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I

 

a chair des mots

 

 

 

Voix heureuse

 

 

O sereine mon âme et de lueur certaine,

Sous le charme d'une aube si calme et langoureuse;

Ce matin d'ivresse comme une vrille hautaine,

Et de voeux enjoués, que ma voix est heureuse.

 

Ma foi, bien clémente cette volée sans peine

M'emplit de gaieté et d'espérance amoureuse,

A croire les promesses d'une loi si saine,

D'un Ciel indolore et d'une vie insoucieuse.

 

Que des jours complaisants qu'il me faut sûrement,

A volonté sans trêve et sans déguisement,

Pour émailler mon âme d'ardeur et de rire.

 

Le Soleil du matin est une grâce divine

Dont la voix se mêle à la gaieté si fine

Q'un songe au fond de moi tout charmant et sans ire.

15.01.2002

   
   

Le temple de la vie

 

 

Quel temple ceci où de viles paroles

Rendent moroses nos coeurs et tristes nos âmes,

A ne pas espérer et du sort tout est drôle

En ces temps bien affreux, et ces jours infâmes.

 

Quelle chimère suivre ô mes amours folles

Et de foi si gaie rejetons tous les blâmes,

Nulle voix vante le Ciel pour les biens du sol,

Ni adoucir les maux, ni sécher les larmes.

 

Tout cela est hideux, ô notre fange insolente,

Et de pis espoirs notre vie est indolente;

Mais l'amour est salvateur et qui sait sa gloire,

 

Quand il atteint le faite de beaux chandeliers,

Et s'érige en nous comme de fermes piliers

A maintenir nos visages tels une moire.

 

22.01.2002

 

Pensées nouvelles

 

 

Dans l'univers plaisant de virtuels parfums

Flambent des pensées comme de vastes cierges

A ménager chastement nos âmes sans fin

Et de lys altiers se parent  nos auberges

 

Il est doux comme un soir d'écouter en rêvant

Le pouls coutumier de nos rires envolés

Le chant profond de la terre aussi captivant

Et de voir dignement nos faits auréolés

 

O vous dont j'ignore les sondages sournois

Le cri de vos âmes n’est guère délivré

Quand de vos serments le Ciel est moins courtois

Et de labeurs mordants vos coeurs sont décavés

 

25.01.2002

 

   
   

 

Nocturne

 

 

Dans mon fervent sommeil se promène la nuit

Docile comme un rêve de visage ancien

Parée de fées précieuses et de rire inouï

Au regard suspendu à mon sort qu'est le sien

 

Je vois d'un cœur résigné s'agiter ton corps

Plus doux à mon âme et tellement agréable

A m'épargner des maux et des tourments du tort

D'un air envoûté d'ébriété ineffable

 

Tu me donnes ce rêve étrange qui me grise

Parfois si dense comme une flamme rebelle

Et m'exile sagement loin de mes crises

Quand mes nuits fragiles sont à foison belles

 

Le temps un vieux livre où logent mes chimères

Dans le noir à loisir comme dans mon tréfonds

Chargé de romances et d’agréable éther

Et d’encens oriental magnanime et profond

 

30.01.2002

 

 

Abyssale

 

Me hante sans cesse comme un profond désir

Le blanc du ressac sur ta peau enchanteresse,

Et me langent tes dunes équestres de rire,

Tout au fond du bleu de ta mouvance et d’ivresse.

 

Voilà ta houle ce mystère qui voltige

Dans mon cœur comme d’incomparables rêves,

Et m’offre les délices de tous vestiges,

De toutes les transes abyssales sans trêve.

 

Que ces flots me traversent d’un bonheur inouï !

M’emportent loin des miasmes des longs ennuis.

O mers séculaires, ô vastes extases !

 

Sur ton cœur me perche d’un pur et libre envol,

A sonder tes rêves les plus doux, les plus fols

Qui sont miens à me flatter d’une vie si rase !