Le Dortoir des Grandes #1
On ne parle que de vous actuellement, comment ça se passe
dans vos têtes par rapport à toute cette euphorie ?
Christophe : On apprécie dans la mesure où ce qui se dit sur nous ne
dénature pas trop l'image initiale du groupe. Et, il semble que
jusqu'à présent, y'a pas eu trop de conneries de dites à notre sujet.
Ca fait longtemps qu'on tourne et qu'on fait des disques et, de
toute façon, d'un certain côté, on se bat aussi pour que les gens
s'intéressent à nous et à ce qu'on fait. Les zines ont toujours plus
ou moins parlé de nous et de nos rapports avec eux ont toujours été
très bons ; c'est plutôt le fait que les media nationaux, qui avaient
du retard, commencent à plus s'intéresser à nous maintenant ...
Mais si tu veux, nous, on garde la tête froide par rapport à tout ça.
Etes-vous pour aller toujours plus loin ou préférez-vous ralentir
le rythme afin de mieux appréhender un éventuel succès plus ou moins
contrôlable ?
C : Tu sais, où on en est actuellement, je crois qu'on peut encore
continuer ! Y'a encore de la marge avant que le succès ne devienne
vraiment oppressant pour nous. De toute façon, depuis qu'on a
commencé, on a toujours eu la même démarche, c'est-à-dire faire
notre musique et nos concerts le mieux qu'on pouvait pour mettre
toutes les chances de notre côté. Et puis parce que c'est aussi
un plaisir personnel au niveau de la scène, d'assurer, de répèter,
de mettre des morceaux en place, de faire des morceaux, des disques
qui nous plaisent, ainsi que des pochettes et des affiches ...
Puis après, si y'a des gens qui sont intéressés par tout ça, et
bien tant mieux !!
N'avez vous pas l'impression que vous êtes en train de prendre
la place des Bérurier Noir dans le coeur du public (et ceci malgré
vous) ?
C : Ce qui est sûr, c'est que la soit-disant fin du mouvement
alternatif et la séparation des Bérus ont créé un vide au niveau
du Rock en France, et y'a pas mal de groupes dont a beaucoup
moins parlé à ce moment-là, et, c'est vrai qu'à la limite,
ça laissait plus de place pour les Thugs ; mais sinon, au niveau
du public, je ne pense pas. Par rapport aux BxN de toute façon,
ne serait-ce qu'au niveau succès et chiffres de vente, ils sont
loin devant nous et déjà là, ce n'est pas comparable, mais en
plus, je ne sais pas si les gens qui aiment les Thugs y trouvent
les mêmes choses que dans les BxN. Parce que chez les Bérus,
il y avait une grosse partie du public qui était branché sur
les paroles et sur le spectacle sur scène. Et nous, on développe
plus l'aspect musical.
Mais au niveau de la sincérité et de l'honnêteté du groupe,
n'existe-t-il pas un parallèle entre BxN et Thugs ?
C : L a sincérité et l'honnêteté ... C'est ce que disait le
dernier article de presse sur les Thugs (voir Best #) qui
insiste beaucoup sur ces deux aspects du groupe ...
A la limite, c'est presque dommage d'insister là-dessus,
car on voudrait laisser entendre que la plupart des autres
groupes ne sont ni honnêtes, ni sincères ...
Comment avez-vous vécu la fin des Berurier Noir ?
C : En fait, y'a des évènements autrement plus tragiques qui
nous ont beaucoup plus touché. Mais ceci dit, personnellement,
j'ai toujours bien aimé les BxN même si le côté scénique et
les paroles sont ce qui me branchait le moins. C'est pas que
je n'étais pas d'accord avec leurs paroles, politiquement
parlant, mais c'est plutôt dans leur façon de les exprimer.
Je n'aime pas ce discours-là, et puis, on tombe vite dans
les plans meeting et politique politicienne ; on manipule
plus ou moins les foules et ça ne me branche pas du tout.
Par contre, musicalement, j'ai toujours bien aimé !
