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Touche-Pipi




[Une fois à l’extérieur du restaurant Da Giovomi, l’homme scruta les alentours de sa vue perçante de coureur des bois professionnel et aperçu le signe du motel LaBree à moins d’un kilomètre plus loin. Il entraîna immédiatement les deux grosbits dans cette direction. Et pendant que Frotteux ne cessait de se plaindre d’avoir envie de chier et d’avoir le bras droit tout vert, Scram, son fidèle compagnon, s’impatientait de savoir ce que ce personnage mystérieux leur voulait.]

Scram : Kossé que tu nous veux, tabarnak ? Réponds quand je te parle.

Homme : Il y aura un temps pour les réponses, maître Grobit. Pour l’heure, l’important est de débusquer un endroit où nous serons à l’abri des assauts du mal.

Scram : Quelles putains d’assauts du mal ? Tu parles-tu de Ti-Ben ? Franchement, c’est vrai qu’il a l’air un peu malade pis qu’il a les mains fraites en siboire mais il ne ferait pas de mal à une limasse, prends en ma parole.

Homme : Peut-être. Mais son maître lui ne se gênerait pas pour vous trancher en rondelles s’il arrivait à vous mettre le grappin dessus.

Scram : C’est qui ce torrieu de maître là dont tout le monde parle tout le temps ? Peux-tu ben me le dire !

Homme : Je ne voudrais pas prononcer son nom tout haut pour tout l’or du monde.

Scram : Dans ce cas pourrais-tu le prononcer tout bas pour tout le plastique cheap du monde ?

Homme : Non plus.

Scram: T’es chiant mon homme. Bon, alors tu peux peut-être nous dire où est-ce qu’on se sauve de même, d’abord ?

Homme: Nous devons nous arrêter pour la nuit dans un endroit où nous pourrons échapper à la poursuite de ce Nazgul.

[À ce moment, l’homme pointa à l’attention des deux grosbits l’enseigne du motel LaBree qui se trouvait tout près : enseigne au néon bourdonnant qui avait la forme d’un gros insecte avec un signe de piastre lui sortant du cul.]

Homme : Ce motel devrait nous fournir la discrétion nécessaire.

Frotteux: C’est une bonne idée ça, étranger. Si on s’arrête là, je vais enfin pouvoir aller chier. Parce que si je ne le fais pas bientôt, ça va finir par sortir tout seul comme c’est le cas pour ce pauvre vieux Glandalf.

Scram : T’es fou, Frotteux. Tu veux vraiment t’arrêter au motel LaBree. Cette merde là ! Le rendez-vous des coquerelles.

Frotteux : Des coquerelles ! Vraiment ? Scram, mon pote, j’ai des sauterelles et des menthes religieuses qui grouillent dans mon trou de marmotte à l’année longue, ce ne sont pas quelques mignonnes petites coquerelles qui vont me faire peur.

Scram: Fi ! C’est vrai. J’oubliais que t'as toujours été un véritable amant de la nature !

Frotteux: Je ne me souviens pas avoir déjà dit que j’étais un amant de la nature. Par contre, ce que j'ai dit une fois c’est qu’un aimant dans le cul c'est ben dur ! C'est la fois où j'ai voulu faire comme dans le film Anal Attraction. Tu ne te souviens pas ?

Scram : C’est possible, mais…

Homme: Allons messieurs, il n'y a pas de temps à perdre. Nous sommes poursuivis. Entrez donc dans ce motel. Je vous promets qu’il ne vous y arrivera rien de fâcheux. Je vais veiller sur vous.

[Les deux grosbits soupirèrent de désespoir mais se plièrent à la volonté de leur nouveau guide. Ils entrèrent sans trop se presser à l’intérieur de ce crasseux motel et remarquèrent aussitôt l’étrange bruit de fond que l’on pouvait y entendre. C’était comme des millions d’insectes rampant à l’intérieur des murs de l’établissement. Une symphonie de FRR-FRRR-FRRRR qui fit frissonner Scram comme une vieille grand-mère sur son balcon à la tombée de la nuit.]

