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Cette histoire parle d'amour, de haine et de désespoir. Elle raconte le destin tragique de trois jeunes hommes que le hasard a réunis et qui portait sur leurs épaules un poids au dessus de leurs forces.

Notre premier personnage est Yannick Kerneck. Fils d'un bourgeois breton il souffre de son apparence physique : petit et gras il doit de plus porter en permanence des verres à doubles foyers pour compenser une vue déficiente. Objet des pires railleries il se referme peu à peu sur lui même et ne trouve la délivrance que dans le chant et le biniou qu'il pratique chaque jour au bord de la falaise, face à la mer.... Malheureusement ces rares instants de paix intérieures sont toujours de courtes durées : la volonté ne fait pas la qualité et son chant et sa musique sont un supplice pour les oreilles. Son seul talent, la poésie, est marqué par ce mal de vivre et ses vers sont en fait des appels au secours poignants et déchirants. Avec le temps la rancoeur s'est installé et rejeté par ses semblables il devient dur, méchant, et décide de partir vers des cieux plus sereins, un endroit où on le jugerait pour ce qu'il est et non pour ce qu'il paraît, un lieu où, enfin, il serait accepté tel qu'il est et où il pourrait connaître la paix.
Une nuit de février 1820, il prend la route et fait ses adieux à sa mère qui lui hurle de revenir sur sa décision. Mais il est trop tard et il disparaît dans l'obscurité, ne laissant derrière lui aucuns regrets, seulement ses bottes, prises dans la boue du sentier.

Il trouve refuge chez Gaspard Villedieu de la Pétaudière, un ami de son père qui était venu dîner chez lui un jour et dont les saines idées républicaines l'avait enthousiasmé.
C'est un homme de bien et il comprend sa détresse : maire de Prégastel-Morhoët il en fait son secretaire et ainsi lui rend sa dignité.

Dès son arrivée, une terrible inondation ravage la commune et même la mairie est touchée : la plupart des archives sont perdues. Lorsque les eaux redescendent enfin la commune est dévastée et il est même nécessaire de faire appel a un métreur pour refaire l'intégralité du cadastre. Sous cet acte anodin le destin cache sa marque : la seconde pièce du puzzle est en place.

En mars 1821, Vincent Tinelle arrive en effet au village et entame son travail long et ingrat. Cet individu tourmenté n'a repris que depuis peu le métier de son père et passe plus de temps à lire qu'à prendre les mesures nécessaires. Depuis la mort de son père son amour pour sa mère est devenu plus fort, plus enflammé encore qu'il n'était et cette séparation est un enfer pour lui. Il ne trouve le réconfort que dans des vers qu'il lui envoie chaque jour et le repos que dans l'opium qu'il consomme quotidiennement. Mais chaque fois qu'il demande à Yannick Kerneck son avis sur ses talents de rimailleur il ne rencontre que cynisme et mépris. Leur rapport sont en fait tendus depuis le premier où, lors de sa présentation il a exprimé son attirance pour les idées révolutionnaires. Comment ces deux hommes pourraient ils imaginer à quel point leurs vies sont liées ?

Deux ans plus tard le destin frappe les trois coup et le rideau se lève.

collection philippe Ferrari

Un homme affolé déboule dans le bureau de Yannick pour le prévenir que le maire s'est écroulé.... comme terrassé... et le bon docteur Calvez est en vacance.
Heureusement Yannick est un homme de décision et il se précipite aussitôt chez Désiré Pasteur, que le prévoyant docteur avait nommé pour le remplacer, suivi de près par Vincent qui l'appelle déjà « Monsieur le maire » et se verrait très bien à la place de secrétaire de mairie, poste ô combien plus glorieux celui de métreur, métier qu'il déteste et qui lui rappelle son père haï.

