Patricia Kaas

D'Allemagne

D'Allemagne, où j'écoute la pluie en vacances
D'Allemagne
, où j'entends le rock en silence
D'Allemagne,
Où j'ai des souvenirs d'en face
Où j'ai des souvenirs d'enfance
Lénine place et Anatole France

D'Allemagne, l'histoire passée est une injure
D'Allemagne, l'avenir est une aventure
D'Allemagne,
Je connais les sens interdits
Je sais où dorment les fusils
Je sais où s'arrête l'indulgence

Auf Wiedersehen, Lili Marlene
Reparlez moi des roses de Gottingen
Qui m'accompagnent dans l'autre Allemagne
A l'heure où colombes et vautours s'éloignent
De quel coté du mur, la frontière vous rassure?

D'Allemagne, j'ai des histoires d'amour sincères
je plane sur des musiques d'Apollinaire
D'Allemagne,
Le romantisme est plus violent
Les violons jouent toujours plus lents
Les valses viennoises ordinaires
Auf Wiedersehen, Lili Marlene
Reparlez moi des roses de Gottingen
Qui m'accompagnent dans l'autre Allemagne
A l'heure où colombes et vautours s'éloignent
De quel coté du mur, la frontière vous rassure?

Ich habe ein kleine wilde blume
eine Pflanze die zwischen den wolken blud
D' Allemagne
,
J'ai une petite fleur dans le coeur
Qui est comme l'idée du bonheur
Qui va grandir comme un arbre
Auf Wiedersehen, Lili Marlene
Reparlez moi des roses de Gottingen
Qui m'accompagnent dans l'autre Allemagne
A l'heure où colombes et vautours s'éloignent
De quel coté du mur, la frontière vous rassure?

Mademoiselle chante le blues

Y'en a qu'élèvent des gosses
Au fond d'un H L M
Y'en a qui roulent leur bosse
Du Brésil en Ukraïne
Y'en a qui font la noce
Du coté d'Angoulème
Et y'en a même

Qui militent dans la rue
Avec tracts et banderoles
Y'en a qui n'en peuvent plus
De jouer les sex symbols
Y'en a qui vendent l'amour
Au fond de leur bagnole

Mad'moiselle chante le blues
Soyez pas trop jalouses
Mad'moiselle boit du rouge
Mad'moiselle chante le blues

Y'en a huit heures par jour
qui tapent sur des machines
Y'en a qui font la cour
Masculine féminine
Y'en a qui lèchent les bottes
Comme on lèche les vitrines
Et y'en a même

Qui font du cinéma
Qu'on appelle Marylin
Mais Marylin Dubois
S'ra jamais Norma Jean
Faut pas croire qu'le talent
C'est tout c'qu'on s'imagine

Mad'moiselle chante le blues
Soyez pas trop jalouses
Mad'moiselle boit du rouge
Mad'moiselle chante le blues
Elle a du godspel dans la voix
Et elle y croit

Y'en a qui s'font docteur
Avocate pharmacienne
Y'en a qui ont tout dit
Quand elles ont dit je t'aime
Y'en a qui sont vieilles filles
Du coté d'Angoulème
Et y'en a même

Qui jouent femme libérée
P'tit joint et gardénal
Qui mélangent vie en rose
Et image d'Epinal
Qui veulent se faire du bien
Sans jamais s'faire du mal

Mad'moiselle chante le blues
Soyez pas trop jalouses
Mad'moiselle boit du rouge
Mad'moiselle chante le blues
Elle a du godspel dans la voix
Et elle y croit

Mad'moiselle chante le blues
Chante le blues
Mad'moiselle chante le blues

Mon mec à moi

Il joue avec mon coeur
Il triche avec ma vie
Il m'dit des mots menteurs
Mais moi je crois tout c'qu'il dit
Les chansons qu'il me chante
Les rêves qu'il fait pour deux
C'est comme les bonbons menthe
Ca fait du bien quand il pleut

J'me raconte des histoires
En écoutant sa voix
C'est pas vrai ces histoires
Mais moi j'y crois

Mon mec à moi, il me parle d'aventures
Et quand elles brillent dans ses yeux
J'pourrais y passer la nuit
Il parle d'amour comme il parle des voitures
Et moi j'le suis où il veut
Tellement je crois tout c'qu'il m'dit
Tellement je crois tout c'qu'il m'dit
Oh, oh oui!
Mon mec à moi!

