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Les conséquences économiques des attentats terroristes

L'attaque horrible de ce 11 septembre 2001, marquera l'histoire comme le jour où l'impérialisme américain a vu son visage ensanglanté et son sentiment d'invulnérabilité ébranlé.  En tant que marxistes, nous condamnons ces actes de terrorisme individuel,  et soulignons qu'ils mèneront à un renforcement de la politique réactionnaire de Bush et de l'entièreté de la classe dirigeante mondiale.  Parmi tous les appels à " l'unité nationale " et la recherche d'un bouc émissaire, il est clair que nous devons garder notre calme et préserver notre position de classe et internationaliste. Mais il est une autre implication tout aussi importante dans cette situation: ses effets potentiels sur l'économie américaine et mondiale, déjà chancelantes.

Le " World Trade Center " était  un centre bancaire, de compagnies d' assurances et d'investissement.  La destruction de ces deux tours primordiales représentent un choc dévastateur pour une économie déjà affaiblie.  La " tempête de neige " constituée par les rapports financiers et administratifs répandus dans un rayon de plusieurs centaines de mètres autour du lieu de l'impact sera difficilement réparable.  La compagnie d' investissements Morgan Stanley possédait à elle seule 50 étages de bureaux dans le WTC.  Des dizaines de bureaux financiers et gouvernementaux ne sont plus aujourd'hui que des gravats.  La confiance déjà tremblante des consommateurs, qui concourait à garder l'économie mondiale à flot, sera fortement diminuée et beaucoup d'analystes prédisent que cette situation plongera les USA et le reste du monde dans une récession généralisée.  La perte, même de quelques jours d'activités économiques, pourrait être dévastatrice.

Le " Associated press " rapporte:

"Les dépenses des consommateurs constituent les deux-tiers de l'activité économique nationale.  Même avant les attentats de ce mardi, des signes de préoccupation évidents touchaient les américains à chaque annonce inconsidérée de licenciements.

Le gouvernement annonçait vendredi dernier que le taux de chômage atteignait en août les 4,9 % et que les emplois perdus dans la production s'élevaient à un million.

La progression de l'économie globale n'est que de 0,2 % pour avril-juin, la plus faible depuis 8 ans.  Avant les attaques terroristes, les analystes avaient prédit un rebond estimé à 1,5 % dans la production locale brute durant le trimestre, aidé notamment par sept baisses de taux d'intérêts et près de 40 milliards de réduction de taxes reversées aux américains".

Ils poursuivent :

" La promesse de la Fed d'insuffler de l'argent dans le système bancaire futidentique à la promesse faite lors du crash boursier de 1987.  Cette action, seulement deux mois après l'arrivée d'Allan Greenspan à la Présidence, allait réussir à maintenir l'économie en dehors d'une récession.

Selon Sung Won Sohn, économiste en chef à " Wells Fargo " à Minneapolis, " L'économie s'est trouvée sur la corde raide entre la récession et la croissance anémique.  L'attaque terroriste a tranché la corde sous nos pieds.  Les USA et le reste du monde vont devoir essuyer une récession en plein développement.

L'ampleur des dommages causés à l'infrastructure financière est pour le moment peu claire.  Le système financier sera au moins temporairement gelé, endommageant plus encore l'économie. "

Anthony Chan, chef économiste à la " Banc One " conseillère en investissements déclare :

" Il est certain que cette terrible tragédie affectera la confiance des consommateurs, et aura peut-être pour conséquence de l'immobiliser totalement.

La dimension négative de cet impact dépendra essentiellement de la capacité du gouvernement fédéral à déterminer qui est responsable, de la capacité des fonctionnaires à désigner les responsabilités individuelles  de ces actions et également de garantir que cette situation ne se reproduira plus.

Ces actes peuvent potentiellement plonger l'économie dans une sérieuse récession.  Le fait que les autorités américaines ne puissent pas garantir qu'il n'y aura pas de nouvelles attaques conservera le consommateur dans une attitude incertaine. " D'après " CNN financial News " : Les compagnies aériennes, par exemple, souffriront immédiatement de l'impact de ces attaques.  La destruction du WTC à New-York ce mardi matin et les dommages considérables causés aux alentours déprimeront certainement les activités financières américaines pour des jours, voir des semaines.

Les actions des contrats à terme plongèrent dès l'annonce du crash du premier avion sur le WTC, et la bourse fut suspendue pour un temps indéterminé.  Quand elle reprit, les actions chutèrent à Wall Street, comme dans le reste du monde ce mardi.  

" Il n'y a pas eu de déficit ou de mauvaise nouvelle récemment, mais cet événement participera certainement à conserver la morosité des marchés " selon Allan Ackerman, spécialiste des marchés à Fahnestock & Co.

" Le résultat est que les investisseurs fuient vers les valeurs refuge comme les bons du trésor public ou l'or, de même que les investisseurs outre-Manche.  Les prix du pétrole pourraient flamber, et l'économie mondiale pourrait en être secouée.  Les marchés mondiaux ont ressenti les effets de l'attaque quand le dollar s'effondra face à l'euro et au yen. "

Selon les manchettes " l'économie mondiale est en chute libre ".  Le prix des actions a été durement touché en Europe, anéantissant les profits à Frankfort, Milan et provoquant des hausses du pétrole à Paris et Londres. Les actions s'écroulèrent également sur le continent américain aboutissant finalement à la clôture de la bourse.  L'impact que cela aura sur la fragile économie sud-américaine, et particulièrement le Brésil, l'Argentine et le Mexique, sera sérieux.

 La panique, sans aucun doute, et une incertitude totale et complète quant aux conséquences que cela pourra avoir sur l’économie " a déclaré Aloisio Lemos, consultant en investissements pour la société Lopes Filho & Associados de Rio de Janero."

" Ce type de désastre aux USA déclenche toujours un sentiment de besoin de protection " dit un analyste des marchés de Sao Paulo.  " Ce sont des réaction émotionnelles qui pourraient arriver aujourd’hui ".

" Aujourd’hui la possibilité d’une remontée est hors de question" déclare Marcelo Paccioni à Consult Capital depuis Buenos Aires.  Les actions et les titres s’effondrent sur les marchés mondiaux.  Cette situation est due à l’ effet psychologique de la situation aux Etats Unis ".

Un cambiste londonien a déclaré à CNN " Ceci est un cauchemar énorme et un désastre financier absolu. "

" Cela va être dévastateur pour les compagnies d’assurances qui couvrent les risques des lieux.  La Lloyds de Londres sera très certainement fortement ébranlée par les demandes d’indemnisation qui surgiront de cette horreur. "

" C’est bien la dernière chose dont l’économie mondiale avait besoin et qui pourrait bien nous emmener vers une récession potentielle. "

Les réflexions reproduites plus haut donnent une idée de la sévérité des répercussions économiques de cette attaque.  Aussi bien psychologiquement que matériellement, l’impérialisme américain ne sera plus jamais le même. Mais ne nous méprenons pas, si l’économie tombe dans une récession ou pire, cela est dû à la folie et au chaos inhérents au système capitaliste lui-même.  C’est le capitalisme qui a créé les conditions propices à ces actes de désespoir et de terreur, et c’est le système capitaliste malade, au bord du désastre qui abandonne des milliards de personnes aux Etats Unis et dans le monde. Seul le socialisme mondial pourra mettre un terme à l’instabilité et à l’incertitude qui sont inséparables de la vie sous le capitalisme.

12 septembre 2001
Par John Peterson, animateur du site web américan " New Youth "

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