Si on apprécie ce que faisait les Bérurier, je crois que
c'est parce qu'on les a connu par l'intermédiaire des Gougnaf
et aussi parce qu'on n'avait pas d'a priori vis-à-vis des
groupes qui ne chantaient qu'avec une guitare et une boite à
rythme ; car en fait, on n'a jamais été dans le créneau
punk-rock alternatif, on était plus du côté du Rock'n'Roll
sixties, en gros, toute l'école Closer, Nineteen et companie.
Et en plus, je trouve que les Bérus ont vraiment bien assuré
sur le plan du succès, parce que c'est pas évident de garder
la tête froide comme ils l'ont fait face à un succès médiatique
et populaire d'une telle ampleur. Moi, je ne connais aucun
groupe en France qui l'aurait fait. Dans les groupes
alternatifs, y'en a plein qui, dès qu'ils vendent 10000
disques, ils choppent la grosse tête.
En fait, si je me suis permis de faire un lien entre les BxN
et vous, c'est parce que les Thugs sont sous license française
chez Bondage ...
C : C'est sûr qu'au niveau de Bondage Rds, on a peut-être un
peu pris la place des BxN (rires) ... C'est vrai que lorsqu'on
est arrivés chez eux, ils avaient plein d'embrouilles et on est
devenu leur groupe-phare sur le label en quelque sorte.
Mais à part ça ...
Après Gougnaf, Closer, maintenant Bondage. Comment vivez-vous
votre voyage au sein des labels indépendants français ?
Thierry : On n'est que sous licence française avec Bondage
de toute façon, étant donné que notre maison de production
c'est le label Vinyl Solution en Angleterre. C'est un choix
délibéré de notre part, et on reste en très bon terme avec
les labels français.
C : C'est d'ailleurs des gens avec qui on a toujours eu de bonnes
relations ... Juste après les embrouilles qu'il y a eu entre
Bondage et des gens comme le Yaourt et Cie (BxN compris) ou encore
du côté de Rico et Gougnaf qui s'en sont pris plein la gueule
par tout le monde (y compris les groupes), on a joué en
première partie de Noir Désir à l'Olympia. Ce soir-là, devant,
il y avait aux premiers rangs David et Marsu de Bondage,
Stéphane de Closer et Rico de Gougnaf, bras dessus-bras dessous
en train de pogotter sur les Thugs. Moi j'ai trouvé ça super,
et c'est l'image qui me restera d'eux.
Justement le côté bizness ? Comment ça va au niveau thunes ?
T : Ben si tu veux savoir on touche toujours pas de royalties
sur les disques (rires) ...
C: Par contre t'as du bol, les interviews sont gratuites (rires) ...
Plus sérieusement, on peut dire que depuis l'été 89, ça va à peu
près financièrement ... En fait, depuis notre tournée U.S. !
Nos cachets sont plus conséquents aussi bien en France, qu'en
Allemagne ou en Suisse ...
L'argent n'est pas un sujet tabou pour les Thugs ?
C : Quelque part c'est le nerf de la guerre ! A la base, pour vivre,
il faut de l'argent, alors soit tu travailles au dehors, ou alors
si t'en as pas envie, tu fais qu'avec le groupe.
T : Nous, on est tout à fait prêts à vivre de notre musique !
Mais attention, c'est pas pour ça qu'on fait de la musique ;
toutefois si on peut arriver à en vivre ...
Vous avez touché la subvention de l'état ?
Eric : En fait, on a eu notre voyage aux USA de payé par la SACEM
et on touche une subvention du FAIR (qui dépend du ministère de
la culture) jusqu'à concurrence de 30000 francs, pour payer les
frais de déplacement pendant l'année 90.
Personnellement, je vois pas pourquoi l'argent serait un sujet
tabou, et je peux te dire que actuellement, nous demandons autour
de 5,6 ou 7000 francs par concert, et puis il faut savoir qu'à
l'étranger, on est un peu moins payé. Ce qui nous fait environ
1500 francs par mois et par personne tout décompté. Je ne vois
aucun problème à le dire.
T : Ca ne nous gêne pas de toucher cette subvention du FAIR,
mais ce qui nous gêne, c'est la tournure que ça prend. Au départ,
on n'était pas trop au courant ; on savait juste qu'on allait
toucher une subvention par le biais d'une branche du ministère
de la culture, etc. Et en fait, ça se transforme de plus en plus
en une sorte de sponsoring Pernod-Ricard et ça ne nous plaît pas
tellement.