Scram : Entendez-vous ça, calisse. C’est à vous en faire dresser les poils des pieds.

[À la réception, un homme barbu et gras qui répondait au nom de Tabarliman accueillit les trois étrangers avec l’enthousiasme d’un pauvre bougre s’apprêtant à se faire faire un touché rectal à l’hôpital.]

Tabarliman : Je sais pas ce que vous voulez mais c'est cinquante piastres pour une nuite pis on est pas responsable des morsures de rats. C’est tu assez clair ?

Homme : Acceptez vous les pièces d'or, mon brave ?

Tabarliman : Très drôle le grand maigre. Icitte, on prend juste l'argent sonnant. Y a rien de mieux que les billets de la reine.

Homme: Mais de quelle reine parlez-vous ? La grande reine Maladriel ? Pourtant, à ce que je ne sache, son autorité ne s’étend pas hors des frontières de son royaume de Lothvagin. Je suis confondu par vos dires.

Tabarliman : Hé le coureur des bois, tu vas tu payer ou quoi ? J'ai pas juste ça à faire moi. Y'a ma Linda qui m'attend avec son diaphragme dans la bouche. Elle va me faire ma pipe du vendredi soir dans quelques minutes. Je veux pas de tes crisses de pièces d’or en chocolat. Compris ?

[L’homme s’arrêta un instant, pensif et décontenancé. Il rangea ses pièces d’or dans sa vieille bourse en cuirette de mouffette et comme quelqu’un qui s’apprête à faire quelque chose qui lui déplaît fortement, il soupira avant de détacher la broche qu’il portait au cou et de la tendre en direction du tenancier peu accueillant de cet établissement.]

Homme : Tenez, prenez ceci, malotru.

[Tabarliman inspecta avec appréciation la broche magnifique couverte de scintillantes pierres précieuses dont une avait d’ailleurs la forme d'un dwarf en train de chier.]

Frotteux : Wow, c'est beau ce truc-là. Ça doit valoir une méchante fortune.

Homme : Cette broche a surtout une valeur sentimentale très importante pour moi. Elle m'a été donnée par une belle princesse Elfe aux gros seins. Un cadeau en gage de son amour éternel.

Scram : Pis toi t'es prêt à t'en débarrasser comme ça juste pour pouvoir passer une nuit dans cet insectarium ?

Homme : C'est parce que nous avons absolument besoin d'un refuge contre les forces du Mal pour cette nuit. Il en est de mon devoir de vous protéger contre les assauts des servants de Merdor.

Scram : Et...?!!

Homme : Et… Et… Et parce qu’on n’accepte pas les pièces d’or dans ce motel…

Scram : Et…?!!

Homme : Et parce que cette diantre de broche me donne des foutus boutons dans le cou. Voilà. Je l’ai dit.

[Le tenancier accepta la surprenante transaction avec un large sourire d’escroc et tendit aussitôt à l'homme la clef passe-partout de ce motel en lui disant qu'il n'avait qu'à prendre la chambre qu'il voulait puisqu'elles étaient toutes soit libres, soit en train d'être fumigées ou encore qu'elles servaient de plateau de tournage pour l’industrie des films pour adultes.]

Frotteux : Hé le coureur des bois ! Tu ne nous as pas dit comment tu t’appelais.

Homme : Je vois que vous êtes très curieux, jeune maître Grobit. Et bien sachez que l’on me donne plusieurs noms. Dans une partie du monde où j’ai droit à un peu plus de respect que par ici, l’on m’appelle Avalgorn, fils de Aramorve. Mais dans d’autres parties du monde, j'ai plusieurs autres noms. Strider, Imlandris, Argonath et Elessar. Et je suis certain que j’en oublie.