Attardons nous un instant sur Destiné Pasteur. Le dernier pion du destin est en effet un individu complexe : chassé de chez lui par son père, un pasteur protestant, parce qu'il aimait sa sœur il s'était retrouvé à la rue traumatisé par les dernières paroles de son père et persuadé qu'il était damné et que la source du mal était la Femme. Depuis ce jour il ne pouvait s'empêcher de bégayer en présence de la gent féminine et ses échecs répétés provoqué par ses bafouillements ridicules lui firent fuir ses semblables. Recueilli par le docteur Lambert il rentre grâce à l'appui de ce dernier à l'académie de médecine. Là il découvre qu'il est plus à l'aise avec les morts qu'avec les vivants. Mais le sort s'acharne et dans une crise de folie provoqué par l'alcool son bienfaiteur se mutile en plein Paris à coup de scalpel et se jette dans les eaux boueuses de ma Seine. Peu de temps après, il est surpris à la morgue de l'académie en train de réciter des vers à une jeune noyée et il est renvoyé. Si Il échoue dans ce petit village de Bretagne c'est que cela devait être. Qui aurait pu le prévoir et qui aurait pu l'empêcher ? L'histoire aurait elle pu être changée ?
Il est difficile d'échapper à son destin, comme le prouve ce qui suit.

Vincent s'affaire autour du maire, il est petit et tellement maladif qu'un observateur extérieur ne pourrait deviner lequel des deux est à l'article de la mort, ses yeux semblent briller de fièvre et ses cheveux sont longs et en broussaille, rien d'étonnant à ce que les habitants ne l'aient jamais consulté depuis bientôt deux semaines qu'il est là. Le verdict est sans appel : le cœur a lâché et il est au plus mal. Aussitôt des paysans sont réquisitionnés pour le porter chez lui, une grande demeure qu'il habite seul. Mais avant la fin de l'examen Yannick avait deviné qu'il s'agissait d'un choc et une lettre ouverte sur le bureau lui donna même la cause du drame : une femme lui annonce qu'elle refuse une fois de plus ses avances et lui somme de la laisser tranquille car elle veut refaire sa vie.

« Je dois faire quelque chose pour lui », « Je ne peux le laisser mourir sans rien faire ». La rage envahit Yannick et lorsque Vincent le traite de nabot il manque de céder à l'énervement mais il y a des choses plus urgentes à faire et il déclame des vers pour se calmer. Une fois porté sur son lit le maire reprend connaissance et réclame un notaire. Vincent propose immédiatement de se faire passer pour tel afin de connaître les dernières volonté du brave homme. Mais Yannick est outré et refuse. Tentant de lui forcer la main le métreur sort et revient grimé... c'était sans compter sur l'esprit d'à propos de Yannick qui s'exclame aussitôt « Regardez mon bon ami, le métreur s'est habillé pour partir chercher le notaire. » et Vincent repart dépité, accompagné par les deux fils d'un paysan du coin : Yannick veut être sûr qu'il ne tentera pas un nouveau coup tordu. Il se méfierait encore davantage si il savait que le médecin et Vincent s'étaient trouvés des intérêts commun dans la disparition de monsieur Gaspard Villedieu de la Pétaudière....
En attendant il veille le maire et lui joue du biniou. Fidèle à son devoir le médecin reste malgré les sons horribles qui sortent de l'instrument. En fait, il prétend que cette torture pourrait achever le malade mais Yannick n'a cure de ces médisances et il continue.

Maître Antoine Montfort arrive enfin.... sans Vincent. Celui ci lui a chanté le message en s'accompagnant au piano et a refusé de partir, pris par l'inspiration. Il rejoindra les autres peu après, ayant réussi contre toute attente à retrouver son chemin de nuit dans la campagne bretonne.

Le notaire s'enferme alors avec le maire pour recueillir ses dernières volontés tandis que Yannick garde la porte, que Désiré veille, refusant de s'éloigner de son malade, et que Vincent contourne la maison, espérant surprendre quelques bribes de conversations par la fenêtre.

De toute façon l'attente est de courte durée et le notaire ressort en déclarant que la fin est proche. Tout le monde se précipite et Yannick et Désiré servent de témoins pour la signature du testament. L'instant d'après Gaspard Villedieu de la Pétaudière s'éteint en déclarant : « Et pourtant nous aurions pu tant nous aimer... ».