E : De toute façon, il est clair et net que ces gens-là ont de
la thune, ils sont même bourrés de thune et ils peuvent la
foutre n'importe où, alors autant qu'ils nous la donne pour
payer les frais de déplacement plutôt que pour d'autres trucs.
Nous, de toute façon, on la prend et puis "ciao, bye bye" !
T : Y'a pas de compromis possible !
E : Et nous on ramasse la thune, et on considère qu'on ne
leur doit rien. On prend et on s'en va ! C'est tout !
C : Ils voulaient faire du sponsoring, et nous on leur a imposé
le mécénat en fait.
E : A ce propos on n'est pas contre le mécénat, et partout où
on pourra récupérer de la thune des ministères, des municipalités
et cie, on ne voit pas pourquoi on n'accepterait pas ! A partir
du moment où on ne se compromet pas et où ça ne nous oblige pas
à dire qu'on est d'accord avec eux, ça ne nous dérange pas.
Et puis, après tout, c'est notre thune ! On y a droit, c'est
perçu sur nos impôts.
C : Ceci dit, c'est bien qu'on nous file de la thune, mais j'ai
pas spécialement envie que ce soit de grosses entreprises privées
comme Pernod-Ricard ou Machin Truc, ou même le ministère de la
Culture, qui nous filent du blé parce que je ne pense pas que ce
soit à ces gens-là de s'occuper du Rock, de toute façon on n'a pas
besoin d'eux et d'ailleurs, on s'est passé d'eux jusqu'à présent ...
Bon, là c'est une aide qu'ils nous donnent, c'est un truc en plus,
on peut s'en passer et, à plus long terme, je ne pense pas que ce
soit viable avec ces grosses entreprises privées.
A la limite je préfèrerai faire un concert organisé pas les enfants
de ceux qui bossent à la chaîne chez Ricard, que de faire un concert
organisé pour investir les bénéfices de l'entreprise ! Enfin, tu
vois ce que je veux dire ...
Passons à un autre sujet : les Thugs et le sexe ? ...
T : On est des êtres normalement constitués. (rires)
Oui mais ... Quels sont vos rapport avec les groupies ?
E : Non, alors-là, tu vois ce sont des rapports qui ne nous
intéressent absolument pas ! ... A part avec celles qui sont
vraiment bien ! (rires) ...
En fait, plus sérieusement, ça ne nous branche pas du tout ;
nous-mêmes, on n'a jamais eu cette réaction de "groupie" vis-à-vis
des groupes qu'on écoutait, même quand on ne jouait pas encore
de zique. On était fan, mais c'est complètement différent.
Et puis, étant donné que ce genre de rapports ne nous a jamais
intéressés, on ne l'a jamais encouragé à notre égard ! Je pense
que ceux qui nous apprécient le sentent, et ceci que ce soit des
mecs ou des nanas ! Et ils savent que c'est pas la peine de venir
nous cirer les pompes bêtement ...
Comment réagissez vous par rapport à toute cette scène
"rock paillarde" qui se développe (Bollocks productions et cie) ?
E : Je pense qu'il n'y a pas de grande différence entre ces gens-là
et des groupes comme Tenue de Soirée ou Licence IV, ils se sont juste
donnés, en plus, une étiquette Rock et c'est tout !
C : Et même sur le plan des arguments du style : "on n'a pas de tabou",
ou, "vive la libération sexuelle", moi je n'y crois pas tellement ...
T : ça tombe vite dans les plans "beaufs" !!!
C : Ouais, je crois qu'y a autant de frustrations qui s'expriment
(sexe prime ?!? NdC) dans ces groupes-là, que d'expression véritable
d'une réelle libération sexuelle. Le bonheur par le sexe, je trouve
ça un peu malsain !
Si on vous propose un groupe de première partie issue de cette
scène paillarde lors d'un concert, acceptez-vous ?
Tous : ... Oh ! ... Euh ... Ouais ! (sur un ton pas follement
enthousiaste.
T : Ouais, bon, on fait notre trucs et eux, ils font le leur ! ...
Et comme dans tous les endroits, y'a des gens avec qui on branche,
et d'autres pas ! C'est inévitable ! Ils sont responsables de
ce qu'ils racontent !