Sa façon d'être à moi sans jamais dire je t'aime
C'est rien qu'du cinéma mais c'est du pareil au même
Ce film en noir et blanc qu'il m'a joué deux cents fois
C'est Gabin et Morgan, enfin ça r'semble à tout ça

J'me raconte des histoires, des scénarios chinois
C'est pas vrai ces histoires
Mais moi j'y crois
Mon mec à moi, il me parle d'aventures
Et quand elles brillent dans ses yeux
J'pourrais y passer la nuit
Il parle d'amour comme il parle des voitures
Et moi j'le suis où il veut
Tellement je crois tout c'qu'il m'dit
Tellement je crois tout c'qu'il m'dit
Oh, oh oui!
Mon mec à moi!
 
Mon mec à moi, il me parle d'aventures
Et quand elles brillent dans ses yeux
J'pourrais y passer la nuit
Il parle d'amour comme il parle des voitures
Et moi j'le suis où il veut
Tellement je crois tout c'qu'il m'dit
Tellement je crois tout c'qu'il m'dit
Oh, oh oui!
Mon mec à moi....

Kennedy Rose

Je suis pas comme Rose Kennedy
J'voudrais pas que mes fils chéris
Deviennent plus tard quelle folie
Président des Etats-Unis

Elle s'appelait Kennedy Rose
Mais dites-moi quelle métamorphose
A fait d'une si jolie rose
Une dame pour qui ses fils osent
De toute leur vie faire un défi
De toute leur vie faire un défi

Je suis pas comme Rose Kennedy
J'voudrais pas que mes fils chéris
Deviennent plus tard quelle folie
Président des Etats-Unis
Rose Rose
Mais quelle est la cause
Il a dû se passer quelque chose

Elle s'appelait Kennedy Rose
C'était une jolie p'tite ville rose
Ses fils chéris de l'Amérique
Auraient pu faire de la musique
Des sciences ou des mathématiques
Au lieu de faire d'la politique
Je suis pas comme Rose Kennedy
J'voudrais pas que mes fils chéris
Deviennent plus tard quelle folie
Président des Etats-Unis

Entrer dans la lumière

Entrer dans la lumière
Comme un insecte fou
Respirer la poussière
Vous venir à genoux

Redécouvrir ma voix
En être encore capable
Devenir quelquefois
Un rêve insaisissable

Toucher des musiciens
Sourire à des visages
A quatre heures du matin
N'être plus qu'une image
Être là de passage

Sans avoir rendez-vous
Avoir tous les courages
De me donner à vous

Et vous laisser venir
Comme un amant magique
Et vous ensevelir
Sous mon cri de musique

Entrer dans la lumière
Comme un insecte fou
Respirer la poussière
Vous venir à genoux

Il me dit que je suis belle

Et quand le temps se lasse
De n'être que tué,
Plus une seconde passe
Dans les vies d'uniformité.

Quand de peine en méfiance,
De larmes en plus jamais,
Puis de dépit en défiance
On apprend à se résigner,
Viennent les heures sombres
Où tout peut enfin s'allumer,
Où quand les vies ne sont plus qu'ombres
Restent nos rêves à inventer.

Il me dit que je suis belle
Et qu'il n'attendait que moi.
Il me dit que je suis celle
Juste faite pour ses bras.
Il parle comme on caresse
De mots qui n'existent pas,
De toujours et de tendresse
Et je n'entends que sa voix.
Des mensonges et des bêtises
Qu'un enfant ne croirait pas,
Mais les nuits sont mes églises
Et dans mes rêves j'y crois.

Eviter les regards,
Prendre cet air absent
Celui qu'ont les gens sur les boul'vards
Cet air qui les rend transparents.

Apprendre à tourner les yeux
Devant les gens qui s'aiment,
Eviter tous ceux qui marchent à deux
Ceux qui s'embrassent à perdre haleine.
Y a-t-il un soir, un moment
Où l'on se dit: C'est plus pour moi
Tous les mots doux, les coups de sang.
Mais dans mes rêves, j'y ai droit.

Il me dit que je suis belle
Et qu'il n'attendait que moi.
Il me dit que je suis celle
Juste faite pour ses bras.
Des mensonges et des bêtises
Qu'un enfant ne croirait pas
Mais les nuits sont mes églises
Et dans mes rêves j'y crois.
Il me dit que je suis belle.
Je le vois courir vers moi.
Ses mains me frôlent et m'entraînent.
C'est beau comme au cinéma.
Plus de trahison,
de peines
Mon scénario n'en veut pas.
Il me dit que je suis reine
Et pauvre de moi j'y crois.
Hmmm, pauvre de moi j'y crois

Quand j'ai peur de tout

Des enfants qui s'élancent
Une même apparence
Des éclats de soleil
Des rayons d'innocence
Avant la prudence
Avant la malchance
Des enfants pareils.

Y
a-t-il un sort, un signe
Est-ce un doigt qui désigne
Celle ou celui qui va
Renoncer pas à pas.
Comment, qui sont-ils,
Ces gens trop fragiles
Qui ne savent pas...