Frotteux : Wow ! Ça en fait des noms. Y’en a sûrement un que tu dois aimer plus que les autres et que tu voudrais qu’on utilise quand on te parle ?

[Le coureur des bois réfléchit un instant en grattant sa barbe pas faite avec ses doigts sales.]

Homme : Et bien ! Le nom que je préfère… C’est probablement…

Scram : Moi j’ai juste un nom mais quand j’étais jeune, les autres à l’école m’appelaient Scramoisi ou encore Scramolli.

Frotteux : Hé ! Scramoisi. C’est moi qui l’avais trouvé celui-là.

Scram : Et toi, Frotteux. Tu te faisais appeler comment, donc ? Je m’en rappelle pu.

Frotteux : Ti-Crisse-De-Cave… C’est comme ça que tout le monde m’appelait. Sauf mon oncle, bien sûr. Bimbo lui m’appelait mon ptit verrat ou encore ma petite loutre visqueuse.

Homme : Nous sommes tous passés par là, je crois. Moi aussi quand j’étais jeune et que j’allais à l’école, l’on m’avait donné le surnom de Touche-Pipi. Je n’ai jamais compris pourquoi d’ailleurs. Tout ce que je sais c’est que je détestais ce nom comme ce n’est pas possible. Ça me mettait dans une colère noire. En tous les cas, cela ne fait que prouver à quel point l’on est immature à cet âge avec toutes ces moqueries et ces noms méchants.

Frotteux : Wow! Ça t’a vraiment marqué cette histoire-là. Rien qu’à la raconter, il y a une veine qui commence à te sortir du front.

Homme : N’en parlons plus dans ce cas.

Frotteux : Alors ! Par quel nom tu veux qu’on t’appelle au juste ?

Homme : Et bien, comme j’allais dire…

Scram : Appelons-le Touche-Pipi puisque ça semble être un nom qui lui tient à cœur.

Homme : Comment ?! Mais je viens juste de…

Frotteux : Bonne idée ça, mon Scram. Bon ! Un problème de réglé. Maintenant montons dans cette chambre au plus vite. J’ai vraiment envie de chier là.

Homme : Mais j’ai dit que je détestais…

Frotteux : Viens t’en Scram, arrêtes de te jouer dans le nez. Et toi aussi Touche-Pipi. Allez ! Un peu de nerfs, messieurs.

[Scram suivit Frotteux et ensemble, ils grimpèrent quatre à quatre les marches menant au premier étage. Touche-Pipi, qui n’en finissait plus d’essayer de faire comprendre qu’il préférait être appelé Avalgorn, dut s’avouer vaincu devant l’indifférence totale des deux grosbits et s’empressa d’aller les rejoindre en maugréant. Frotteux ouvrit au hasard la première porte qu’ils croisèrent sur leur chemin, s’attendant à voir foncer sur eux une armée de rats ou encore de coquerelles de la taille de lézards. Mais il eut la surprise de sa vie d’y voir un visage familier à l’intérieur.]

Femme : AAAAAAaaaaahhhhhhhhhhhh ! Aaaaaaahhhhhhhh ! Oooooouuuuiiiii !

Touche-Pipi : Oups ! C’est occupé, messieurs. Fermons la porte, vite. Désolé, gente dame.

[À l’intérieur de la chambre se trouvait une femme nue et à quatre pattes qui était en train de fumer une cigarette pendant qu’elle taillait une pipe à un chien saucisse et qu’elle se faisait sodomiser en même temps par deux hommes déguisés en extras terrestres.]

Frotteux: Marianus ! C'est bien toi ! Ah ben sibole ! Marianus Lebrun, la reine du gangbang. La vedette de la très chic série Elephant anal pénétration ! J'ai adoré ces films !

Touche-Pipi : Ainsi, cette gente dame serait cette reine dont l’homme à la réception nous parlait tout à l’heure.

Frotteux : T’es drôle, Touche-Pipi. Ce n’est pas une gente dame, c'est une salope ! Une vraie de vraie en plus.