E : En fait, la seule éventualité qui nous pousserait à refuser
de jouer, ce serait si on nous met un groupe faf; mais ça
m'étonnerait que ça se présente de toute façon ! ... Mais pour
en revenir à la scène paillarde, c'est assez lamentable comme
attitude, mais en même temps, c'est toujours difficile de savoir
si c'est du premier degré ou du second degré ! C'est pour cela
que refuser de jouer avec ces gens-là peut paraître un peu idiot,
alors que des fafs, c'est des fafs ! Et quand, par exemple,
un groupe a pour nom Rebel Européen, ça me semble assez clair !
Mais bon, des gens qui se revendiquent d'une paillardise
française, pourquoi pas !?! ... C'est rabelaisien ! Maintenant,
Est-ce que ce sont des gros beaufs ? C'est vachement dur à savoir,
et, en fait, tu ne le sais qu'une fois que tu les connais bien !
Et si Tulaviok demande à Christophe de les produire par exemple ?!? ...
C : ... (soupir) ... Déjà le côté paillard ne me branche pas.
Je veux pas imposer de jugement en disant que ce genre de paroles
craignent ... Personnellement, j'ai horreur de ça et ça ne me touche
pas du tout ! Déjà, tout le côté "Rock Humoristique", ça ne me touche
pas, mais chacun fait ce qu'il veut ! ... Moi, ça ne me file aucune
émotion, mais bon, c'est personnel !! ... D'ailleurs, si j'avais pas
envie d'être en internat et encore moins de faire mon service
militaire, c'est justement pour ne pas me retrouver dans ce genre
d'ambiance bien paillarde. C'est vraiment trop malsain !
Et puis de toute façon, faudrait que la musique soit bien et que
les paroles ... Non ! De toute façon, ça ne me brancherait pas
de les produire ! ... Cela dit, j'ai rien contre les gens qui font
ce genre de zique.
E : En tout cas, ça ne nous empêche pas de bien rigoler parfois par
rapport à ça aussi ! On a d'ailleurs un agent qui est "hyper sexe" !!!
Et Black & Noir ?
E : Là, c'est moi que ça concerne plus particulièrement ici ! ...
Ben, Black & Noir, c'est un magasin qui s'est créé voilà un an et
demi maintenant ! Et puis, on a sorti le 33 tours des Cateran lors
de la création du label Black & Noir, ça a été le premier disque
sorti sur le label. Et on vient de lancer l'opération "Club Single",
c'est à dire cinq 45 tours pour 90 francs (soit 18 F le 45 tours !).
Les deux premiers sont sortis, avec le Dirty Hands (groupe qui
comprend des anciens Noodles), et le second avec les Shaking Dolls,
un autre groupe d'Angers comme le précédent; ces derniers sont à
mi-chemin musicalement entre les Miracle Workers et les Mudhoney.
Ces deux 45 tours ont été produits par Christophe. Le troisième 45
tours sera aussi produit par Christophe, ce sera les Mad Monster Party,
un groupe d'Angoulême qui est vraiment super ! Le quatrième dique
aura une face Thugs et une Cateran; quant au cinquième, rien n'est
encore fixé !
Et le magasin ?
E : Ouais ... bof ! Ca marche pas trop ! ... Le problème des magasins
indépendants en France, c'est que quand tu travailles pas avec les
Majors et avec énormément de moyens, tu vivotes et ça c'est
obligatoire ! Bien que je pense qu'à la base ce qui est hyper important,
c'est le fait qu'on soit indépendant ! Tout comme les fanzines, les
radios, les labels indés ... Et puis, peut-être que les gens en
auront un peu marre d'aller à la Fnac ou chez Nuggets au bout d'un
moment, et ils reviendront vers les petits magasins ! ...
Qu'écoutez vous comme zique actuellement ?
C : On n'a pas tous les mêmes goûts et je ne peux pas parler pour
les autres. Mais personnellement, j'ai découvert Sonic Youth et
j'aime beaucoup leurs deux derniers albums, alors que les précédents
m'ont moins branché; mais je trouve ça d'enfer ! Sinon j'ai bien les
Pixies, Fugazi et puis Snuf aussi.
