Le mouvement populaire actuel est le résultat du refus de la HCC de confronter les procès-verbaux des bureaux de vote. Mais sa cause profonde remonte plus loin dans le temps et chaque jour qui passe révèle les dessous des manipulations juridico-administratives effectuées. Dès son accession à la magistrature suprême, Ratsiraka s’est empressé de procéder au toilettage de la Constitution de 1992, dans le dessein évident d’élargir sa marge de manœuvre. Des dispositions avantageant le candidat, Président en exercice, ont été prises, tel le code électoral donnant la possibilité de créer des bureaux de vote 48 heures avant l’ouverture du scrutin (Lois organiques 2000/014 et 2001/002). Par contre, une fin de non recevoir a été opposée par le régime au code électoral proposé par le Conseil Œcuménique des Églises Chrétiennes qui aurait garanti la transparence du scrutin et la sincérité du vote ainsi qu’à la demande de l’opposition d’être représentée à la HCC. L’annexion administrative des territoires par la mise en place des provinces autonomes dont les gouverneurs, contrairement à la Constitution ont été les directeurs de propagande présidentielle de Ratsiraka parachevait l’œuvre de préméditation de manipulation électorale avant la constitution (anticonstitutionnelle) in extremis de la HCC. Tout a été donc prévu minutieusement, y compris le refus catégorique des observateurs internationaux et la date du scrutin du 16 décembre 2001 pour assurer une élection au premier tour du candidat-président. Mais tout ce rouleau compresseur juridico-administratif se bloqua à cause d’un grain de sable que les hommes de l’ex-président ont mis tant de soin à y projeter eux-mêmes : la date du scrutin du 16 décembre 2001. Et le retour de manivelle se déclencha avec une conséquence inattendue claire et nette : Ratsiraka, tout son gouvernement sont maintenant en parfait état d’illégalité. En effet, l’article 47 alinéa 1er de la Constitution du 18 septembre 1992 prévoit que l’élection du président doit être effectué 30 jours au moins et 60 jours au plus avant l’expiration du mandat présidentiel en exercice, c’est-à-dire le 09 février 2002 et que la proclamation des résultats aurait dû être effectuée au moins 30 jours avant cette date d’expiration, soit le 09 janvier 2002 e qu’au delà de 09 février 2002 le président en exercice doit alors cesser ses fonctions. Les seuls cas de prorogation du mandat présidentiel prévu par l’alinéa 4 de l’article 47 sont : le décès d’un des candidats avant un tour de scrutin et le cas de force majeure. Quel est donc le rapport de légalité et de légitimité des deux parties en présence de la commission de HILTON? D’une part, nous avons une équipe de l’ex-président Ratsiraka , traînant derrière eux tout un long record d’illégalités et d’actes anticonstitutionnels, usurpant actuellement la légalité, d’autre part, on a en face, une équipe de Ravalomanana, gardant la légalité dans leurs actes tout en possédant l’entière légitimité à leur support.
Communication SECES, 15 février 2002
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Et paf ! Le retour de manivelle : Ratsiraka, victime de ses propres turpitudes
Toilettage de la constitution de 1992; coupe sur mesure du code électoral, bousculade dans la mise en place des provinces autonomes ; fin de non recevoir sans ménagement au code électoral du FFKM sur le code électorale, rejet dédaigneux aux désiratas de représentation de l’opposition à la HCC ; parachutage in extremis des membres du HCC jusqu’au calcul de la date du scrutin, tout a été prémédité, tout a été calculé jusqu’au dernier moment y comprises les dernières manipulations des votes à l’Immeuble FIARO pour décider d’une victoire d’une apparente démocratie au deuxième tour. Voilà passée la date du 09 février 2002 ; à l’expiration de mandat présidentiel, rien n’est joué, et l’ex-président de se trouver sur la touche de l’illégalité avec son équipe entière, et pour comble, sans aucune légitimité. Pire encore, ils ont dans leur sillage les multiples traînés d’infraction de l’héritière de l’Amiral tout à la fougue de son apprentissage. Tout cela sous les yeux de la communauté internationale.
Tianasoa R. Manoelson
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