Yannick est plein de désespoir... Désiré semble peu affecté par la perte de son patient.... Vincent voit les portes de la mairie s'ouvrir devant lui....et il déclame des vers au grand désespoir des ses compagnons....

Le lendemain Yannick ouvre le cabinet particulier du maire à l'aide de la clef que lui a remis le notaire. Le maire lui a légué ses propriétés, le médecin et le métreur se partage une somme en liquide, le reste de sa fortune doit profiter à son seul amour... Pendant que le médecin fait la toilette du mort « les fossoyeurs auront du travail, la terre est gelée... » Yannick pénetre dans la petite pièce sombre, et ouvre la fenêtre, laissant entrer la lumière du jour dans la pièce pour la première fois depuis bien longtemps. Il se retourne et se fige : en face de lui un tableau représente Céline d'Estrée, un amour d'enfance qu'il n'a pas revu depuis le collège. Cherchant une explication logique il parcourt les lettres couvrant le bureau. Il s'agit d'une correspondance avec Marine Dubois que la toile accrochée au mur doit représenter. Il hésite un instant, troublé par la ressemblance, mais les dernières volontés de son ami son sacrées et il prend immédiatement la route pour Rennes : pendant tout le trajet il chante et joue du biniou, Vincent et Désiré, qui ont tenu à l'accompagner, commencent à regretter leur décision...

Ils s'arrêtent pour la nuit à l'auberge de Saint Méhen Le Grand que Vincent connaît bien : il se précipite sur le piano et demande à Yannick de l'accompagner au biniou en l'honneur du maire. Ne voulant l'insulter en public Yannick accepte malgré ce qu'il pense de cet idée « Le maire a t il mérité cela ? » et Désiré tente de déclamer des vers sur la musique. Le résultat est atroce : si Vincent arrive à peu près à tirer des sons correctes de son instrument Yannick transforme le concert en torture et la présence de femmes dans la salle empêche désiré d'aligner deux mots sans bégayer... C'est le patron de l'auberge qui leur demande gentiment, mais fermement, d'arrêter. La tension est monté d'un cran entre les voyageurs et lorsque l'aubergiste demande qui réglera la note Vincent répond : « c'est mon ami qui paye, c'est lui qui a les bourses ! » Ce a quoi Yannick répond : « oui les miennes sont pleines alors que les vôtres sont vides ! ».

Ils reprennent la route le lendemain. Si les chants de Yannick continuent à effrayer les chevaux ses airs de binious sont aujourd'hui particulièrement inspirés et sont presque supportables.

L'arrivé à Rennes ne calme pas les esprits : dès l'arrivé à l'appartement de Marine, Vincent propose de surveiller la porte de derrière... comme Yannick lui demande pour quelle raison la réponse est sans appel : « avec ton faciès elle risque de s'enfuir ». En effet, Vincent est le seul du groupe qui ne soit pas de petite taille et les basses remarques touchant au physique sont d'usage facile pour lui.

L'appartement se situe au deuxième étage et c'est homme qui ouvre. L'annonce de la mort du maire ne semble pas attrister Marine, elle dissimule même un sourire en coin. Ils savent qu'elle repoussait depuis longtemps les assiduité de celui ci mais il y a des limites... Pendant qu'elle se prépare nous remarquons qu'il y a deux noms sur la porte : l'homme qui leur a ouvert se nomme Raoûl Larcenet et il l'accompagne lorsqu'ils sortent pour discuter.

