Sécurité à l'Île-des-Soeurs


ATTENTION, TU POURRAIS TUER MON AMI...


Jeudi le 24 avril dernier, se tenait, à l'école primaire de l'Île des Soeurs,une rencontre extraordinaire au sujet de la sécurité "des enfants marcheurs". Le secteur visé était surtout les abords de l'école. Étaient présents, la direction de l'école mesdames Laborde et Garand, M.Crête, Commissaire et Président de la commission scolaire, le Président de l'arrondissement, M.Bossé et tous ses conseillers. Le commandant Guillemette, M.Shaw, président du conseil d'établissement de l'école ainsi que Mme Talbot. En plus de deux représentants de l'organisme de participation des parents(O.P.P.)-sécurité, messieurs Touchette et Lange, Mme Lecat représentante de la communauté, M.Blouin, parent. Ainsi que M.Jetten et Mme Latraverse. Tous, très impliqués et concernés afin de trouver des solutions permanentes et efficaces pour enfin résoudre ce problème qui est, disons le, récurent.

La direction de l'école se dit impliquée même si le problème se situe sur le territoire de la ville. L'école compte maintenant 665 élèves. Le problème de sécurité existe depuis l'ouverture de l'école, soit en 1982. Depuis cette date, on a fait des débarcadères pour autobus afin de dégager la rue, donner plus d'espaces aux voitures sur la rue et surtout, sécuriser le débarquement des enfants. Cette mesure n'a pas eu beaucoup d'impact considérant que la source vient bien du comportement délinquant des automobilistes. Ces derniers sont de plus en plus nombreux et bien souvent, parents d'enfants qui fréquentent l'école. Au mois de mars, la police a fait 6 heures et 40 minutes d'observation, émis 62 avertissements et 4 constats d'infractions. Selon les observations de la police, au moins 50% des automobilistes qui circulent dans le secteur visé étaient en infractions. Effarant comme constat !

Au mois d'avril, on a appliqué une politique de tolérance zéro. De nombreux constats d'infractions furent émis. Les infractions sont à la baisse lors d'une présence policière de quelques jours. Toutefois, lorsque absente pour quelques jours, le nombre d'infractions remonte rapidement. Il semble que des automobilistes fautifs ont enguirlandés les supérieurs de certains policiers pendant quinze minutes au téléphone, mécontents d'avoir à payer une contravention! D'autres déclarent de façon défiante qu'ils iront contester cette dernière. Dans ces cas, on peut dire que le message ne passe pas.

Contrairement à ce que nous pension, le président, M.Bossé nous informe que le taux de contestations des contraventions était minime dans l'arrondissement de Verdun. Le Commandant Guillemette ajoute, qu'il surveille ce taux car il interviendrait pour corriger la situation si quelque chose se passait à ce niveau. Contester une contravention pour un arrêt non respecté ne serait donc pas « discutable » à la cour Municipale. M. Bossé, très sensible à la problématique, a souligné l'excellent travail des policiers. Pour plusieurs opérations, tous les effectifs du poste de quartier 17 étaient impliqués. Il est clair que ce genre d'intervention n'est pas envisageable sur de longues périodes. Il a créé des corridors sécuritaires pour les piétons et les écoliers et s'attend à ce qu'ils le soient en permanence.

Les parents trouvent qu'il est difficile de stationner dans le secteur de l'école, particulièrement le soir lorsqu'ils vont chercher leurs enfants au service de garde. Madame Laborde, la directrice de l'école, rappelle que le stationnement réservé au personnel, à gauche de l'école, est accessible dès 15 heures. Il est interdit de stationner en double ou encore de le faire dans la partie intérieure du rond point. Un matin, on a même vu une mini-fourgonnette circulant près de l'école avec la portière de coté ouverte, un enfant prêt à sauter! Digne d'un film de commandos !

Certains parents, de bonne foi, ont tenté d'avertir les conducteurs fautifs. Mais en général, cela semble être très mal reçu: doigt d'honneur et engueulade en présence des enfants. Un bel exemple pour la prochaine génération de conducteurs !

Les campagnes de sensibilisations impliquant des familles donnent de bons résultats à d'autres endroits. L'utilisation d'enfants policiers semble avoir plus d'impact également. Ces avenues seront à explorer.

La signalisation près de l'école est déficiente en plusieurs endroits. La ville assure qu'elle la corrigera dans un court délai. Du taillage de haies et d'arbustes qui peuvent restreindre le champ visuel à la fois des automobilistes et des piétons. Il y a peu lieu d'empêcher que les autos se stationnent trop près du coin, ce qui est déjà interdit mais les gens se stationnent partout où il y a de la place, incluant la zone de débarcadère d'autobus, les entrées privées, même devant la borne fontaine. Bien que la vitesse ne soit pas un problème, le fait d'indiquer une zone de 30 Km/h devrait inciter les automobilistes à redoubler de prudence. Les lignes d'arrêts et sur la médiane seront également repeintes. On peut déjà apprécier la bonne volonté de l'arrondissement qui, dès le lendemain de la réunion, marquait la rue face à l'école d'une ligne jaune continue. Traverser cette dernière n'en coûte pas moins de $300 d'amende à son chauffeur! D'autres marquages blancs ont aussi été rafraîchis. Il faut signaler que beaucoup d'automobilistes ne respectent pas les piétons même lorsqu'ils sont déjà engagés dans l'intersection. Si on ne respecte pas un piéton en chair et en os, il serait utopique de croire que des panneaux de signalisation passifs puissent corriger le problème .