Marianus : Merci, beau brun. Ça te tentes-tu de venir faire un petit tour dans le brun ?

Frotteux : Et comment que ça me tente Marianus ! Mais avant il faudrait vraiment que j’aille chier.

Scram : Vous faites quoi ici, exactement ? Madame Marianus.

Marianus: Nous tournons Coquerelle anal gangbang numéro II.

Scram : Super ! J’ai vu le premier de la série l’autre jour chez Frotteux. J’ai vraiment beaucoup aimé les scènes d’action mais aussi les dialogues. J’ai vraiment hâte de voir la suite.

Marianus : On devrait être bon pour terminer le tournage d’ici demain matin. Ce qui veut dire que la cassette devrait être en vente dans les quarante-huit prochaines heures, au plus tard. Et toujours au prix imbattable de 12,99 $ !

[L’actrice tira une bouffée monstre de sa Marlboro avant de sortir une poignée de carton humide du plus profond de sa partie intime ( partie qu’elle avait d’ailleurs révélée plusieurs milliers de fois en gros plan extrême dans ses films ) et les tendit aux trois visiteurs.]

Marianus : V’là des coupons rabais de 50 cents sur l’achat d’une cassette de mes films. Vous avez juste à dire que c’est moi qui vous les ai donnés, ça devrait être correct.

Scram : Merci, madame Marianus. Vous êtes vraiment trop bonne.

Frotteux : C’est vraiment gentil de ta part, Marianus.

Marianus : Arrêtez moi ça les petits gars !

[Touche-Pipi ne trouvait à rien à dire lui qui reniflait le carton qu’il tenait du bout des doigts en affichant un air de suspicion.]

Scram : Bon, on va vous laisser travailler maintenant. De toute façon, on est mieux d’y aller nous autres si on veut pas connaître toute l’histoire d’avance. Déjà de savoir qu’il y a des extras terrestres dans le film, il me semble que ça va être moins le fun quand je vais l’écouter.

[Scram salua l’actrice et sortit de la pièce en sifflant joyeusement suivit immédiatement par Touche-Pipi, qui lui avait l’air tout bonnement dégoûté. Avant de quitter à son tour, Frotteux se retourna une dernière fois en direction de Marianus avec l’envie évidente de lui poser une dernière question.]

Marianus : Qu’est-ce qu’il y a mon beau brun ? T’as-tu envie de quelque chose en particulier ?

Frotteux : Non, c’est que… et bien… ça me gêne un peu…mais… Puisque tu es dans le milieu des films de cul. Peut-être que tu connais mon actrice préférée…? Live Tire ? La reine de l’anal ! C’est une Elfe.

Marianus : Désolé mon beau brun mais ta Live Tire je la connais juste de nom. Pas eu la chance de mettre ma langue dans son cul, encore. Mais je sais qu’elle est très secrète, cette fille-là. Y’a pas grand monde qui savent qui elle est. Désolé, c’est tout ce que je sais.

Frotteux : Dommage ! Bon. C’est correct. Salut Marianus.

Marianus : Adieu beau brun !

Chien : Wouf ! Wouf !

Marianus : Bon, ou est-ce qu’on en était rendu avec tout ça…?

[Frotteux ferma la porte de la chambre derrière lui et alla rejoindre ses deux compagnons. Il était certes déçu de ne pas en avoir appris davantage sur la fille qui hantait son esprit jour et nuit mais s’approcha des deux autres en cherchant à camoufler sa déception. Scram lui avait l’air particulièrement heureux.]

Scram : Viens Frotteux, Touche-Pipi a trouvé une chambre avec moins de dix coquerelles par pied carré.

Frotteux : Chic ! Je vais enfin pouvoir aller chier, dans ce cas.

[Mais dès que les deux grosbits furent entrés dans la chambre, Touche-Pipi ferma la porte derrière eux, la boucla à double tour et regarda les deux autres en pointant en direction du lit.]

