II.9 L'Union Fait la Force
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L'union des noirs et des mulåtres, en bref, des forces antiesclavagistes, à Saint-Domingue, a rendu possible la victoire finale qui a conduit à l'indépendance d'Haiti, en 1804. Ce fut, aussi, depuis lors que la phrase symbolique, "L'Union Fait la Force" devint un signe de ralliement symbolisé par l'emblème de cette nation. L'union est avec la structure deux dimensions très importantes, mises en relief dans les études de la dynamique du groupe organisé, Des groupes très hiérarchisés, et, par conséquent, bien structurés, et dont les membres sont très unis, tels l'Armée et l'Eglise, sont des groupes forts. S'inspirant de ces modèles, les leaders autoritaires ou dictatoriaux insistent, anormalement, sur ces deux qualités essentielles au bon fonctionnement du groupe organisé que sont l'union et la structure. La cohésion revêt, d'ailleurs, dans de tels groupes, un aspect d'uniformité, et l'union s'y fait au détriment du droit aux libertés individuelles et aux convictions personnelles. Pour Haiti et pour tous les haitiens, le précepte emblématique, "L'Union Fait la Force" a été, trop souvent, un instrument de malheur aux mains de forces ténébreuses. Celles-ci ont toujours cherché et sont souvent arrivées à modeler le comportement du citoyen non averti sur des normes fascistes. Dans une lettre datée du 31 decembre 2003 et envoyée à radio Métropole, j'ai encore adressé le problème et l'ai rendu plus clair. Le problème haitien, ai-je dit, n'est pas celui du patriotisme, il n'est pas celui de l'union, ni même celui de l'armée. Il relève de la démocracie et du respect des libertés individuelles et des divergences idéologiques. C'est l'autoritarisme des leaders haitiens et son "petit frère", le militarisme local, qui sont un majeur handicap au progrès de cette nation. L'union dans le respect de l'ordre est essentielle à celui-ci, mais l'unité et le conformisme idéologiques sont indésirables dans une démocracie. |