Est-ce qu'il y a d'autres trucs que la zique qui vous branche ?
E : Le Foot ! ... A ce propos, on organise un tournoi dont ce sera
la cinquième édition cette année. On fera ça au début du mois de
Septembre à Angers ...
T : ... Mais attention, on ne tombe pas dans le plan "supporter" !
Mais ce tournoi de foot, est-il à prendre au second degré alors ?
E et T : Ah non ! Pas du tout !
E : C'est très premier degré !
C : Mais ce n'est pas du tout sérieux !!!
E : Je pense qu'on peut apprécier le foot, et le sport en général,
mais d'une autre manière que celle qu'on veut nous inculquer !
C : Et puis, ce qui est très important, c'est le côté ludique de la
chose. On aime déjà moins tout le côté officiel, les ambiances de
clubs et tout ça !
E : Ce tournoi de foot, c'est avant tout un moyen de réunir nos ami(e)s
et tous les gens qu'on connaît un peu partout en France, et qui viennent
à Angers pour jouer au foot, mais surtout pour passer un bon moment
tous ensemble ! Ca fait un énorme rassemblement. L'année dernière,
y'avait les gens de chez Bondage, de chez Closer et du Havre,
y'avait des gens de Bordeaux, y'avait Max Well, etc ...
C'est plus un moyen de faire la fête qu'autre chose !
(Pour plus de détail sur le dernier tournoi "foot 89 à Angers",
voir le zine Le Légume du Jour #5).
Ca prend des allures "straight edge" ce tournoi (sport, santé,
sobriété ... sécurité ?) ... ?!? ...
Tous : Non ! Pas vraiment (rires)
E : Y'a un bar !
C : C'est peut-être d'ailleurs pour ça que l'équipe des Thugs a gagné
le tournoi en 89, parce que la plupart des autres équipes étaient
"nazes" avant de rentrer sur le terrain, et en tout cas pas du tout
"straight edge" ! (Hips ! ... Ndc)
T : Ouais, éatnt donné qu'une bonne partie des joueurs se prend
une "grosse caisse" la veille, tu peux imaginer l'ambiance sur le
terrain ...
C : Sinon pour en revenir aux autres trucs qui nous branchent,
y'a la littérature ...
T : ... Les polars !
C : Enfin, on sait lire si c'est ce que tu veux savoir !
E : Moi, j'aime bien le cinéma !
Des projets ? ...
E : Les Thugs font des projets bien sûr, mais le problème, c'est
qu'il n'y a pas de morceaux de prêts actuellement. (rires)
T : Tout ce qu'on a pu composer jusqu'à présent a dû être gravé,
donc on attend ! (rires)
E : En fait, ça a toujours été un petit peu comme ça vis-à-vis
des disques qu'on a sorti. Quand on a suffisamment de morceaux
pour faire un disque, on en sort un. On n'arrive pas à travailler
avec des échéances ! L'inspiration va et vient, et, en ce moment,
ça vient pas trop, mais bon, je pense qu'on va enregistrer un
disque vers le mois de décembre 90; peut-être un maxi-single
4 titres, ou alors un album 8 titres.
Quand on vous dit que la zique des Thugs est répétitive,
vous répondez quoi ? ...
T : C'est un peu vrai; mais d'un certain côté, par exemple,
qu'est-ce qui fait qu'on aime les Ramones ? ... C'est parce qu'ils
jouent toujours du Ramones !!! ... Pour moi, c'est pas un reproche
cette remarque ! Et puis en ce qui concerne les Thugs, je trouve
que c'est plus varié musicalement que ça a pu l'être à un moment;
Ca évolue aussi !
C : Je crois qu'on peut dire ça de beaucoup de groupes. Par exemple,
Sonic Youth, tu peux écouter le dernier disque et te dire que c'est
la même chose du début à la fin. C'est pareil pour Husker Dü, et,
à mon avis, quelque part, le Jazz, c'est tout le temps pareil, ainsi
que le Rockabilly et plein d'aut'trucs ...
T : De toute façon, je pense que les gens qui disent ça, c'est en
fait une façon de faire comprendre qu'ils n'aiment pas notre zique
et à ce moment-là, c'est pas un problème.
Interview réalisée le 29/03/90 à Poitiers.
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