On a souligné que d'associer des points d'inaptitudes avec le non-respect de la priorité des piétons était un point positif.
À défaut de respecter la priorité accordée aux piétons et aux cyclistes à une intersection = 2 points d'inaptitude.
Omettre de se conformer à des ordres ou signaux d'un agent de la paix, d'un brigadier scolaire ou d'un signaleur = 3 points.
Omettre de se conformer à un feu rouge ou à un panneau d'arrêt= 3 points.

Il est triste de constater que de seulement avertir ne suffise, il faut aussi "punir" ! Comme avec des enfants....Une solution immédiate serait d'avoir les services d'une brigadier aux intersections De Gaspé et De Gaspé, tout à côté de l'école. Les brigadiers sont des employés de la SPVM. Il y en a 540 sur le territoire de la ville. Leur nombre a légèrement diminué au cours des 10 dernières années. Les critères utilisés pour l'attribution de brigadier à un endroit précis sont:
- le nombre d'enfants marcheurs qui traversent la rue
- le nombre d'automobilistes- achalandage
- le degré de dangerosité de l'intersection.

Les indications préliminaires sont que l'intersection près de l'école ne rencontrera pas les critères pour obtenir un brigadier. À première vue, pas assez d'enfants marcheurs passent à cette intersection. - "Bien non !" Nous exclamerons-nous. Ils sont tous dans les voitures qui nous passent sous le nez !
L'utilisation de dos d'âne n'est pas approprié pour les circonstances puisque la vitesse n'est pas le problème. De plus, les enfants risquent de s'y retrouver en skate board et vélo. C'est aussi un moyen pour détourner l'attention des automobilistes qui doivent être très vigilants déjà ! Sans parler du bruit que les pneus font au passage de cette "bosse".
Il a été proposé d'interdire la circulation aux camions lourds, de déchets et de recyclage aux heures d'entrées et de sorties des écoliers. La ville étudie cette avenue.
Les opérations de déneigement devraient se faire avant la rentrée, 7h30. Mais la ville craint que les résidents s'en plaignent. Plusieurs intervenants ont indiqué être opposés à l'installation d'un feu de circulation. À ce point, est-ce qu'on doit encore tenir compte de leurs opinions si 50% des automobilistes ne respectent pas la signalisation ou les piétons ?

Selon les chiffres rapportés par le Commandant Guillemette, il nous est possible de confirmer qu'il passe 262 autos en 22 minutes. Ça fait une auto à toutes les 5 secondes qui traverse l'intersection, dans un sens ou l'autre. Les contrôleurs aériens y perdraient leur latin ! Alors imaginez un jeune enfant! De la maternelle à la 6e, un enfant va traverser l'intersection plus de 2500 fois. Un lien Internet intéressant: Comment l'enfant voit la route.

À la rencontre, il a aussi été question des autres corridors pédestres qu'empruntent les écoliers. Il n'y aurait pas seulement que les environs de l'école qui soient risqués pour ces élèves. Il semble que des automobilistes empruntent les pistes cyclables pour faire des « U Turn », tel que sur le terre plein du boulevard Marguerite Bourgeoys à la hauteur du Parc Place de la Fontaine ! Ou encore, que des camionnettes de paysagement, déménagement se retrouvent face à face avec des enfants en vélo sur la piste cyclable dans le secteur Des Mélilots! La ville verra à faire des aménagements afin qu'aucun véhicule ne puisse accéder à ces endroits.

De toute évidence, nous avons affaire à un problème de comportement humain, d'incivilité . Irons-nous jusqu'à nous unir pour avoir recours à un projet tel le projet cyclope ? Ce projet où les citoyens du quartier se mobilisaient pour prendre en note les plaques d'immatriculation des automobilistes qui embarquaient des prostituées et qui, dans un deuxième temps, recevaient une jolie lettre demandant de cesser cette pratique car ils étaient « sous surveillance » ! Pour le moment, toutes les personnes présentes à cette réunion sont d'accord, il faut « éduquer les parents ». Lancer une grande campagne de sensibilisation sur toute l'Ile. L'école sera pro active dans la démarche avec la collaboration du poste 17. En espérant que le printemps, qui invite plus d'enfants à marcher, prendre l'air et jouer, ne sera pas prophète de malheur ?

En attendant d'éduquer les grands, les enfants recevront des consignes et des outils pour savoir comment circuler en toute sécurité. Mais de grâce, ouvrez les oreilles lorsque votre enfant vous dira, d'un ton innocent;
- « .. Faut faire le stop, compter 1-2-3, parce que sinon, c'est mon ami que tu pourrais tuer..! »
En espérant qu'ils se rendent au moins à 1 !
Denis Jetten, Madeleine Talbot et Ann Latraverse