Touche-Pipi : Couchez-vous ici, maîtres Grosbits. Je vais vous raconter des histoires.

Scram: Hé le pédophile ! On les connaît ces trucs là !

Touche-Pipi: Non, c'est vrai. Je vais vous raconter qui je suis, d'où je viens et pourquoi je suis ici avec vous. Je vais donner les réponses à toutes vos questions.

Scram : Ouin mais commence donc par nous dire pourquoi est-ce que les forces du mal, comme tu les appelles depuis tantôt, sont après nous autres. Kossé qu’elles nous veulent ?

Touche-Pipi : Ça, c'est une longue histoire, maître Gamchi. Voyez-vous, tout a commencé le jour où…

[Le coureur des bois commença à raconter l’histoire des débuts de la terre du Dégueux mais réalisa rapidement et avec choc que Frotteux semblait beaucoup moins intéressé par les révélations importantes qu’il s’apprêtait à leur faire que par le vieux téléviseur poussiéreux qui se trouvait dans le coin de la pièce.]

Frotteux: Ils doivent sûrement passer des films de cul en circuit fermé dans ce motel pourri mais maudite marde, je trouve pas c’est quoi le putain de poste. On devrait peut-être demander à se faire changer de chambre.

Scram: Laisse tomber tes films de cul pour une fois. Touche-Pipi est en train de nous raconter l’histoire de Middle Eurk.

Frotteux : Bof ! Je ne suis pas sûr que ça m’intéresse tellement de connaître tous ces détails. J’étais assez pourri en histoire à l’école de toute façon.

Scram : T'es bizarre toé ! T'as toujours dit que tu rêvais d'avoir un grand frère qui t’aimerait. Peut-être que si tu laissais à Touche-Pipi l’ombre d’une chance…

Frotteux: Criss t'es tu bouché ou quoi ?! J'ai dit que je rêvais à ma grand-mère qui me suçait ! C’est ça que j’ai dit.

[Soudainement, alors que Scram s’apprêtait à rétorquer de plus belle, un vacarme épouvantable se fit entendre dans une chambre voisine suivi ensuite du cri épouvantablement strident d’une voix très aiguë.]

Scram : Kossé ça, siboire ?

Frotteux : Rien. Sûrement Marianus qui est en train de jouir comme une folle dans une des scènes de Coquerelle anal gangbang numéro II.

Touche-Pipi : Permettez-moi d'en douter, maître Backins.

[Un autre cri de mort se fit entendre à travers les murs en carton de l’établissement.]

Frotteux : Quelle salope cette Marianus !

Touche-Pipi : Je crois plutôt que c’est notre ami le nazgul qui a retrouvé notre trace.

Scram : Ça a du sens. Surtout que ça pas du être ben dur avec le bras à Frotteux qui pisse le sang. Même un sourd et muet aurait pu voir les traces qu'il laisse.

Frotteux : Merde, on est foutu. Je savais qu'on aurait du aller au Folichorc. Crisse que je le savais.

Scram : Je vois pas ce que ça aurait changé, crétin.

Frotteux : J'aurai pu me faire tailler une pipe par Gréta, la merveille Bulgare. Je serai mort assouvi au moins.

Scram : Je te l’ai dit… C’était la soirée spéciale troll et ogresses…

Touche-Pipi : Maître Backins ! N'ayez aucun effroi. Le Nazgul ne touchera pas. À seul de vos cheveux gras. Tant que je serai là.

Scram : Hé! Ça rime, Touche-Pipi ! Je savais pas que tu faisais de la poésie. T’es pas mal bon.

Touche-Pipi : Merci, maître Gamchi. Il m’arrive parfois de…

Frotteux : Bon, on fait quoi là, siboire.

Touche-Pipi : La Nazgul est probablement en train de démolir la chambre d'à côté en pensant que vous vous y cachez quelque part. Nous allons devoir partir pendant que nous avons le champ libre. Vite ! En route !

