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Vendredi 30 septembre 2005, Bistro des Tilleuls, Annecy : Complètement fou. On peut ne pas aimer le jazz, rester parfaitement froid en entendant les impros d'artistes contemporains ovationnés par les passionnés du style, être saisi d'agacement ou d'ennuis à la simple évocation du mot "jazz", à moins qu'il ne soit suivi des noms-références à la "Louis Armstrong" ou à la "Ella Fitzgerald", il est pourtant fort probable qu'en voyant jouer les Pamela's Parade, on restera au moins scotché sur place, éberlué, jusqu'à la fin si possible, un grand sourire sur la figure : ça se démène, ça se défonce, ça aboie, ça se remue dans tous les sens… C'est tout juste si les spectateurs du premier "rang" ne doivent pas prendre garde aux coups de trombone. Ce quatuor suisse se présentent comme faisant du jazz "bricolé" ou du "recycling jazz" (jazz "recyclé") ou encore du jazz "à trucs". Effectivement, entre autre, le batteur compte parmi son attirail de bidules avec lesquels faire du bruit, un objet cocasse composé de drôles de tubes : d'anciennes boîtes de biscuits apéritifs qui ne s'attendaient sûrement pas à ce qu'on leur offre une seconde vie aussi passionnante. Cependant, en dehors de ce genre de bizarreries, à l'image de leurs costumes, leurs instruments font tout à fait jazz "traditionnel" : batterie, contre-basse, saxophone, trombone et un clavier manié alternativement par les 2 parties mobiles de la bande (pas évident de se déplacer avec une contre-basse sur une "scène" minuscule ni de se désincarcérer d'une batterie installée dans un coin). Ils ont donc l'air d'un groupe de jazz à peu près "normal" ? Méfions-nous des apparences ! Car utiliser des boîtes de biscuits apéritifs en guise d'instrument n'est qu'un des détails qui font leur charme. Le gros du morceau consiste en un saxophoniste-chanteur extrêmement barré… Qui peut vraiment se barrer pendant le concert pour aller faire un petit tour et jouer parmi le public, entraînant à sa suite l'autre partie mobile de la bande (le trombone).
Suivre ce chanteur-là ne doit pas être une tâche aisée tout les jours… Le comprendre, aussi, peut-être ? Pour ceux qui ne sont pas très doué en anglais ? Car avec ses textes chantés-parlés en anglais, on pourrait en venir à se demander s'il ne serait pas en réalité un américain expatrié maladroitement camouflé en suisse très excentrique. Des suisses excentriques ? On les imagine plus ou moins tous en cravate dans des banques, ou très concentrés sur la fabrication de montres ou dans des chalets en montagne, à fabriquer du fromage à trou ou du chocolat au lait… Mais à faire les fous dans des bars bondés ? Car, oui, le bistro des Tilleuls, qui en terme de taille pourrait être comparé à une boîte de sardines, peut se transformer, les soirs de concerts, en véritable boîte d'allumettes, surtout lorsque les musiciens sont aussi allumés. Ils ont pourtant l'air parfaitement "ordinaire", ces types, une fois tombé le costume de scène, installés tranquilles à une table comme n'importe quel client… On ne le répétera jamais assez : les apparences peuvent être trompeuses ! Un petit lien (pour 1 photo) L'autre groupe du batteur (avec de vraies photos très chouettes) |