l’entrevue pour Punk Rawk (Rocksound) à trois heures du matin, la journée que j’ai pris l’avion pour aller au Togo) et j’espère que j’ai pas eu trop de jasette… Pour ceux qui seraient en désaccord ou offusqués par des choses que nous disons, ce n’est pas grave : on vous aime quand même (je ne peux juste plus fermer ma grande trappe depuis que j’ai vu Almost Famous). On se voit tous au mois de février. A+ M-A


POUR REJOINDRE LES ORDURES IONIQUES:
Site Internet officiel:
www.lunatik.net/ordures
e-mail: orduresioniques@hotmail.com
Adresse postale: 552, 7e Avenue
Vaudreuil-Dorion, Qc
J7V 3A6
Téléphone: (450) 455-3482