Frotteux : Pas tout de suite. Il faut que j’aille chier avant.

Touche-Pipi : Pas le temps pour ça.

[L’homme s’empara une fois de plus des deux grosbits et s’élança dans les corridors sordides du motel à la recherche de la sortie. Une fois en dehors des murs de l’établissement, il continua à courir comme un éperdu vers le Nord en traînant les deux autres du mieux qu’il le pouvait.]

Touche-Pipi : Nous sommes en route pour la Maison du spaghetti, maître Backins. Le vilain Nazgul dont vous avez la couverte à vos pieds vous a sauvagement et sournoisement tranché le bras et vous êtes tombé dans les pommes. Une chute de pression, sûrement.

Frotteux : Calisse ! Je suis devenu cul-de-jatte d’un bras. Je ne peux pas le croire. Ma vie est foutue !

Touche-Pipi: Soyez sans craintes, je connais un vieil elfe, fort sur les potions en tout genre, qui devrait pouvoir vous régénérer un nouveau bras là où nous nous dirigeons.

Frotteux : C’est vrai ?

Touche-Pipi : Oui.

Frotteux: Mais c’est tu bien loin d’ici ta Maison du spaghat ? Parce que j’ai bien peur de mourir au bout de mon sang avant qu’on n’y arrive.

Touche-Pipi : Dans ce cas, ne perdons pas une seule seconde. Remettons nous en route.

Frotteux : Mais en attendant qu’on arrive là-bas, t’aurais pas une ou deux feuilles d’herbes médicinales sur toi pour apaiser ma douleur ?

Touche-Pipi : J’avais un peu de cette plante hallucinogène qui guérit tous les maux que l’on appelle de l’altela mais je l’ai fumée tout à l’heure, en sirotant une bière au Da Giovomi.

Frotteux: Bon, ça marche. Je vais essayer d’endurer jusqu’à Chipendell. Mais, pauvre Ti-Ben, on ne pourrait pas l'emmener avec nous. Peut-être que ton vieux schnouck d'elfe pourrait faire de quoi pour lui ?

Scram: Pourquoi tu t'en fais autant pour le Nazgul, tout à coup ?

Frotteux: Pour rien, c'est juste que... Je me sentais des affinités avec lui.

Scram: Quelles putains d'affinités, peux-tu ben me dire ?

Frotteux: Lui, il était attiré par l'anneau… et moi je suis attiré par l'anal.

Scram : Ouin, vu de même...

Touche-Pipi : C’est d’accord, on l'emmène. Une couverture en bon état comme celle-ci peut servir à bien des usages insoupçonnés. À preuve…

[Le coureur des bois ramassa le drap noir de feu Ti-Ben et l’enroula autour du moignon du bras droit de Frotteux, ce qui mit temporairement un arrêt à l’hémorragie de ce dernier.]

Touche-Pipi: Voilà qui devrait vous aider à ne pas perdre davantage de sang et de forces d’ici notre arrivée à Chipendell, maître Backins.

Scram : Sacré Ti-Ben, toujours prêt à se rendre utile. Je vais m’ennuyer de lui, c’était un bon vivant.

Frotteux : Plutôt un bon vivant de mort, devrait-on dire.

Scram : C’est vrai mais heille, je pense à ça. Sans lui, comment on va faire pour trouver le chemin vers Merdor ? Je sais pas c’est où pentoute.

Frotteux : T’as raison, Scram. Moi non plus je n’ai aucune idée de la direction à prendre pour atteindre Merdor.

Touche-Pipi : Écoutez-moi bien, messieurs. Premièrement, il est hors de question que vous vous rendiez en ce lieu maudit où ne vous attendent que torture et mort. Et deuxièment, auriez-vous l’obligeance de ne plus prononcez le mot de MERDOR tout haut. Cela risque d’attirer l'ennemi sur nous. C’est compris ?