La situation leur apparaît tout a coup très différente ! Sans qu'ils n'en aient encore la preuve il semblerait que cette Marine soit en fait une fille de mauvaise vie. Ce Raoûl serait alors un individu méprisable. Désiré tente de montrer sa désapprobation, cette femme représente tout ce qu'il déteste mais son bégaiement est plus fort que jamais et il lui est impossible de s'exprimer. Vincent lui demande de se procurer des somnifères, Yannick s'inquiète de l'usage qu'il désire en faire mais les idées qui germent sont bien vite oubliées.... pour combien de temps ?
Yannick propose un parc ou un salon de thé et la seconde solution est choisie. En regardant Désiré qui suffoque Vincent précise même « un salon de thé où on accepte les animaux ». Désiré s'étrangle mais son incapacité à aligner deux mots intelligibles met fin à la discussion.
Les présentation faites il s'avère que Marine Dubois est effectivement Céline d'Estrée... elle aurait changée de nom après avoir quitté ses parents à la suite d'un désaccord. L'origine de ce désaccord n'est pas difficile à trouver....
Insidieusement Yannick ramène la conversation sur un sujet sensible : « vous êtes parents ? ». Gênée, Marine s'explique rapidement : »Nous sommes amis, c'est pour des raisons pratiques... ». Désiré a de plus en plus de mal à s'exprimer.... et a respirer d'ailleurs...ses vociférations sur la pécheresse ne sont que halètements et postillons...
Il apparaît clairement que cette fille de petite vertu séduit des hommes pour toucher leur héritage, et sa « profession » déclarée : rentière, semble appuyer cette conclusion.

Pour Désiré cette pécheresse ne doit pas continue à vivre ainsi (ni a vivre tout court d'ailleurs), pour Yannick il est hors de question que l'argent de son ami, de son maître, ne tombe entre les mains de cette traînée, pour Vincent la priorité est de trouver un moyen de récupérer l'argent du maire.

Le groupe, composé dorénavant de deux membres supplémentaires, reprennent la route au plus vite : Marine semble particulièrement pressée de régler cette succession et de toucher son argent.

Au voyage du retour l'arrêt se fait dans la petite bourgade de Loudéac. Il n'y a pas de piano et Vincent cède à la mélancolie, il déclame alors un poème pour se remonter le moral et c'est au tour de ses camarades de sombrer dans la mélancolie...
Marine et Raoul prennent une chambre pour deux. Pour chacun la situation est claire : ils n'hériteront pas !

Vincent propose de trouver un appât pour pousser Marine à dévoiler son jeu. Il pense que Désiré ferait parfaitement l'affaire mais celui ci explose et la rancune accumulée se libère. Il frappe Vincent au visage de toutes ses forces mais heureusement sans vraiment lui faire mal, sa faible constitution ne le lui permettent pas. « Voyons mon cher ami vous m'avez mal compris » Yannick intervient : « Dites tout de suite qu'il est con... » et comme Vincent lui fait remarquer qu'il se laisse aller celui ci ajoute : « vous n'avez pas pris assez de coups pour la soirée ? ».
Chacun décide qu'il est temps d'aller se coucher avant que cela ne dégénère.

Mais Vincent tient à maintenir Yannick dans cet état d'esprit : il est plus facile à manipuler et lorsqu'il est énervé il est plus a même de prendre des décisions... irrémédiables.
Il passe donc toute la nuit à réciter des poèmes à travers le mur entre leurs chambres.
Le résultat dépasse ses espérances : le lendemain Yannick accepte son plan et se propose même comme appât. Après tout il l'avait aimé lorsqu'ils étaient plus jeune. Mais pour que Marine soit intéressée il faut qu'elle le croit malade. Ainsi il déclame des vers désespères et s'endort dans la calèche. En fait c'est Désiré qui l'a drogué à son insu pour échapper à ses chants et son biniou pendant la dernière partie du voyage. Pendant qu'il dort ses camarades disserte sur son état et s'inquiète de sa santé. Ce n'est que la première partie du plan mais avant de se déclarer Yannick veut plus d'informations.
En effet, Vincent à laissé entendre que faire mourir les gens de chagrin est un peu long et que Marine pourrait les y aider...
Dès leur arrivé les trois compère se mettent donc à l'oeuvre : tandis que Yannick retient Marine et Raoûl avec formalités administrative, envoyant un paysan du coin cherhcer des papiers dans les villes voisines, Désiré autopsie le corps du maire et Vincent analyse les lettres.
Mais la mort de Gaspard est naturelle et les lettres ne semblent être porteuses d'aucun poison d'aucune sorte : en infusion, brûlée ou reniflée par un chien elle , elle semblent tout à fait normal et le médecin le confirme. Toutefois leur relecture confirme qu'elle n'a jamais cesser de laisser un espoir au maire tout en le repoussant. C'est un crime parfait.

