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Poneys gris
5 novembre 1998, 17h
Je me sens complètement écrasée. Quelque chose à gauche, quelque chose à droite, tendent
à se rejoindre, cherchent à passer cet obstacle, passer au travers si nécessaire,
l'écraser peut-être.
Comme dans un étau, me sens paralysée, pas penser. Les pieds loin du sol.
Ca va revenir. Le balancier reprend sa ronde. Pas la peine de s'affoler. Je respire
toujours. Même si l'air n'a aucun goût.
Comprenez pourquoi le sel aqueux reste cher à mes yeux.
Et pourquoi un fantôme consolant plus proche qu'un raie de lumière.
Crin, rocs, herbes grasses, landes désertes.
Y rondent les nains, étincelles et feu-follets parmi.
Y poussent graines de vent et les roses
Blanches et grises, cendrées et voilées.
Prises au filet, poignées de fées perlées, nacrées
Doux anges chantant, flottant entre bancs de brume,
Ronces et poneys gris.
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