Frotteux : Ok, on ne dit pas le nom de MERDOR tout fort, comme je le fais en ce moment ?

Touche-Pipi : C'est ça. Pas de MERDOR.

Scram : Moi aussi...moi aussi...on ne dit pas le nom de MERDOR tout fort.

Touche-Pipi : Bien. C’est cela. On va finir par faire quelque chose avec vous, messieurs les Grosbits.

Scram : Personnellement, je me sens déjà l'esprit d'un véritable aventurier.

Frotteux : Mets-en pas trop Scram ! La seule aventure que t'as eue dans ta vie c'est celle avec ta main droite durant un cours de sexologie au cégep. Je me souviens que t'étais venu dans le derrière des jeans de la super pitoune dans la rangée en avant de nous autres. Y'en avait plein qui avait coulé dans son sac d'école, pis sur le sandwich creton-moutarde qui avait dans le sac. Pis elle avait mangé son sandwich après.

Scram : Ah oui! Ça c'était une belle journée c'te fois-là. La passe de la sandwich aux cretons salées !

Frotteux : T’es chanceux que son chum ne t’ait pas encore mis la main au collet. J’ai entendu dire qu’il te cherche depuis ce temps-là et qu’il veut t’arracher les deux bras.

Scram : Une chance pour lui que c’est pas après toi qu’il en a car je vois mal comment il s’y prendrait pour t’arracher les deux bras.

Frotteux : Ça c’est un coup bas, Scram Gamchi.

Touche-Pipi: Pourriez-vous bien la mettre en sourdine, messieurs. Sans quoi l'ennemi risque de fondre sur nous comme un dwarf sur une ogresse en chaleur.

Scram et Frotteux : Maudit que t'es plate, Touche-Pipi !

Touche-Pipi : En route.

[Les trois comparses reprirent la longue et pénible marche qui devait les mener jusqu’à la fameuse Maison du spaghetti. Les deux grosbits dormaient pratiquement debout sur leurs jambes et n’avançaient que grâce à l’air entraînant des chansons à répondre que Touche-Pipi ne se lassait pas de chanter d’une voix étonnement mélodieuse.]

Touche-Pipi : *LA LA LA* Je ne suis heureux que lorsque la pointe de mon épée frôle…

Scram et Frotteux : …La gorge d’un troll… *LA LA LA*

Touche-Pipi : *LA LA LA* Je ne suis content que lorsque le bout de mon poignard ne se moque…

Scram et Frotteux : …Du visage d’un orc… *LA LA LA*

Touche-Pipi : *LA LA LA* Je ne suis comblé que lorsque le tranchant de la hache dans mes mains…

Scram et Frotteux : … … …

Touche-Pipi : …Ne coupe la tête d’un gobelin… *LA LA LA* Allons messieurs, c’était une facile celle-là.

Scram et Frotteux : *Bruits de ronflements*

Touche-Pipi : Bon, j’ai compris. Nous allons faire halte pour quelques heures. Je vous dis que ce n’est pas fait fort les jeunes, aujourd’hui.

[En temps que coureur des sous-bois professionnel, Touche-Pipi pouvait passer deux jours entiers sans dormir. Deux fois plus sans manger ni boire. Et à en juger par son odeur corporel, cinquante fois plus sans se laver. Quoi qu’il en soit, les deux grosbits ne se firent pas prier pour s’écraser derrière un bosquet le long de la route et y voler quelques heures de sommeil pendant que Touche-Pipi veillait sur eux en fredonnant d’autres chansons idiotes qu’il s’amusait à répondre tout seul. Au petit matin, il les tira de leurs rêves, leur fourra quelques poignées de All Bran dans la bouche avant de les remettre sur pieds et de les inviter à continuer la route : ce que les petits hommes aux pieds poilus acceptèrent à contre cœur et en pestant contre le choix de céréales que l’homme traînait dans son sac à dos. À la fin de la journée, ils arrivèrent enfin à destination.]