Vivre quand tout lâche, quand tout casse, quand tout clash,
Quand tous les blues ont sali ta raison, ta maison, tes saisons,
Quand tout est sombre, plus rien n'est doux...
J'ai peur de tout.

Si ma vie je l'invente
Légère et insouciante
Je les croise au hasard
Dans les rues dans les bars
Fatigués, et dociles
Ailleurs immobiles
Je ressens tout ça, tout ce froid.

Cette intime fracture
Cette lézarde au mur
Je la sais, elle est là
Toujours au fond de moi
Et parfois je coule
Comme une pierre qui roule
Qui roule si bas..

Si bas... quand tout lâche, quand tout casse, quand tout clash,
Quand tous les blues ont sali ta raison, ta maison, tes saisons,
Quand tout est sombre plus rien n'est doux...
J'ai peur de tout.

Si j'avais pu m'enfermer dans tes bras,
M'enfermer, me protéger...
Mais où es-tu dans ces moments-là?
Qui pourrait m'apaiser? Oh Oh..
Oh.. Hooo...

Vivre quand tout lâche, quand tout casse, quand tout clash,
Quand tous les blues ont sali ta raison, ta maison, tes saisons,
Quand tout est sombre, plus rien n'est doux...
J'ai peur de tout, si peur de tout, si peur..
Quand tous les blues ont sali ta raison, ta maison, tes saisons,
Quand tout est sombre...

Et parfois quand je coule, comme une pierre qui roule..
J'ai peur de tout...
J'ai peur de tout...
J'ai peur de tout.

Je voudrais la connaître

Je voudrais la connaitre
Savoir comment elle est
Est-elle ou non bien faite
Est-elle jolie, je voudrais

Oh j'voudrais la voir
Longtemps la regarder
Connaitre son histoire
Et son décor et son passé

C'est étrange peut-être
Cette curiosité
Voir enfin pour admettre et
Pour ne plus imaginer

Oh je voudrais comprendre
Même si ça me casse
Puisqu'elle a su te prendre
Puisqu'elle a pris ma place

J'sais déjà son parfum
Aussi son écriture
Ce mot doux chiffonné
Oublié dans notre voiture

J'veux voir aussi l'hôtel
Si tu as mis le prix
Si la chambre était belle
Et si c'était un grand lit

C'est peut-être pas normal
C'est fou comme ça m'attire
Cette envie d'avoir mal
Oh, jusqu'au bout,
Jusqu'à mourir

Oh! j'voudrais tout savoir
Et son âge et sa peau
Tout ce qui nous sépare
Et nous ressemble, c'est idiot

Et te surprendre avec elle
Quand t'es drôle quand t'es doux
T'écouter lui promettre
Et quand tu lui parles de nous

Je veux te voir encore
T'observer dans la glace
Et quand tu l'embrasses
Rentrer ton ventre
Oh! matador

Je loue vos corps à corps
Tous ces gestes oubliés
Te retrouver encore
Tel que je t'avais tant aimé
Dans ce froid, en ces cendres
Je voudrais rester là
Juste voir et comprendre
Tout ce que je ne suis pas
Ouh ce que je ne suis pas
Ahh ce que je ne suis pas

Dans ma chair

Derniers instants restez encore
N’abandonnez pas cet enfant qui dort
Ne laissez pas les assoiffés de sang
Avoir raison des mirages de l’âge d’or
 
Ca m’dérange
Quand on dit qu’on se venge
Ca m’dérange
Les hommes, les femmes les anges
Pleurez canons, de la beauté ne reste rien
Rien qu’un nom sans prénom
 
Dans ma chair...
Saignent les éclats de vos convoitises
Et mon cœur se bat contre vos bêtises
Dans ma chair...
Monte un SOS, un signal de tendresse
Plus fort qu’un vacarme
Qu’enfin se taisent les armes
Assez coulé de larmes
Touchez pas à la vie
N’entendez-vous pas monter ce cri ?
Dans ma chair, dans ma chair....
 
Pourquoi l’histoire
Perd toujours la mémoire
Boucle sans fin
Toujours le même refrain
Absolution un peu trop facile
Que faut-il pour qu’enfin l’on soit futiles
 
Ca m’dérange
Quand on dit qu’on se venge
Ca m’dérange
Les hommes, les femmes les anges
Aucun animal ne tue pour le mal
 
(Refrain)
Dans ma chair...
Saignent les éclats de vos convoitises
Et mon cœur se bat mais ne cicatrise
Dans ma chair...
Monte un SOS, un signal de tendresse
Plus fort qu’un vacarme
Qu’enfin se taisent les armes
Assez coulé de larmes
Touchez pas à la vie
N’entendez-vous pas monter ce cri ?
Monter ce cri, monter ce cri
Dans ma chair, dans ma chair....