C'est Vincent qui décide de mettre un terme à cette comédie : il envoie quérir les acteurs de cette tragédie et leur donne rendez vous chez le maire. Là il s'accompagne au piano et chante une histoire. Une histoire d'homme manipulé, une histoire de femme perfide, une histoire d'amour et d'argent, une histoire intemporelle sans noms ni visages....
l'histoire de l'humanité...

Raoûl réagit immédiatement à ce qu'il considère comme une affaire personnelle et dégaine un pistolet mais Yannick sort alors deux épées de duel et Raoûl les accepte. Vincent prend une épée et la parole : « Une seule personne est digne de venger l'honneur du maire : vous ! » et il tend l'épée à Yannick qui ne peut s'empêcher de sourire : il attendait cette phrase... elle ne le surprenait pas et même l'enchantait...

Ils se rendirent au bord de la falaise. Le vent s'était levé et le vagues venaient se fracasser sur la roche dans un bruit de tonnerre. Les embruns balayaient les deux hommes et une pluie fine commença à tomber remplaçant la neige qui n'avait cessée de tomber sur la région toute la semaine. Les épées luisaient mais les deux hommes ne parvenaient pas à se décider : face à face ils s'observaient et ils sentaient leurs forces les abandonner. Yannick surtout était consterné : maintenant qu'il était là il comprenait l'inutilité de la situation. Si il mourait ici qui empêcherait Marine de récupérer l'argent de son ami ? Et si il tuait Raoûl en quoi cela changeait il sa situation ?
Il laissa retomber son arme et se tourna vers Marine. Elle avait tenu à venir se trouvait à quelques pas de là, au bord de la falaise malgré le vent. Il marcha vers elle, lâcha son épée. Ses camarade et son adversaire ne comprenaient pas ce qui se passait. Qui aurait pu ? Qui aurait pu comprendre qu'il aimait Céline et qu'il ne pouvait la savoir vivante ? Il l'enlaça brusquement et la souleva. Elle tenta de se libérer, d'atteindre le pistolet que Raoul lui avait confié, mais Yannick marchait maintenant vers le bord du gouffre et il était trop tard. Nul n'aurait pu dire si c'était la pluie qui mouillait son visage où s'il pleurait.... Ils basculèrent dans le vide.
Tandis que Yannick déclamait ses derniers vers un cri déchira le soir qui se couchait. Vincent voyait disparaître son entrée à la mairie, il voyait disparaître un avenir prometteur, il se voyait condamner à continuer ce métier détesté laissé par un père haï.... il saisit l'épée de duel abandonnée par son camarade et se la planta dans le ventre... sa mort fut presque instantané et personne ne l'entendit murmurer une dernière fois le nom de sa mère... Désiré tremblait des pieds à la tête : sa raison vacillante bascula d'un coup... Il poussa un hurlement et se précipita scalpel levé vers le seul être encore debout : Raoûl, tétanisé par ce qui se passait autour de lui. Le médecin était poussé par la folie mais il était faible alors que son adversaire, mieux armé, était en parfaite santé... Il tomba à la seconde passe d'arme et se mis à ramper vers le bord du gouffre. Il bascula dans le vide mais resta coincé sur une petite corniche. Il récita un poème, et perdit connaissance.

Le notaire, qui avait observé la scène de loin, prévint les secours mais à son retour Raoul avait disparu et il était trop tard pour Désiré : après deux jours de lente agonie il rendit l'âme.

Le rideau se baisse sur la scène maintenant vide et le destin applaudit. Marine était en fait le frère de Céline d'Estrée qui s'était déguisé en femme et avait séduit le maire pour se venger de lui.. et Raoûl était son amant....
Yannick, Désiré, Vincent... tous mort sans savoir pourquoi.... mais la mort est elle une fin ? Leur vie n'a été que tourments et peines... la mort fut pour eux une délivrance et leur sort est peut être plus enviable celui de Raoul, vivant, peut être, mais solitaire et traqué.... qui a perdu celui qu'il aimait sans comprendre pourquoi....