Touche-Pipi: Voilà ! Nous y sommes. La ville légendaire de Chipendell. La seule ville Elfe de la rive Nord. C’est ici que…

[Il se retourna en direction de ses deux compagnons et réalisa, avec horreur, que l'un d'entre eux avait disparu.]

Touche-pipi: Mais... mais... Où est maître Backins ?

Scram: T’inquiètes pas, je l'ai vu y a pas deux minutes en train de jouer avec son Cockring. Je pense qu’il devait avoir un besoin urgent de... eheh... tu vois ce que je veux dire ?

Touche-pipi: Pas du tout !

Scram: Criss t'es plus épais que je pensais. Il a mis son Cockring sur sa bite et puis il a disparu. Il est parti se passer un... tsé... ben... Y doit être partit se cacher pour pas qu'on le voit. C'est un grand timide. Il fait toujours ça !

Touche-pipi: Il... Il a mis l'anneau !!! Non, il va nous faire repérer par les forces de MERDOR !

[Scram asséna un violent coup de pied dans les parties de Touche-Pipi.]

Touche-pipi: ...Ouch...gulp ! M...malade... Ça fait mal.

Scram: On n’a dit, pas de MERDOR !!!!

Touche-pipi: C'est pas une raison... Ayoye !

[À ce moment, Frotteux réapparut avec un air de satisfaction au visage et une longue coulisse blanche aux pantalons.]

Frotteux: AAaaaaahhhhh ! Ostie que ça soulage ! Sauf que c'est compliqué avec un moignon.

Scram: T'as un autre bras, non ?

Frotteux: Pis comment je tiens mes culottes ?

Scram: Pourquoi tu les baisses pas complètement ?

Frotteux: ...

Touche-pipi: Maître Backins, s’il vous plaît, ne remettez plus l'anneau sous aucun prétexte.

Frotteux: Pourquoi je ne pourrais pas me servir de mon Cockring si ça me chante ?

Touche-pipi: Les Nazguls et autres créatures des ténèbres sont très sensibles à ce genre de choses. Ils sentent ça à des milles à la ronde. Ils vous voient, que vous soyez cachés ou non !!!

Frotteux : Gulp !

[Frotteux devint soudainement aussi rouge que son gland, il n'y avait pas deux minutes de cela.]

Frotteux: Siboire, avoir su...

Touche-pipi: N’en parlons plus. Suivez-moi, la Maison du spaghetti n’est qu’à quelques pâtés de maisons d’ici.

Scram: Ouin, à force de parler de spaghettis pis de pâtés, je commence à avoir faim, moi ! Pis parlez-moi pu de putains de All Bran !

[Après quelques minutes supplémentaires de marche, ils arrivèrent enfin à l'endroit le plus magnifique qu'ils avaient vu de leur vie.]

Frotteux et Scram: WOW !!! C'est incroyablement beau ici !

Scram: On dirait le paradis sur terre !

Frotteux: Pis les femmes toutes nues qui courent dans les bois avec les moustiques c'est tellement romantique ! Quoi que je les préfère avec les sauterelles au cul.

Scram: Tout est parfait à l'exception de cette vieille bâtisse en décomposition à côté, là-bas.

[Le temps d’un instant court et magique, les deux Grosbits oublièrent tous leurs ennuis et toutes leurs afflictions.]

Touche-pipi: Allons messieurs, nous sommes attendus à la Maison de L-Rond !

Scram: Mais où tu t’en vas comme ça, Touche-Pipi ?

Touche-pipi: Et bien dans cette charmante petite bâtisse d’apparence rustique quoiqu’un peu délabrée. C'est la Maison du spaghetti. Le plus bel endroit que je connaisse.

Scram: Tabarnak ! T'as pas cherché ben loin !

Frotteux : *soupirs de découragement* Y’a tu des bécosses propres au moins dans ce trou à rat ?

 


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